Le parc du Marquenterre a 40 ans

Cet été, Picardie La Gazette vous propose une série de reportages sur les lieux touristiques de la région. Cinquième étape dans la Somme avec le parc ornithologique du Marquenterre, situé en baie de Somme. Il fête cette année ses 40 ans. Chaque année il accueille environ 150 000 visiteurs. C’est une halte de prestige pour plus de 300 espèces d’oiseaux.

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Plus de 300 espèces d’oiseaux ont été recensées dans le parc.
Plus de 300 espèces d’oiseaux ont été recensées dans le parc.

 

Le parc du Marquenterre est situé dans la réserve naturelle de la baie de Somme.
Le parc du Marquenterre est situé dans la réserve naturelle de la baie de Somme.

Mon père était le génie de la remise en cause ». Paul Jeanson n’y va pas par quatre chemins lorsqu’il évoque son père Michel Jeanson, disparu cette année. C’est à lui que l’on doit la création du parc ornithologique du Marquenterre en 1973 à Saint- Quentin-en-Tourmont. Un véritable virage pour celui qui cultivait alors bulbes de tulipes et de jacinthes et qui devant la concurrence venue des Pays-Bas avait du changer son fusil d’épaule.

Exploitation horticole
L’aventure familiale entre le Marquenterre et la famille Jeanson débute il y a 90 ans. Henri Jeanson, riche industriel, achète en 1923 un domaine de 1 000 hectares au sein du massif dunaire du Marquenterre, qui signifie “la mer qui rentre dans la terre”. Le domaine comprend alors des dunes, des bas champs, des zone marécageuses, une vingtaine de maisons de pays. Son fils Marcel est un fou de chasse également. A sa mort, son frère Maurice hérite du domaine. Ce passionné de techniques crée une vaste exploitation horticole. Il fait installer des serres chauffées, cultive artichauts, endives et tulipes… Il livrait les Halles de Rungis et a compté jusqu’à 120 salariés. Lorsque son fils Michel reprend le domaine en 1938, il est en mauvaise santé financière. Michel se recentre sur les artichauts et les endives puis s’attaque au marché des tulipes, glaïeuls, jacinthes et dahlias.
La première récolte de tulipes et jacinthes date de 1947. Afin d’agrandir son activité, Michel Jeanson fait appel à des ouvriers hollandais pour prendre des terres sur la mer. Un polder de 130 hectares est créé au nord de la baie. Mais les digues ne cessent de rompre et le marché commun apporte de la concurrence.

Eviter les volières
Passionné d’ornithologie, il avait remarqué que de nombreux oiseux migrateurs aimaient venir se nourrir ou se nicher sur le polder. Il a alors l’idée d’aménager un parc ornithologique sur les 130 hectares du polder et les 40 hectares de dunes adjacentes. Dès l’ouverture, le 15 juin 1973, le public est au rendez-vous. En 1986, le parc a été racheté par le conservatoire national du littoral : « Si nous étions restés privés, nous serions morts », affirme Paul Jeanson.
Le concept de Michel Jeanson est simple : il veut éviter les volières saufpour les oiseaux blessés. Il ne veut pas non plus réintroduire des espèces. Il créé, équilibre et entretient les biotopes. L’homme se doit de disparaître pour l’animal même lorsqu’il se promène sur les sentiers. Ici, l’homme et la nature se rencontrent et se respectent. Des postes d’observation sont aménagés. 344 espèces d’oiseaux ont été recensées. Cette année, 118 couples d’avocettes sont présents ainsi que 17 couples de cigognes ! Quant à la héronnière, elle offre pour les yeux un spectacle naturel magistral. Les oiseaux rendent un hommage unique à celui qui leur a donné la liberté d’être et de vivre.

Plus de 300 espèces d’oiseaux ont été recensées dans le parc.
Plus de 300 espèces d’oiseaux ont été recensées dans le parc.

Près de 150 000 personnes visitent le parc qui compte en saison, une cinquantaine de salariés dont 20 guides nature. Balades en calèches, sorties paraboles pour les non-voyants… la nature s’offre à tous et, de plus en plus, les touristes veulent vivre des expériences personnalisées. Un carnet de parcours comprenant des photos permet de reconnaître les oiseaux en toute autonomie. Le parc est inclus dans la réserve naturelle de la baie de Somme datant de 1994, qui protège la faune et la flore. A partir du 1er janvier 2003, sa gestion a été confiée au syndicat mixte Baie de Somme- Grand littoral picard. « Nous sommes là pour servir le site. Le Marquenterre doit rester une expérience et non un produit », confie avec humilité Jean- Claude Buisine, président du syndicat mixte Baie de Somme- Grand littoral picard. « Ce parc a su mûrir sans vieillir, grandir sans se pervertir et s’agrandir sans exagérer », souligne Christian Manable, président PS du conseil général. Avec les années, les discrets guides sont devenus incontournables : « Les visiteurs nous demandent des informations sur les oiseaux mais aussi sur notre rôle au quotidien », raconte l’emblématique Philippe Carruette, qui s’empresse très vite de retrouver ses oiseaux …