Le luxe pour se démarquer

Face à la concurrence internationale, c’est vers les produits de luxe que plusieurs entreprises se tournent pour se maintenir face à la concurrence des pays émergents. Et cela dans des secteurs très variés. Certains d’entre eux n’ont pas connu la crise et réussissent à se développer.

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THG maîtrise tous les stades de la fabrication, du dessin à la fonderie en passant par l’usinage, le polissage et le décolletage.
THG maîtrise tous les stades de la fabrication, du dessin à la fonderie en passant par l’usinage, le polissage et le décolletage.
Trois cent cinquante millions de flacons sont produits chaque année par SGD.
Trois cent cinquante millions de flacons sont produits chaque année par SGD.

Certaines entreprises picardes ont choisi, il y a bien longtemps déjà, de se positionner dans le luxe sur mesure. C’est le cas chez THG. La robinetterie picarde s’affiche des palaces de Dubaï aux yachts de milliardaires, sans pour autant le crier sur les toits. L’usine du Vimeu intègre conception, marketing et fabrication, de la fonderie à l’usinage, en passant par le polissage, le traitement de surface et l’assemblage, sans oublier le commercial et la logistique.

THG, de Tétard, Haudiquez et Grisoni, les fondateurs en 1950, est une belle entreprise familiale née dans le village de Béthencourt-sur-Mer. Elle s’est différenciée au fil du temps en proposant robinets de luxe et accessoires de salle de bain. « Le tournant est pris dans les années 70, l’équipe de THG rencontre Jean-Claude Délépine, célèbre designer français de robinetterie. Ils travaillent ensemble pour développer une collection haut de gamme. Cette collaboration permet rapidement de pénétrer le marché du luxe », raconte Michel Gosse à la tête de l’entreprise. Les clients ne sont pas que des palaces. Ils se nomment Johnny Hallyday, Céline Dion, Madonna, ou encore David Guetta.

« Nous avons également eu la chance d’équiper une partie de l’Élysée et le Kremlin. Nous sommes en mesure de répondre à toutes les demandes. Je me souviens de celle pour les robinets des écuries royales d’Arabie Saoudite qu’il fallait personnaliser avec des têtes de chevaux », liste le patron globe-trotter avec ses différentes filiales dans le monde.

L’art du rotin

À Gilocourt dans l’Oise, un autre savoir-faire historique se transmet depuis le XIXe siècle. Les ateliers Drucker sont au coeur de la grande tradition des terrasses de cafés parisiennes. Si vous faites une pause au Café de Flore à Saint-Germain-des-Prés, vous serez assis sur un des sièges en rotin made in Picardie. Et cette adresse emblématique de Paris est loin d’être la seule. Louis Drucker apprend en 1885 le métier du rotin, un tout nouveau matériau arrivé des forêts équatoriales d’Asie. Il sera le meilleur, le plus créatif, le plus célèbre, le « Vuitton » de l’époque dans sa partie. Une célébrité pérennisée en Picardie, dans cette vallée de l’automne, qui fut une grande région de vannerie et de textile. Les dessins textiles ont fortement inspiré les descendants de Louis Drucker. Les plus grands décorateurs et designers font très régulièrement appel à l’entreprise picarde. Philippe Starck par exemple qui a réinventé le palace parisien le Royal Monceau avec des sièges de la maison Drucker pour le restaurant. La terrasse du Mini Palais au Grand Palais c’est aussi du Drucker. Tout comme celles des Deux Magots, du Fouquets ou encore du Café de Flore de Beyrouth. Toutes jouissent d’une exclusivité sur le design de leurs chaises. Quel beau retour en force du rotin, gage de robustesse et de souplesse.

Les maîtres du feu

Autre univers, autre savoir-faire dans le luxe en Picardie autour des parfums cette fois. Givenchy, Chanel, Yves- Saint-Laurent ou Fabergé sont des marques qui éveillent en nous des plaisirs olfactifs. Ce sont surtout des entreprises de renommée internationale installées en Picardie depuis des décennies. Ce sont aussi dans la Somme des maîtres verriers qui fabriquent pour elles les flacons les plus simples ou les plus travaillés à partir de verre en fusion. « Notre métier consiste à adapter la complexité et la robustesse de l’industrie verrière aux désirs les plus créatifs de nos clients. C’est ce qui le rend passionnant. » Philippe Mattern, directeur du site de SGD à Mers-les-Bains, est tombé amoureux il y a trois ans de cette entreprise, après vingt ans dans l’industrie du verre. 250 années d’expérience au service des plus exigeants, de la cour d’Espagne hier aux créateurs de beauté aujourd’hui. Chez SGD, l’on fabrique les flacons pour contenir le Saint Graal, pour les uns les parfums les plus chers, les autres des fragrances beaucoup plus accessibles au grand public. SGD est le leader mondial du flaconnage en verre en parfumerie/cosmétique, mais aussi en pharmacie. Avec 350 millions de flacons produit chaque année, il est assez magique de voir comment d’une industrie lourde à feu continu et de tradition naissent des objets aussi aériens et raffinés que les flacons de parfums fabriqués ici.

Le géant repousse sans cesse ses limites

Du sable, de la soude, de la chaux et quelques produits chimiques, voilà la recette de fabrication du verre de couleur soufflé dans la masse dans un four en fusion à 1600 degrès. Démarré pour dix ans, celui-ci fonctionne 24/24 et 7/7. « Le premier jour j’étais fasciné de ce que pouvait produire un morceau de pâte en fusion, c’est un peu comme un bijou. J’aime travailler dans le monde du parfum, ce n’est jamais pareil et je dois dire que je suis fier de fabriquer d’aussi beaux flacons pour des clients comme Chanel ou Yves Saint Laurent. Parfois quand je prends un avion, j’aime aller en parfumerie et voir à quel point, décorés et remplis de parfum, nos flacons ont de l’allure », confie Erik Gaudet, responsable production d’un four de 160 tonnes. 15 lignes de fabrication pour produire près de 300 tonnes de verre par jour, essentiellement pour le très haut de gamme et prestige. « Nous repoussons sans cesse les limites de notre outil industriel pour développer de nouvelles formes de flacons et de nouveaux décors. Nous savons faire des verres spécifiques, jaunes, rouges, noirs ou en forme de pomme. Notre savoir-faire et notre expertise sont reconnus au plan international. Dans notre métier, la difficulté est notre raison d’être », assure le directeur. SGD a, en effet, la capacité d’offrir d’innombrables décors grâce à son site de parachèvement situé à Abbeville, aux Verreries de la Somme.

Des vignerons axonais sabrent le champagne

THG maîtrise tous les stades de la fabrication, du dessin à la fonderie en passant par l’usinage, le polissage et le décolletage.
THG maîtrise tous les stades de la fabrication, du dessin à la fonderie en passant par l’usinage, le polissage et le décolletage.

Le champagne est souvent associé à la notion de luxe, ou dans tous les cas à celle d’excellence. Ce sera une nouvelle fois le cas lors du Festival Tmnotourisme de Château-Thierry, deuxième édition de « Champagne et Vous ! », le week-end des 25 et 26 octobre. Cet événement emmènera les visiteurs dans une parenthèse temporelle et gustative encore plus folle, culturelle, artisanale et créative. Parmi les exposants, la maison Météyer Père et Fils qui se situe à Trélousur-Marne dans l’Aisne. « Nous sommes fiers de produire des champagnes de caractère qui font honneur à la région Picardie et à sa gastronomie. Dans notre politique, nous sommes très présents auprès des particuliers et des professionnels de la région, confie Anna Météyer. Nous sommes très fiers d’être notamment au Center Parcs, dans plusieurs restaurants Logis de France dans l’Aisne, l’Oise et la Somme. Moi-même je viens du milieu artistique et je mets le champagne plus haut que l’art. »