Gant Maille fête ses 150 ans

La dernière ganterie de France, Gant Maille, situé à Ravenel dans l’Oise,  est un fleuron de l’industrie isarienne. Cyrille Motte a repris l’entreprise il y a deux ans et demi. « Je voulais me mettre à mon compte, après avoir dirigé pendant dix ans Réseau entreprendre dans l’Oise. C’est en rencontrant de nombreux futurs chefs […]

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Cyrille Motte en compagnie d’une partie de sa gamme de gants et de cagoules.
Cyrille Motte en compagnie d’une partie de sa gamme de gants et de cagoules.

La dernière ganterie de France, Gant Maille, situé à Ravenel dans l’Oise,  est un fleuron de l’industrie isarienne.

Cyrille Motte a repris l’entreprise il y a deux ans et demi. « Je voulais me mettre à mon compte, après avoir dirigé pendant dix ans Réseau entreprendre dans l’Oise. C’est en rencontrant de nombreux futurs chefs d’entreprises que l’envie est née de prendre les rênes d’une société. J’ai été accompagné par Jérôme Bataille, dirigeant de Poclain hydraulique et aujourd’hui président d’honneur de Réseau entreprendre. J’ai cherché longtemps et ai rencontré Alain Curtet, le patron de Gant Maille, qui voulait prendre sa retraite. Je me suis lancé dans l’aventure, une aventure passionnante mais exigeante. Cette activité nécessite d’être polyvalent, énergique et plein de sang-froid pour diriger. Cela m’apporte beaucoup de satisfaction humaine et professionnelle. J’ai appris le métier de chef et de gantier ! » Alain Curtet est resté dans l’entreprise située rue de la Ganterie (cela ne s’invente pas), à Ravenel, afin de l’accompagner et lui apprendre la ganterie, un métier très spécifique. « Même si nous sommes maintenant les seuls en France, nous avons des concurrents au Maroc, en Tunisie, dans les pays asiatiques. »

Gant Maille a sept familles de produits L’entreprise fabrique des cagoules. Celles-ci sont destinées, tout comme les gants antichaleur, aux entreprises qui travaillent l’acier, l’optique et la verrerie, nombreuses dans les Hautsde-France. Les gants sont destinés à plusieurs branches d’activité : les gants haut de gamme pour les maisons de couture, les marques de luxe et le spectacle ; les gants de manipulation pour les industries de haute technologie comme les laboratoires pharmaceutiques, les composants électroniques, l’aéronautique ; ceux pour la maroquinerie, la joaillerie, les cosmétiques et la confiserie. Il y a aussi les gants de protection contre les risques mécaniques, ceux contre le froid, et puis les gants antifeu pour les pompiers et l’armée. « En tout, nous avons 250 références et clients actifs basés dans l’Oise et dans le Nord. L’armée est un de nos premiers clients. Nous fonctionnons par appels d’offres pour les services publics et, pour les privés, avec des distributeurs qui concentrent tous les équipements vestimentaires. Certains commandent directement à l’atelier. » Gant Maille réalise un chiffre d’affaires annuel de 1,7 million d’euros. Trente personnes travaillent à plein temps : quinze en atelier et quinze autres à leur domicile. Cyrille Motte veut recruter mais a beaucoup de difficulté à trouver des personnes compétentes en couture, minutieuses et qui sachent manier des machines à coudre à point de chaînette.
Des projets en perspective En plus du développement de l’emploi, Cyrille Motte veut pérenniser l’entreprise en la développant. « Nous devons livrer sous trois semaines des produits sur mesure avec une qualité remarquable. Je suis heureux de mener ce beau challenge, d’avoir donné un sens à cette entreprise grâce au travail d’équipe avec les couturières et bien sûr mon bras droit, Pascal Asselin, directeur de la production et de la qualité. » Son objectif : monter encore en gamme sur la qualité des produits.

Françoise LEFORT