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Un appel au mécénat pour l’art sacré

Des citoyens du Laonnois font appel à des chefs d’entreprises mécènes pour aménager dans la cathédrale un conservatoire d’arts sacrés (ciboires, croix d’autel, chapes, chasubles ou dalmatiques). Un budget primitif de 200 000 € serait nécessaire. Bien que la crise ne s’ y prête pas, l’Etat rappelle à tous le bien-fondé de l’intérêt fiscal du mécénat.

Patrick de Butter, expert en objets d’art, a découvert un trésor dans la cathédrale de Laon.
Patrick de Butter, expert en objets d’art, a découvert un trésor dans la cathédrale de Laon.

 

Patrick de Butter, expert en objets d’art, a découvert un trésor dans la cathédrale de Laon.

Patrick de Butter, expert en objets d’art, a découvert un trésor dans la cathédrale de Laon.

Certes – et c’est le ministère de la Culture et de la communication qui le précise d’emblée – les mécènes sont soumis à des obligations déclaratives en France. Toutefois, les entreprises mécènes en France bénéficient d’une réduction de l’impôt sur les sociétés ou de l’impôt sur le revenu, « mais peut aussi bénéficier de certaines contreparties en communication et relations publiques ». De fait, faut-il rappeler que les sociétés assujetties à l’impôt peuvent bénéficier d’une déduction fiscale égale à 60 % du montant du don, dans la limite d’un plafond de 0,5 % de leur chiffre d’affaires annuel hors taxes. Et le ministère de la culture de préciser « qu’il y a possibilité, en cas de dépassement de ce plafond, de reporter l’excédent au titre des cinq exercices suivants. »
Et si une entreprise effectue un don en nature (produits, services, compétences), sa contribution de mécène est calculée au prix de revient ou à la valeur nette comptable. Quant aux particuliers, s’ils deviennent des mécènes d’un organisme d’intérêt général, à l’instar d’une association de conservation du patrimoine par exemple, ils bénéficient d’une réduction d’impôts sur le revenu égale à 66 % des sommes versées au titre du mécénat, dans la limite annuelle de 20 % du revenu imposable.

Le costume du garde suisse
C’est l’expression de la loi Aillagon sur le mécénat que le préfet de l’Aisne Pierre Bayle a, il y a quelque temps, rappelé à une trentaine de chefs d’entreprises de PMEPMI axonaises.
Ils avaient été invités dans les locaux de la Chambre de métiers et de l’artisanat de l’Aisne, à la présentation d’un projet original : la création dans la cathédrale de Laon d’un conservatoire d’art sacré et la constitution de « son cercle de mécènes ».
Cette association est présidée par Patrick de Buttet, expert international en objets d’art, résidant dans un village proche de Laon. « Nous avons tout retrouvé ou presque dans la cathédrale : les magnifiques vêtements sacerdotaux, les beaux objets du culte et même le costume du garde Suisse avec sa hallebarde, explique l’expert. Dans une chapelle abandonnée, sous la poussière, des armoires qu’on pensait closes à jamais cachaient les aubes de dentelles des prêtres, leurs chapes, ces grandes capes brodées de cérémonie, leurs chasubles, leurs étoles, leurs dalmatiques. »
Alors, dans l’enthousiasme, le découvreur a voulu, avec l’autorisation de l’Eglise, nettoyer puis restaurer et exposer enfin ces chefs d’oeuvre de l’artisanat sacré d’antan. Avec des amis, il a rédigé des fiches décrivant 750 objets et vêtements remarquables.

Un spécialiste de structures métalliques
Le conservatoire d’art sacré exposera gratuitement dans deux chapelles de la cathédrale de Laon un ensemble d’objets et vêtements liturgiques du XIXe siècle.
Le budget primitif est de 200 000 €. La moitié est constituée de vitrines inviolables et isolantes que fabrique une entreprise mécène laonnoise, la SLAM Métallerie. Elle conçoit et fabrique des structures métalliques, de la métallerie décorative, du bronze architectural, de la menuiserie métallique et des mobiliers urbains.
« Chacun peut donc participer, insiste son président de Buttet, en nature, en fournissant du matériel, en compétences en apportant de la main d’oeuvre et des savoir-faire ou en soutenant financièrement le conservatoire. » Il a déjà récolté ainsi 40 000 €.