Transition écologique

Le VTE vert booste le recrutement de jeunes talents

Le dispositif Volontariat territorial en entreprise (VTE) vise à soutenir les PME et ETI dans le recrutement de jeunes talents. Présentation de cet outil mis en place par Bpifrance au nom de l’État. Opérationnel jusqu’en 2024, il s’inscrit dans le cadre du plan "1 jeune, 1 solution", porté par France Relance, le ministère du Travail, l’Ademe et Bpifrance et devrait venir concurrencer le Volontariat international en entreprise (VIE).

Les entreprises recrutant un VTE vert peuvent bénéficier de 12 000 euros. (c)AdobeStock
Les entreprises recrutant un VTE vert peuvent bénéficier de 12 000 euros. (c)AdobeStock

Douze mille euros. C’est le montant de l’aide financière dont peuvent disposer les entreprises pour le recrutement d’un VTE vert, soit le recrutement d’un jeune talent sur des missions qui accélèrent leur Transition écologique et énergétique (TEE). 

En pratique, ce montant est versé en une seule fois, à l’issue des douze mois suivant la date d’embauche, et plafonné à 50% des dépenses engagées lors de la mission, soit un maximum de 24 000 euros. Les bénéficiaires ? Les PME et ETI ayant signé un contrat à durée indéterminée, un CDD pour une durée minimale d’un an ou un contrat en alternance pour un minimum de dix mois.

En termes de démarche, le label étant rétroactif, l’entreprise peut déposer sa demande de labellisation sur mon.bpifrance.fr dans les six mois qui suivent la date d’embauche. Le comité décisionnaire en charge de statuer de l’éligibilité de l’offre est composé de l’Ademe, de l’organisation de la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) et de Bpifrance. 

« Si elle est en cours de recrutement, l’entreprise peut venir vers nous avec une fiche de poste que l’on va retravailler pour la rendre éligible. On demande des fiches de poste détaillées et exhaustives pour les présenter aux partenaires financiers », explique Robin Teyssier, chargé de projet VTE au sein de Bpifrance. 

Une fois la labellisation obtenue, l’entreprise peut ensuite remplir le dossier de demande de subvention. À noter que la labellisation n’est pas un gage d’obtention de l’aide. Au bout d’un an, Bpifrance revient vers l’entreprise pour collecter les pièces justificatives des dépenses liées à la mission du VTE vert et la fiche de synthèse – une demi-page environ – attestant de la bonne réalisation de la mission.

Pour un poste à responsabilité

Concrètement, le candidat au VTE vert doit être diplômé depuis moins de deux ans ou être étudiant en alternance sur une formation bac +3 minimum. Autre critère de taille pour pouvoir bénéficier de l’aide, le poste doit être un poste à responsabilité ayant « un impact significatif sur la transition écologique et énergétique de l’entreprise »

Ces missions recouvrent différents champs : réduction de l’impact environnemental d’un produit ou d’un service, création de nouveaux produits ou services à faible impact environnemental, approvisionnement et logistique responsable, adaptation des process industriels pour une production plus sobre, actions sur la biodiversité, réduction des émissions de gaz à effet de serre, obtention de label ou certification "vert"… 

Pour bénéficier de l'aide, le poste doit être à responsabilité et avoir un impact significatif sur la transition écologique et énergétique de l'entreprise. (c)AdobeStock

À noter que les missions centrées sur l’audit environnemental ou la sensibilisation ne sont pas éligibles si elles ne s’accompagnent pas d’actions opérationnelles pour la transition écologique et énergétique. 

« Toutes les demandes de labellisation sont étudiées par un comité décisionnel pour statuer de l’éligibilité ou non de l’offre », explique Robin Teyssier, qui établit le taux de refus à 20%, en moyenne. « Les refus sont assez subjectifs et portent sur des entreprises qui n’auraient pas le caractère innovant du VTE vert ou dont les missions ne porteraient pas prioritairement sur la transition écologique. » Mais pour l’heure, « le dispositif n’est pas assez connu », déplore le chargé de projet, avec seulement 165 VTE vert aidés.

Cumulable avec l’aide exceptionnelle à l’alternance

Le dispositif est limité à une aide VTE vert par établissement (SIRET), dans la limite de cinq par entreprise (SIREN). Il est cumulable, dans la limite du plafond du régime « de minimis » en vigueur, avec l’aide VTE TI (voir encadré), l’aide individuelle mise en place par Action Logement et les aides régionales – sachant qu’un plafonnement ou des limitations peuvent s’appliquer selon les régions. 

Enfin, s’il n’est pas cumulable avec l’aide "Emplois francs", il l’est partiellement avec l’aide exceptionnelle à l’alternance – le montant de l’Aide VTE vert est alors plafonné à 8 000 euros. Aides qui devraient se poursuivre « au moins jusqu’à la fin de l’année », a annoncé le nouveau ministre du Travail, Olivier Dussopt sur RTL, il y a quelques mois.

Grâce au VTE vert, l’entreprise est intégrée à la communauté du Coq Vert Networking, qui rassemble plus de 1 000 entrepreneurs autour de la transition écologique et énergétique et peut bénéficier de formations et d’une mise en visibilité des actions de transition écologique et énergétique par Bpifrance. 

En outre, elle bénéficie des avantages du VTE standard – support pour la réécriture des offres d’emploi, accès à une plateforme d’emploi dédiée et à une CVthèque contenant près de 7 000 candidatures, valorisation de la marque employeur grâce à des actions de communication, invitation aux événements VTE, etc.

VTE TI pour l’industrie

Le VTE Territoires d’industrie (VTI) est une aide financière de 4 000 euros pour les entreprises industrielles et services à l’industrie, situées dans l’un des 146 Territoires d’Industrie et recrutant un jeune talent sur un poste à responsabilité lié au top management, d’une durée minimale d’un an (alternance, CDD, CDI) qui n’est pas forcément vert.