De petites vendanges en perspective

Le vignoble champenois, dont l’Aisne possède 10 % des plus de 33 000 hectares, a subi cette année les contraintes d’un climat calamiteux. Le printemps humide et frais a réduit le nombre de grains de raisin, d’où un déficit de grappes. Leur maturation dans les vignes s’est plutôt bien déroulée. Le gros des vendanges devrait intervenir à la mi-septembre. Le rendement agronomique bien du mal à dépasser les 10 000 kg à l’hectare.

Le vignoble champenois dans l’Aisne est constitué de plus de 3 000 hectares en AOC.
Le vignoble champenois dans l’Aisne est constitué de plus de 3 000 hectares en AOC.

 

Le vignoble champenois dans l’Aisne est constitué de plus de 3 000 hectares en AOC.
Le vignoble champenois dans l’Aisne est constitué de plus de 3 000 hectares en AOC.

Jusqu’à la fin du mois de juillet, les conditions climatiques ont battu froid le vignoble champenois. Du point de vue calamités climatiques, 2012 a été une année exceptionnelle aux dires des responsables du Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC). Car sur le vignoble le plus célèbre dans le monde se sont abattus cette année le gel, la grêle, le mildiou et l’oïdium. Rien que cela.
Rappelons que le vignoble champenois (surfaces en AOC) s’étend sur plus de 33 000 hectares dont 3 000 sont situés dans l’Aisne, cultivés par quelque 800 exploitants (15 250 sur l’ensemble du vignoble). Rappelons en outre que la superficie moyenne des exploitations viticoles dans l’Aisne est de 2,8 hectares (contre 2 hectares en moyenne dans l’ensemble du vignoble) et que la production brute de raisins dans l’Aisne réalise plus de 180 M€ de chiffre d’affaires annuel.

Avec le mildiou et l’oïdium
Le printemps humide et frais n’a pas favorisé la floraison des vignes, au point que les vignerons ont constaté la raréfaction des grains dans les cépages de chardonnay et leur petitesse dans les cépages de pinot noir et de pinot meunier. Et au cours de la véraison (la période de la prise de couleur du raisin), le gel du printemps aurait détruit 3 000 hectares de vignes, et la grêle, 1 000 hectares supplémentaires.
Par la suite, les maladies se sont abattues sur les vignes : le mildiou, puis l’oïdium. Bref, une année calamiteuse provoquant partout en Champagne, avec plus pour moins de gravité selon les zones, des déficits importants de grappes.
Cependant, le CIVC a remarqué que la maturation du raisin sur de petites grappes se déroule plutôt bien grâce au coup de chaud du mois d’août. D’ores et déjà, dans l’Aisne, les vignerons prévoient de vendanger cette année à la mi-septembre. Quant au rendement agronomique, qui dépend du poids des grappes, « il n’est pas sûr qu’il puisse attendre les 10 000 kg à l’hectare », alors que la moyenne dans l’AOC champagne est d’ordinaire de 15 000 kg à l’hectare
L’année 2012 a enregistré aussi des baisses d’expéditions de vins de Champagne. Selon l’observatoire économique du CIVC, en juin 2012, les expéditions ont représenté 20,9 millions de bouteilles, soit une baisse de 6,6 % par rapport aux statistiques de juin 2011.
« Les maisons de Champagne reculent de 4,4 %, les vignerons de 10,8 % et les coopératives de 12 %. En ce qui concerne les marchés : celui de la France accuse une baisse de 12,9 %, le marché européen restant stable et celui des pays tiers augmentant de 4,7%. »

Du mieux dans les pays tiers
Une analyse plus profonde des marchés du vin de Champagne au cours du premier semestre 2012 fait état d’expéditions de 114 millions de bouteilles, volume en diminution de 6,6 % par rapport aux statistiques du premier semestre 2011. Une diminution des expéditions qui est nettement marquée sur le marché de l’Union européenne et chez les petits producteurs vignerons, lesquels, avec 21,5 millions de bouteilles expédiées dans le premier semestre 2012, accusent en France (qui représente 90,4 % de leurs ventes) une chute de 8,3 %.
En définitive, au cours du premier semestre 2012, les expéditions de bouteilles de champagne se sont nettement ralenties sur les marchés français et de l’Union européenne. En revanche, elles ont progressé dans les pays tiers « constituant désormais 21,1 % des expéditions (contre 19,8 % en 2011 ».