Amiens va expérimenter les emplois francs

Annoncés pendant la campagne présidentielle par François Hollande, évoqués par le ministre de la ville, François Lamy, fin août lors de sa visite à Amiens, les emplois francs vont être expérimentés à partir de 2013. Amiens fait partie des cinq villes tests avec Grenoble, Marseille, Montfermeil et Clichy-sous-Bois.

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C'est devant l'Atrium que François Lamy a évoqué pour la première fois les emplois francs.
C'est devant l'Atrium que François Lamy a évoqué pour la première fois les emplois francs.

 

C'est devant l'Atrium que François Lamy a évoqué pour la première fois les emplois francs.
C'est devant l'Atrium que François Lamy a évoqué pour la première fois les emplois francs.

Le dispositif des emplois francs sera intégré dans le projet de loi sur l’emploi des jeunes promis par le gouvernement d’ici la fin d’année. Si les modalités exactes restent à définir, on sait déjà que les emplois francs seront l’inverse des zones franches, à savoir qu’ils viseront à faire sortir des jeunes diplômés des quartiers difficiles, quand les zones franches encouragent des entreprises à s’installer dans ces secteurs.

Des critères à définir
Si François Lamy s’est rendu dans les différentes villes tests, aucune mesure officielle n’est encore connue. « Nous connaissons le système, mais pas les critères », confirme Jean-François Vasseur, vice-président d’Amiens Métropole chargé du développement économique. « Quel niveau pour les candidats ? Probablement au-delà de bac +2, mais dans quel périmètre ? S’agirat- il d’un dispositif applicable à toute la zone prioritaire de sécurité ou dans un périmètre plus restreint ? Concernant les entreprises, de quels avantages fiscaux et sociaux parlet- on et où seront-elles situées ? Dans l’agglomération ? Dans le département ? », s’interroge l’élu. Toutes ces questions ne sont pas encore réglées, idem pour la limite d’âge des candidats éligibles, ce qui ne semble pas être une source d’inquiétude : « En l’espace d’un ou deux mois on peut régler par décret les zones, le périmètre d’action et les caractéristiques du dispositif. Tout cela sera fait au regard du nombre d’emplois que l’on peut créer et celui-ci sera déterminé par le montant de l’enveloppe budgétaire. »
Côté budget justement, le gouvernement espère une opération « neutre » puisque que les emplois francs seront à terme financés par les exonérations sociales et fiscales provenant des zones franches. Celles-ci, créées en 1996, devaient disparaître en 2011 mais ont finalement été reconduites jusqu’en 2014.

Pas de miracle
Dans les quartiers Nord, par ailleurs classés en zone prioritaire de sécurité début août, 57 % de la population est sans emploi et peu qualifiée. Difficile alors de croire qu’une telle mesure enrayera le chômage dans le secteur, ce qui n’est pas, d’après Jean-François Vasseur, le but des emplois francs : « Ce ne sont pas des emplois particuliers, ils vont générer des contrats de travail classiques. C’est plus un processus de lutte contre la discrimination que contre le chômage. C’est peut-être l’angle d’attaque le plus facile puisque l’on s’adresse à des gens qui ont une formation et des compétences. Ce n’est pas cette initiative qui va ramener le chômage de la zone urbaine sensible d’Amiens-Nord à 20 %, c’est une évidence. »
Autre problème, la conjoncture. Dans une période qui n’est pas propice à l’embauche, l’emploi des jeunes diplômés sans expérience est encore plus difficile, d’où l’importance de l’étendue de la zone recrutement. « Ce qui m’importe beaucoup pour l’instant, c’est le périmètre, poursuit le vice-président d’Amiens Métropole. Si c’est pour mettre en relation les quartiers Nord avec l’espace industriel Nord, ça ne m’intéresse pas. Si la zone de recrutement s’étale sur le département, ça ne me dérange pas qu’un jeune des quartiers Nord trouve un emploi en CDI correspondant à son niveau de formation à Abbeville, tant mieux pour lui et pour Abbeville ! »