La dentelle aux fuseaux, ça existe encore

A Maimbeville, Danielle Wolf est la seule dans l’Oise à avoir ouvert son entreprise de dentelle en utilisant la méthode à l’ancienne, à la main, à l’aide de fuseaux. Prise de passion pour la dentelle, elle décide un jour de quitter sa profession et d’ouvrir son entreprise indépendante. Aujourd’hui elle vend ses créations mais surtout donne des cours et promeut cette technique très particulière.

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Danielle Wolf, dans son atelier.
Danielle Wolf, dans son atelier.

 

Danielle Wolf, dans son atelier.
Danielle Wolf, dans son atelier.

Installée derrière une petite table dans son atelier qu’elle a ellemême aménagé, Danielle Wolf veille sur ses élèves qui tentent, minutieusement, d’exécuter les gestes pour assembler les fibres de la dentelle, à l’aide de petits piques plantés sur un dessin. « C’est un travail très minutieux, il faut être patient et être concentré… car le travail est long ! », explique la dentelière, sûre de ses gestes.
Depuis 2007, cette passionnée de couture donne des cours pour celles et ceux qui veulent utiliser leurs mains et des fuseaux, une technique qui est prisée des amatrices de couture. « Une personne qui aime coudre en général apprendra un jour, et souvent en dernier, à coudre la dentelle. C’est un art et il faut être patient car il faut du temps pour apprendre, la dentelle est une matière particulière et la technique du fuseau est très minutieuse. Il faut minimum six mois et trois heures de cours par semaine pour apprendre à exécuter les choses de base, comme un napperon tout simple », détaille-t-elle.

Le fuseau : un art
Quand on achète un napperon ou qu’on le récupère, il est rare qu’on admire le travail en détail. Pourtant, la réalisation d’un simple napperon sans motif à l’aide de fuseaux (en général trois ou quatre) prend, à la dentelière, des semaines : un carré de 4 cm sur 4 cm prend une demi-journée.
La dentelle a une spécificité, les croisements. Ce qui fait la solidité d’un napperon par exemple, c’est le fait que les fibres soient croisées entre elles. « J’ai commencé toute seule avec des livres et je faisais ça comme loisir. Puis, j’ai décidé de prendre des cours et de reprendre tout depuis le début », raconte Danielle Wolf. Après quatre années de formation délivrée par l’académie de Clermont-Ferrand, au centre de formation de Chantilly, elle obtient son CAP en 2008… pour le début d’une aventure.

Succès
Dès l’obtention de son diplôme, Danielle Wolf se lance dans l’apprentissage : elle commence par donner des cours à ses amies, « pour partager une passion car le partage c’est essentiel pour moi mais j’ai commencé en étant convaincue qu’il n’y aurait pas beaucoup de personnes ». Et en à peine une année, le succès a été fulgurant. Alors qu’elle passait plus de temps dans ses créations, aujourd’hui elle n’a plus vraiment le temps de s’y consacrer. De nombreuses femmes, d’une moyenne d’âge de 55 ans, sont venues au fur et à mesure apprendre cette méthode particulière et aujourd’hui le bouche à oreille a eu son effet. « Les femmes qui aiment le tricot en général vont tenter au moins une fois la dentelle, c’est une passion… je ne pensais pas avoir autant d’élèves ! Aujourd’hui j’ai beaucoup moins de temps pour créer. Je l’ai fait comme ça venait… », sourit-elle, étonnée de son succès.
Elle prend quand même le temps de faire les salons une fois par mois pour se faire connaître mais surtout faire connaître l’activité et dire que « ça existe encore » !