Evénement

Université des entrepreneurs des Hauts-de-France : changer de paradigme pour le monde de demain avec le Medef Lille Mét…

Avec l’assouplissement des restrictions sanitaires, le Medef Lille Métropole a choisi de revenir à une édition en présentiel pour son Université des entrepreneurs des Hauts-de-France du 8 juillet prochain, sur le campus Entreprises et Cités, à Marcq-en-Barœul. Interview avec Yann Orpin, président du Medef de Lille Métropole, qui évoque le thème de l'édition 2021 : "Sources et ressources à mettre en œuvre par les entreprises pour préparer le monde de demain".

Yann Orpin, président du Medef de Lille Métropole, annonce une édition 2021 en présentiel. ©DR
Yann Orpin, président du Medef de Lille Métropole, annonce une édition 2021 en présentiel. ©DR

Picardie La Gazette : Comment sera traité le vaste sujet retenu pour cette université ?

Yann Orpin : L’université l’abordera sous deux angles. Tout d’abord en partant de ce que nous avons vécu. Il ne s’agit pas que d’une crise, mais aussi d’un changement de paradigme. Dans chaque crise que nous avons connue dans le millénaire, nous avons toujours cherché un guide pour nous rassurer après avoir été déstabilisés. Pour la première fois de notre histoire, je pense que l’entreprise pourra jouer ce rôle. Mais à la condition qu’elle se conforme à l’évolution et aux transformations nécessaires de notre époque, qui sont à la fois digitales, environnementales et humaines.

Faisons un comparatif avec notre époque et le XIVe siècle, traversé par les épidémies de peste qui ont entraîné des crises environnementales et démographiques. De ces périodes, sont ressorties de belles choses, nous nous sommes réinventés. La gastronomie et la mode françaises se sont alors développées et sont toujours reconnues. Nous avons déjà vécu cela il y a quelques siècles, à nous de prendre les virages nécessaires pour montrer ce que les entreprises peuvent créer dans cette période qui nous a déstabilisés.

Je crois que c’est l’entreprise qui va porter les transformations à venir. Mais pour cela, elle va devoir être en conformité avec les attentes des talents d’aujourd’hui et de demain, mais aussi nos collaborateurs, nos clients et nos fournisseurs. Elle devra s’engager plus fort dans la société pour éviter les fractures sociales et travailler sur son impact environnemental et sur le digital. C’est pour débattre de ce sujet que nous avons invité Jean Viard, politologue et sociologue.

 "Nous voulons  donner de nouvelles voies de réflexions aux entrepreneurs"

Comment les entreprises peuvent-elles y parvenir ?

C’est le second angle des interventions du 8 juillet. Pour atteindre ce but, il faut être bien avec soi-même pour être ensuite bien avec les autres. Le moyen d’y parvenir, c’est de travailler sur la spiritualité au sens très large. Cela consiste à être aligné avec soi-même et prendre soin de ses collaborateurs, les remettre en confiance, en prenant en compte un monde du travail qui évolue. Cela peut passer par le télétravail, le yoga, la méditation…

Nous constatons que le monde s’accélère, qu'il devient nécessaire de prendre des décisions toujours plus rapidement. Comment faire ? Développer son intuition peut être une piste. En même temps, il est nécessaire de faire des pauses, par exemple avec une courte séance de méditation. Nous aurons aussi avec nous Ludovic Dujardin, fondateur et dirigeant de l’application de méditation Petit Bambou, et Laurent Motte, instructeur de méditation de pleine conscience. Nous voulons ainsi donner de nouvelles voies de réflexions aux entrepreneurs, proposer des méthodes, même si elles elle ne sont pas toutes cartésiennes.

En quoi ces évolutions sont-elles essentielles ?

Si l’entrepreneur continue à faire ce dont il a envie, sans entendre ce qu’il vient de se passer, le risque est que l’entreprise rencontre des difficultés pour se développer car elle n’est plus en phase. Je reviens sur la fracture sociale : je crois qu’il y a un nouveau rôle à jouer pour ne pas laisser les gens sur le bord de la route, accompagner les fragilités du territoire. Il ne s’agit pas forcément de donner de l’argent. Cela peut passer par des collaborateurs qui s’engagent dans des associations par exemple.

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Les rendez-vous de la matinée

L’édition 2021 reprend le format habituel de l’Université des entrepreneurs avec des échanges en présentiel. Spécificité de ce rendez-vous, qui comptera la présence de Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, il sera concentré sur la matinée.

À 9 heures, participation à l’une des cinq masterclass dédiées aux "Sources et ressources de nos transformations". Parmi les animateurs, Paola Fabiani, présidente du Comex40. En 2005, alors que le secteur est soumis aux délocalisations, Paola Fabiani crée Wisecom, le premier centre d’appels situé à Paris. Aujourd’hui, l’entreprise prépare la création de sa première filiale aux USA.

Autre invité, Olivier Létang, président du LOSC, qui conjugue l’état d’esprit de l'ancien sportif de haut niveau et celui de l’entrepreneur. Delphine Revillon animera également une masterclass. L’entrepreneuse dirige l'Effervescence des marques qui développe pour des grands noms de l’industrie du luxe leur propre cuvée de champagne.

Laurent Motte, instructeur de méditation de pleine conscience, initiera les participants à cette pratique. Enfin, la séance plénière débutera à 11 h 50 et abordera "Les sources de nos transformations" avec la participation de Ludovic Dujardin, fondateur de "Petit Bambou", l’appli aux 7 millions d’utilisateurs. À ses côtés, Tuyen Pham, dirigeant de la société A-Volute, spécialisée dans ans les solutions audio 3D dans l'univers du jeu vidéo.


Lancement du Comex40

Le Medef Lille Métropole clôturera l’Université des entrepreneurs en lançant son Comex40 porté par Génération Medef Lille. Ce comité exécutif est composé d’une quinzaine de chefs d’entreprise de moins de 40 ans, en respectant la parité. « C’est un organe de réflexion sur les sujets sociétaux à venir et sur les façons dont l’entreprise peut s’impliquer un peu plus. Il sera présidé par deux jeunes de 21 et 25 ans. Nous laissons ainsi la main à la nouvelle génération », souligne Yann Orpin.