Emploi

L'apprentissage : le pari gagnant dans les Hauts-de-France

C'est aujourd'hui le début de la Semaine de l'apprentissage : au total 300 événements sont organisés dans la région jusqu'au 23 avril. Découverte des formations et des métiers mais aussi des entreprises qui recrutent des apprentis et promotion de l'apprentissage, tels sont les objectifs de cette semaine. C'est aussi le moment du bilan : en deux ans, les contrats d'apprentissage n'ont cessé d'augmenter passant de 28 000 à 35 000 dans la région.

Pôle emploi Hauts-de-France enregistre actuellement 41 000 apprentis dans la région et une augmentation de 5% chaque année des contrats depuis 2015.
Pôle emploi Hauts-de-France enregistre actuellement 41 000 apprentis dans la région et une augmentation de 5% chaque année des contrats depuis 2015.

C'est une bonne nouvelle pour Pôle emploi Hauts-de-France et ses 17 partenaires. Lors d'une conférence de presse, organisée le 16 avril, Frédéric Danel, directeur de Pôle emploi Hauts-de-France, s'est félicité de la transformation positive du monde de l'apprentissage : au premier trimestre 2021, le nombre d'offres d'apprentissage a été multiplié par deux par rapport au premier trimestre 2020 et en ce moment, 900 offres sont disponibles. 

Les contrats d'apprentissage pour les personnes en situation de handicap ont, quant à eux, augmenté de 10% entre 2019 et 2020. Une tendance positive dans la région qui suit celle au niveau national : pendant longtemps méconnu et mal perçu, l'apprentissage - qui concerne les jeunes entre 16 et 30 ans - retrouve ses lettres de noblesse. « C'est une voie de l'excellence pour trouver et retrouver le chemin de l'emploi », note le directeur de Pôle emploi Hauts-de-France, qui enregistre actuellement 41 000 apprentis dans la région et une augmentation de 5% chaque année des contrats depuis 2015. Et l'enjeu est de taille : dans la région, 30% des demandeurs d'emploi ont moins de 30 ans et 9% sont en situation de handicap. « C'est donc quatre demandeurs d'emploi sur dix qui sont potentiellement concernés par l'apprentissage pour se réinsérer », continue-t-il. Dans les Hauts-de-France, 600 formations en apprentissages sont proposées par 107 organismes.

La Semaine de l'apprentissage est donc le moment de mettre en lumière ce mode de formation de plus en plus apprécié par les jeunes et les entreprises : sept apprentis sur dix trouvent un emploi dans les six mois suivant leur formation et un tiers créent leur propre emploi. « L'objectif est de donner envie, précise Frédéric Danel. Cette semaine est l'occasion de découvrir les métiers et de rencontrer les recruteurs qui recherchent des apprentis. » Des jeunes qui ont compris l'impact de l'apprentissage dans leur parcours professionnel, à l'image d'Estébane Billard, apprenti en prothésiste dentaire : « L'apprentissage est un moyen pour moi de mieux apprendre mon métier et de sécuriser l'emploi. »

L'apprentissage : une dynamique boostée

Et le monde économique régional se félicite de cette nouvelle tendance positive. Si pour André Bouvet, directeur régional de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités de la Dreets Hauts-de-France, « la réforme de l'apprentissage [ndlr : lancée en 2018] porte ses fruits », c'est une victoire « d'un combat psychologique » pour Christophe Coulon, vice-président de la Région Hauts-de-France en charge de l’apprentissage et de l’artisanat. 

Pour ce dernier, l'apprentissage est « devenu un choix qui répond à une aspiration sociale aujourd'hui. L'apprentissage et l'alternance, c'est aussi prendre sa vie en main, être plus autonome, ça mène à un emploi, ce n'est plus la voie par défaut. » Une voie qui touche toutes les entreprises, tous les métiers mais aussi tous les niveaux d'étude : en 2021, 37% des jeunes ont le niveau Bac ou moins et 30% ont le niveau Licence.

L'apprentissage a retrouvé ses lettres de noblesse et bénéficie désormais d'une bonne image. (c)AdobeStock

Et de grands moyens sont mis en place : la Région débourse 16 millions d'euros par an pour aider les jeunes dans leurs frais annexes (mobilité, logements, etc.). Si la crise sanitaire a largement touché les apprentis, notamment ceux dans le métiers de la restauration (1 000 au total), la Région a là aussi participé aux frais des formations (500 euros par apprenti) et a déboursé 2,5 millions d'euros pour combler les surcoûts des CFA. « Le dispositif gouvernemental "1 jeune, 1 solution" intégré dans le Plan de Relance booste également l'apprentissage avec des aides financières pour les entreprises à l'embauche d'un jeune, c'est tout un écosystème », précise encore Christophe Coulon. Un plan de Relance des jeunes qui continue jusque la fin de l'année 2021.

Parce que l'apprentissage concerne tous le métiers, la Région veut accélérer les contrats au sein de la fonction publique : l'objectif 2021 est de financer à 100% ces contrats (50% par les CFA et 50% par la Région).

Un synergie de groupe

Bien au-delà des moyens, c'est un travail collaboratif mis en place qui a aussi permis de remettre l'apprentissage au cœur des dispositifs de formation. Au total, 17 partenaires sont actifs autour de cette thématique. Car être apprentis, c'est aussi trouver un logement, être mobile et trouver le bon métier. Par exemple, ActionLogement participe à cette dynamique en proposant des solutions d'aides comme se porter garant, aider dans la recherche d'un logement ou encore proposer un prêt gratuit pour la caution. « L'objectif c'est : pour chaque jeune, il faut trouver la solution. Nous faisons du sur-mesure », précise le directeur de Pôle emploi Hauts-de-France. Ce travail collaboratif est une force et l'idée et de mettre au centre d'un cercle le jeune et l'entreprise et autour les partenaires pour les aider. »

Si la tendance est positive, « il y a encore une marge de progrès notamment dans la communication des offres », constate encore Frédéric Danel. Le rectorat de Lille est actif dans cette thématique mais l'apprentissage ne semble pas être intégré au maximum de ses besoins. « L'apprentissage, c'est aussi au service des territoires, témoigne Laurent Rigaud, président de la CMA Hauts-de-France. Pour la CMA, c'est un moyen de dynamiser la filière car dans les métiers de l'artisanat il y a un boulevard pour recruter. Mais pour recruter, et cela concerne tous les secteurs, il faut former. Et nous sommes tous actifs dans cette dynamique et nous continuerons à l'être. »