Frédéric Cuvillier à Cayeux-sur-Mer

Le ministre délégué chargé des transports, de la mer et de la pêche, Frédéric Cuvillier, est venu visiter le chantier des vingt-quatre épis de Cayeux-sur-Mer. Une belle reconnaissance pour les élus locaux. Il en a profité pour annoncer des décisions cruciales pour une politique cohérente de gestion du risque d’érosion et de submersion.

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Le ministre (au centre) était entouré lors de sa visite de nombreux élus locaux.
Le ministre (au centre) était entouré lors de sa visite de nombreux élus locaux.

Frédéric Cuvillier est venu visiter en présence des élus locaux le chantier de construction de vingt-quatre épis le long de la plage de Cayeux-sur-Mer. Pour protéger la commune construite sous le niveau de la mer, ces épis sont réalisés sur environ 2,2 kilomètres, de l’amer Sud de Cayeux-sur-Mer au nord de la commune. Le cordon de galets va subir un apport de 450 000 m3 supplémentaire. Le chantier, de près de 20 M€, est financé notamment par l’Etat et le conseil régional.

Le ministre (au centre) était entouré lors de sa visite de nombreux élus locaux.
Le ministre (au centre) était entouré lors de sa visite de nombreux élus locaux.

Enjeux majeurs
Quatre-vingt épis avaient été réalisés entre Mers-les-Bains et l’amer sud suite aux inondations de 1990. La construction de ces ouvrages permettra, à terme, de protéger la ville contre les assauts de la mer en stabilisant le cordon de galets. Ainsi, il n’y aura plus besoin de recharger l’amer sud avec 110 000 m3 de galets pour un cout de 400 000 euros par an. L’apport de 30 000 m3 suffira.
Tous les 90 mètres, 150 planches en acier d’une longueur d’environ 7 mètres, sont enfoncées au deux-tiers dans le sol. Imbriquées les unes aux autres, elles forment un rideau, perpendiculaire au rivage, qui servira de structure interne à l’épi. Chacun des épis est comblé par des galets et ensuite recouvert d’un couronnement en béton. Les travaux devraient s’achever dans un an : « Le gigantisme de ces travaux est impressionnant », a commenté sur le terrain Fréderic Cuvillier, également maire de Boulogne- sur-Mer.
L’érosion des falaises et les inondations sont un des enjeux majeurs du littoral français. A certains endroits, il avance, à d’autres, il recule. Le ministre a annoncé la production d’ici la fin de l’année d’une première cartographie à l’échelle nationale de l’aléa d’érosion côtière afin de permettre une bonne connaissance des aléas et du fonctionnement des écosystèmes côtiers dans leurs systèmes actuel avec une prévision de leur évolution à dix, quarante ou quatre-vingt ans.

Programme dédié au littoral Un programme particulier dédié au littoral proposant une gestion intégrée des risques littoraux a été défini : inondations, submersions marines et estuariennes, érosions… ainsi par exemple les opérations de protection artificialisant fortement le trait de côte ne seront envisagées que dans les secteurs à très forte densité ou d’intérêt stratégique national. On pense alors à Ault, grignoté par la falaise. Enfin, une délégation interministérielle va permettre une meilleure coordination entre les services.

La construction des ouvrages permettra, à terme, de protéger la ville contre les assauts de la mer en stabilisant le cordon de galets.
La construction des ouvrages permettra, à terme, de protéger la ville contre les assauts de la mer en stabilisant le cordon de galets.

« La venue du ministre est une belle opération pour la côte picarde, se réjouit Jean-Claude Buisine, président du syndicat mixte baie de Somme grand littoral Picard. C’est une reconnaissance de notre travail depuis toutes ses années. Il a vu que priorité était donnée à la sécurité des habitants. C’est d’autant plus important que le niveau de l’eau va augmenter de près d’un mètre dans le courant du XXIe siècle. »
Président du conseil général de la Somme, Christian Manable a salué un « chantier emblématique de ce que nous pouvons faire pour l’avenir de nos communes, de leurs habitants et de notre littoral picard. » Le ministre a réaffirmé que l’Etat serait présent pour accompagner les collectivités locales. Lorsque les travaux seront réalisés le plan de prévention des risques naturels sera assoupli. Des projets comme la construction d’un hôtel, d’une surface commerciale, de logements… pourront sortir de terre.