Une assemblée générale sur fond de gouvernance

L’AG de Réseau Entreprendre Picardie s’est déroulée fin avril à Amiens dans les locaux du Crédit agricole Brie Picardie. Une cinquantaine de dirigeants adhérents avaient fait le déplacement, l’occasion notamment de découvrir pourquoi et comment mettre en place un organe de gouvernance au sein de leur entreprise pour en booster la croissance. Une montée en […]

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Corinne Prigent, Carole Cresson, Alain Jupille, Olivier Cattez et Henri Lemoine lors du débat sur la gouvernance.

L’AG de Réseau Entreprendre Picardie s’est déroulée fin avril à Amiens dans les locaux du Crédit agricole Brie Picardie. Une cinquantaine de dirigeants adhérents avaient fait le déplacement, l’occasion notamment de découvrir pourquoi et comment mettre en place un organe de gouvernance au sein de leur entreprise pour en booster la croissance.

Une montée en puissance. C’est ce sur quoi table le président de l’association picarde – qui a vocation à accompagner créateurs et repreneurs d’entreprise – Alain Jupille et sa directrice Corinne Prigent. Le réseau, présent dans toute la France, l’est aussi à l’international dans pas moins de dix pays. Au-delà du prêt d’honneur alloué aux lauréats, c’est la qualité de l’accompagnement (deux ans), les échanges et les conseils qui font de ce réseau un des acteurs majeurs de l’emploi. Ambition d’ailleurs clairement affichée par Alain Jupille lors de l’Assemblée générale : « Nos valeurs, ce sont la personne, la gratuité et la réciprocité, au service des créateurs, repreneurs et développeurs », a aussi tenu à rappeler le président. Réseau Entreprendre étoffe d’ailleurs régulièrement son offre d’accompagnement, qui ne se limite plus aux seuls primo-créateurs et repreneurs : « Aujourd’hui, nous accompagnons également des personnes ayant des projets de développement d’entreprise – croissance externe, nouveaux marchés, services, internationalisation, etc. », a souligné Corinne Prigent. Les objectifs du Réseau pour 2022 sont ambitieux : « Nous tablons sur 30 projets lauréats, 200 membres (150 pour 2019), cinq antennes sur les trois départements picards et passer de 2,5 à 3,5 salariés », a dévoilé Alain Jupille. L’association picarde espère également organiser la prochaine Biennale nationale, qui se tiendra elle aussi dans trois ans. « Pour cette année, nous voulons également développer notre antenne de Beauvais, dont l’effectif a déjà plus que doublé, poursuivre le développement du Compiégnois avec le Sud de l’Oise, et celui de la Picardie Maritime », a de son côté expliqué Corinne Prigent.

La gouvernance pour les pme

Le point d’orgue de cette AG : le débat “La gouvernance, un accélérateur de croissance”, animé par Carole Cresson – adhérente et à la tête de l’agence de communication À nous la lune ! avec Alain Jupille, qui dirige la société Giravert (désherbage, protection minérale, débroussaillage et engazonnement) à Arsy dans l’Oise, Henri Lemoine à la tête de Klaas All Road (location, vente et SAV de matériels de manutention et levage) à Nanteuil-le-Haudouin et Olivier Cattez, directeur adjoint de BASF à Clermont. La mission des trois hommes : démontrer grâce à leurs expériences respectives que la gouvernance n’est pas réservée aux seules grandes entreprises, mais que les PME peuvent également mettre en place un conseil de gouvernance pour développer leur activité. « On pourrait assimiler la gouvernance à un Conseil des sages, a souri Olivier Cattez. Historiquement elle a été mise en place dans les grosses entreprises pour défendre les intérêts des actionnaires, et faire office de garde-fou pour limiter les risques. Une gouvernance plus subie donc que choisie… Le système est plus souple légalement parlant pour les PME, il n’y a pas d’obligation contrairement aux entreprises cotées en bourse par exemple, elles ont plus de latitude pour agir. » Lorsqu’elle découle donc de la volonté du chef d’entreprise, sa mise en place apporte une réelle valeur ajoutée. Ce fut le cas pour Alain Jupille et Henri Lemoine, qui ont instauré un conseil de gouvernance dans leur structure pour des raisons différentes, mais avec la même finalité.

Retour sur investissement

Le premier souhaitait renouer avec la croissance suite à une baisse du chiffre d’affaires d’une de ses activités, et le second avait besoin d’une méthodologie plus claire sur des stratégies à mener. « La gouver07nance nécessite de mener un gros travail de préparation en amont pour qu’elle soit efficace, a expliqué Henri Lemoine. Le canevas des réunions est extrêmement structuré, avec à chaque fois un temps alloué à des sujets à court terme et un autre à la stratégie à mener pour la croissance de l’entreprise. Être challengé par les membres du conseil est vraiment bénéfique et permet de gagner un temps fou. C’est un effet miroir essentiel. » Un retour sur investissement confirmé par Alain Jupille : « Si avant de se lancer, l’on peut nourrir des craintes – comme le coût de la démarche ou la peur de se faire dicter ses décisions –, ces barrières tombent très vite au vu de la rapide rentabilité dégagée et des retombées positives, à tous les niveaux. La gouvernance permet de poser un regard neuf sur votre entreprise et la façon dont vous la dirigez, de se recentrer sur certaines priorités, ce qu’on peut perdre de vue au fil du temps. »