Les bijoux recyclés Coca-Cola, une idée de Gonthiez Frères

L’entreprise familiale spécialisée dans la fabrication de bijoux depuis trois générations a lancé en 2010 une collection entièrement recyclée à partir de bouteilles de Coca-Cola.

470
L’entreprise Gonthiez-Frères recycle des bouteilles de soda pour en faire des bijoux.
L’entreprise Gonthiez-Frères recycle des bouteilles de soda pour en faire des bijoux.

Fondée en 1890, l’entreprise Gonthiez Frères est spécialisée dans la fabrication de bijoux en or et fantaisie. Commercialisées sous la marque Gontié Paris ou en sous-traitance pour de grandes maisons, les réalisations sont fabriquées dans l’atelier de Corbie qui dispose de tous les corps de métiers nécessaires. Sensible à la préservation de l’environnement, l’entreprise de 80 salariés a mis en place une véritable politique de sensibilisation au développement durable. C’est dans cette droite ligne que s’inscrit le projet des bijoux recyclés Coca-Cola.

Deux tonnes de bouteilles
« J’ai eu l’occasion il y a trois ans de lire que Coca-Cola était très impliqué dans la sauvegarde de l’environnement, la marque réfléchissait à comment récupérer les déchets causés par la consommation de ses produits, les transformer et les valoriser. Il y a une technique qui permet par exemple, de transformer les bouteilles plastiques en tissus synthétiques. En bijouterie, nous nous sommes demandé ce que nous pourrions faire pour nous associer à cette société de renom », explique Frédéric Gonthiez, arrière-petit-fils du fondateur de l’entreprise.

L’entreprise Gonthiez-Frères recycle des bouteilles de soda pour en faire des bijoux.
L’entreprise Gonthiez-Frères recycle des bouteilles de soda pour en faire des bijoux.

En France, les bouteilles de verre sont réservées à l’hôtellerie et la restauration et sont ensuite collectées puisque les bouteilles sont consignées. Elles repartent ensuite à l’usine à Clamart où elles sont nettoyées, reconditionnées, et peuvent être réutilisées si elles sont en parfait état. Si une bouteille présente un éclat ou qu’elle est un peu « fatiguée », elle prend directement le chemin de l’atelier de Corbie pour être transformée en bijou. Une fois les bouteilles arrivées à l’usine, elles sont fondues dans des fourneaux. Ensuite, intervient le travail traditionnel du verre. La matière est mise sur des tubes, refondus à l’aide d’une flamme et retravaillés. « Quand j’ai proposé le projet, Coca- Cola a tout de suite adhéré, petitement j’avais demandé la distribution française dans un premier temps, et eux, au vu des collections, nous ont ouvert d’autres opportunités en Europe et audelà. Aujourd’hui nous tournons autour de deux tonnes de récupération », commente Frédéric Gonthiez.

Pédagogie et bijouterie
Aujourd’hui la gamme de bijoux recyclés comporte plus de 200 pièces (bracelets, colliers, bagues…) allant de 15 à 150 euros pour toucher principalement les 15-25 ans : « Coca-Cola nous a demandé de nous concentrer sur des produits jeunes pour toucher les adolescents et les jeunes adultes. C’est une autre façon de les sensibiliser au recyclage, il y a une démarche pédagogique derrière tout ça. Coca-Cola est vraiment impliqué dans le développement durable. En France, l’entreprise détient 60 % du marché des sodas, quand une bouteille est jetée, elle se sent concernée. » Pour pousser le concept encore plus loin et impliquer les consommateurs, l’entreprise s’est associée à l’organisme français Planète urgence, pour tout achat d’un produit, un arbre est replanté. A ce jour, plus de 25 000 arbres ont été replantés en Indonésie. Seul petit bémol à l’aventure, l’hésitation des canaux de distribution classiques : « La distribution traditionnelle a énormément apprécié nos produits, mais nous sommes arrivés un peu trop tôt sur le marché. Prenez une grande enseigne, elle n’a pas d’espace dédié au développement durable, encore moins en bijouterie ! Nous nous sommes heurtés à ça, non sans déception, parce que nous pensions pouvoir démarrer par ce biais. » Loin de se décourager, l’entrepreneur a choisi une autre solution plus… moderne : « Nous nous sommes tournés vers Internet, nous sommes en train de recentrer notre démarche commerciale et créer l’événement. En 2013, nous espérons grandir encore un peu, les marché français et turc sont lancés, nous allons aller vers la Suède, l’Allemagne, la Pologne… »