Investissements durables

Une large palette de dispositifs pour les entreprises

Afin d’enclencher ou d’accélérer leur transition énergétique, les entreprises vont devoir lourdement investir dans les années à venir. Pour les y aider, elles ont à leur disposition un ensemble d’aides et de financements spécifiques, relativement exhaustif dans la région.

Les établissements bancaires européens devront publier dès l’an prochain un nouvel indicateur (Green Asset Ratio) mesurant la proportion de leurs actifs investis dans des activités économiques durables. © dennizn
Les établissements bancaires européens devront publier dès l’an prochain un nouvel indicateur (Green Asset Ratio) mesurant la proportion de leurs actifs investis dans des activités économiques durables. © dennizn

Quelque 1 120 milliards d’euros par an d’ici à 2030. Tel est, selon une estimation de la Cour des comptes européenne, le coût des investissements nécessaires sur le vieux continent pour lutter contre le réchauffement climatique ! Une enveloppe substantielle, dont la majeure partie devra être supportée par les États, mais aussi par les entreprises. Pour les y aider, ces dernières peuvent heureusement compter sur une large palette de dispositifs communautaires (Banque européenne d’investissement …) et, parfois, nationaux.

Un programme régional ambitieux

C’est le cas en France, et particulièrement dans les Hauts-de-France « où la région entend accompagner un maximum d’entreprises pour leur permettre d’accélérer leur transition énergétique », assure Frédéric Motte, conseiller régional et président de la Mission REV3 (pour Troisième révolution industrielle en Hauts-de-France).

En parallèle des nombreux programmes de formation et de sensibilisation d’entrepreneurs proposés par exemple par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) et par Bpifrance autour des problématiques ESG, diverses aides financières et subventions sont ainsi mises à leur disposition. Visant à financer la réalisation d’études de faisabilité, de la recherche & développement ou encore le remplacement d’une machine, elles se comptent en dizaines et s’adressent à un large spectre d’entreprises locales. Impliquant le plus souvent l’intervention de l’Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie (Ademe), la plupart d’entre elles sont référencées sur le site agirpourlatransition.ademe.fr.

En complément de ces ressources, les entreprises se voient également proposer une offre de financements de plus en plus exhaustive. Lancé en début d’année par le Conseil régional avec l’appui d’autres acteurs publics et privés, le dispositif « Rev3 Financement » a vu le jour dans le but de favoriser l’émergence de projets dans les domaines de la transition énergétique, de l’économie circulaire, des transports et de la mobilité, de la logistique, de la réindustrialisation bas carbone, de la transition digitale ou encore de l’innovation verte. « Sur un horizon de cinq ans, l’objectif porte sur l’octroi de 250 millions d’euros de fonds propres et de 150 millions d’euros de prêts, auxquels s’ajoutent 250 millions d’euros de subventions », précise Florence Chuop, cheffe de projet Rev3 Financement.

Des prêts à taux bonifié

Du côté des banques, la gamme de produits tend aussi à s’étoffer, avec des innovations à la clé. « En plus de nos prêts sans garantie, nous proposons des prêts verts en partenariat avec l’Ademe qui, au même titre que nos Prêts Economie d’Energie, sont assortis pour l’emprunteur de conditions préférentielles », indique Fanny Lepot, chargée de coordination du plan Climat de Bpifrance pour le Réseau Nord-Ouest.

Philippe Gonnet, directeur Entreprises et International du Crédit Agricole Nord de France.

Une caractéristique qui, à terme, pourrait devenir la norme, y compris au sein des banques commerciales. « Un nombre croissant de financements souscrits par des entreprises de taille intermédiaire ou par des grands groupes intègrent désormais des objectifs RSE qui, en cas d’atteinte, peuvent se traduire pour l’emprunteur par une minoration de son taux de crédit de l’ordre de quelques points de base, observe Philippe Gonnet, directeur Entreprises et International du Crédit Agricole Nord de France. Bien qu’il soit aujourd’hui compliqué de dupliquer une telle structure pour des prêts de PME compte tenu du niveau actuellement très faible des marges, une intégration progressive de clauses RSE semble très probable à moyen terme. »

Alors que les établissements bancaires européens devront publier dès l’an prochain un nouvel indicateur (Green Asset Ratio) mesurant la proportion de leurs actifs investis dans des activités économiques durables, il est probable, d’ici là, que leur offre de services à dimension RSE ne cesse de s’élargir.

Arnaud LEFEBVRE