Hébergement

Des gîtes agréables et 100 % accessibles

La Libellule et le Papillon. Voilà les poétiques noms que portent deux gîtes de Sailly-Bray (Noyelles-sur-Mer) qui viennent d’être nominés aux Trophées 2020 du Tourisme accessible. Le fruit d’un lourd travail de rénovation et de la volonté des propriétaires d’accueillir toute personne atteinte de handicap.

Le Papillon et la Libellule, le charme de la baie de Somme en version 100 % accessible. ©Aletheia Press/ B.Delabre

Faire des gîtes accueillants et agréables… Voilà le leitmotiv qui anime Dominique Cahuzac et son épouse, propriétaires de plusieurs gîtes en baie de Somme. Un credo qui les a conduits à aménager en 2016 deux gîtes accessibles aux personnes en situation de handicap, et qui viennent d’être nominés aux Trophées du Tourisme accessible 2020.

Un surcoût à assumer

L’idée est venue de la location d’un de leurs gîtes « classiques » par une famille avec une personne handicapée. « À l’issue du séjour, ils nous ont ouvert les yeux sur les difficultés que peuvent rencontrer ces personnes », raconte Dominique Cahuzac. Le couple originaire de la région parisienne se lance alors dans la rénovation de deux bâtiments, annexes d’un pavillon de chasse, à Sailly Bray, hameau de Noyelles-sur-Mer. « Il fallait des bâtiments suffisamment larges, qui puissent être rénovés dans un coût raisonnable », explique le propriétaire. D’autant qu’aucune aide de l’État n’ait prévue pour ce type d’aménagement dans des maisons secondaires, ou à des fins de location.

Dans la cuisine, le plan de travail et l’évier sont réglables. (c)D.Cahuzac.

Il a donc fallu faire preuve d’ingéniosité. « Le moindre équipement coûte très cher, constate Dominique Cahuzac. Un plan de travail mobile pour la cuisine coûte 5 à 7 000 euros. J’en ai donc bricolé un moi-même, ce qui a aussi permis de l’adapter parfaitement à l’architecture de la maison. » Pas de quoi décourager les propriétaires, qui s’étaient donné comme priorité absolue une accessibilité maximale à ces gîtes. La Libellule et le Papillon ont donc finalement ouvert en mars 2017, à des tarifs équivalents aux gîtes « classiques ». L’ensemble des deux maisons, mais aussi des jardins est totalement accessible à tout type de handicap.

Covid-19 : les réservations reprennent

Un avantage que les propriétaires ont eu du mal à faire valoir. « Sur beaucoup de plates-formes, l’accessibilité n’est pas un réel critère de recherche, déplore Dominique Cahuzac. La valorisation de nos aménagements n’est donc pas toujours facile. » L’accueil très positif des premiers locataires et le bouche-à-oreille, notamment dans le réseau associatif entourant le handicap, ont toutefois permis aux réservations de se développer. Et la naissance il y a 15 jours de la nouvelle plate-forme Yoola dédiée au tourisme accessible devrait avoir un effet positif… maintenant que la situation sanitaire semble se stabiliser.

« Les réservations reprennent et nous espérons passer un été à un niveau de fréquentation normal »,  assure Dominique Cahuzac, même s’il sait que les trois mois de fermeture ne seront jamais rattrapés. « Nous aurons 30% de perte cette année. Et on passe à côté des aides, car nous ne sommes pas des professionnels, ce n’est pas notre activité principale. Mais les banques ont vraiment joué le jeu et nous permettant d’échelonner nos emprunts. Et puis nous espérons un petit coup de pouce de la Région autour de la taxe de séjour. »

Le gîte est spacieux.(c)D.Cahuzac