Les premières mesures d’aides aux entreprises et aux salariés

Le président du conseil régional Nord-Pas-de-Calais-Picardie et sa majorité s’étaient engagées à une mise en place rapide de leurs promesses de campagne. Agriculteurs, chefs d’entreprises et salariés en bénéficieront dans les meilleurs délais, la guérilla engagée lors de la séance du jeudi 28 janvier n’ayant pas eu raison de leur volonté d’aboutir.

385
La première séance plénière du conseil régional, bien que perturbée, a permis d'adopter plusieurs mesures en faveur de l'emploi et de l'élevage.
La première séance plénière du conseil régional, bien que perturbée, a permis d'adopter plusieurs mesures en faveur de l'emploi et de l'élevage..
La première séance plénière du conseil régional, bien que perturbée, a permis d'adopter plusieurs mesures en faveur de l'emploi et de l'élevage.
La première séance plénière du conseil régional, bien que perturbée, a permis d'adopter plusieurs mesures en faveur de l'emploi et de l'élevage..

Que faudra-t-il retenir de la séance plénière du conseil régional Nord-Pas-de- Calais-Picardie qui s’est tenue à Lille le jeudi 28 janvier 2016 ? Il est acquis que le buzz a fait la part belle aux incidents de procédures, pas tous dénués de fondements, avec pas moins d’une dizaine de suspensions de séances « de droit » obtenues par la Front National Rassemblement Bleu Marine qui ont émaillé une séance qui, démarrée à 9h30, s’est achevée à la nuit tombée vers 22h45, après quelques 13 heures de présence et 11 heures de séance, sur fond de passes d’armes continues et de dérapages verbaux. Sans doute faut-il voir dans cette ambiance pour le moins tenue et au final très peu policée la volonté de chacun des deux camps en présence de ne rien passer à l’autre, chacun se réclamant de ses résultats électoraux, qui ceux du premier tour, qui ceux du second. La séance d’installation du 4 janvier 2016 avait laissé entrevoir une guérilla, la première séance de délibérations n’aura en ce sens pas décu.

Jean-Luc DECAESTECKER

Engagements tenus

Pour autant le bilan à tirer de cette première séance plénière restera positif, Xavier Bertrand ayant fait adopter par une assemblée largement acquise à ses vues l’ensemble des délibérations inscrites à l’ordre du jour dont les plus emblématiques issues de ses engagements de campagnes. Des adoptions acquises par les votes de sa seule majorité, le FN RBM préférant s’abstenir, permettant au président du conseil régional de marteler à l’issue de chaque scrutin à l’adresse de ses opposants : « Cette mesure a été adoptée par nos seules voix… Vous n’êtes pas du côté des entrepreneurs, de ceux qui cherchent du travail, de ceux qui travaillent… »

Plan d’urgence en faveur de l’élevage

Présentée par Marie-Sophie Lesne, vice-présente en charge de l’agriculture, la première mesure d’aide adoptée proposait un plan d’urgence pour les éleveurs et producteurs de lait soit sur la voie de l’appauvrissement soit sur celle du dépôt de bilan. Il a ainsi été décidé d’augmenter les moyens du fonds d’allègement des charges de 500 000 euros pour un montant total de 1,7 million d’euros, mettant ainsi les agriculteurs picards au même niveau que leurs homologues du Nord-Pas-de-Calais, et d’allouer 2 millions d’euros pour doter un fonds de prise en charge des frais liés à la restructuration de prêts jusqu’à 4 000 euros par exploitation). Autres mesures décidées, cette fois structurelles, le financement d’ une étude sur les coûts de production par bassin de production (60 000 euros), celui d’audits-conseils d’exploitation (500 000 euros à raison de 1 000 euros environ par unité), mais aussi l’engagement d’une meilleure mobilisation des programmes de développement ruraux, d’un recours accru à la production régionale dans les cantines des lycées est réaffirmé et même d’une réflexion avec toutes les parties prenantes de la f ilière avec l’objectif d’aboutir à un plan pluriannuel d’action de développement et de soutien de l’élevage dans la région.

Aide au transport aux particuliers

Les élus ont décidé de prendre en charge un quart des charges patronales supportées par une entreprise sur la première année suivant la création nette d’un emploi jusqu’à 1,6 Smic (2 350 euros par mois) à partir du 1er janvier 2016. Cet effort représente jusqu’à 200 euros par mois et représente une enveloppe de 40 millions d’euros, correspondant à l’aide estimée pour le création de 30 000 emplois.
Il cible les TPE et PME jusqu’à 250 emplois Le versement s’effectuera pour moitié à la fin de la période d’essai, et le solde en fin d’année. Cette aide, versée dès le 1er mars, cible les personnes qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, qu’ils travaillent ou reprennent un travail, du privé comme du public, qui font 30 km et plus pour aller travailler sans pouvoir bénéficier de transports en commun réguliers et correspondant à leurs horaires de travail.
Elle est limitée aux salariés gagnant deux Smic et moins. Fixée à 20 euros par mois, cette aide est versée chaque année, soit un total de 240 euros, et représente près de 10% des consommations en carburant. Cette initiative inédite d’un conseil régional est expérimentale. Une première enveloppe de 2,5 millions d’euros a été dégagée au bénéfice de près de 10 000 bénéficiaires potentiels.

Une première évaluation sera conduite en septembre prochain. Par mi les autres délibérations approuvées par les conseillers régionaux, ressortent le soutien à la relance de la candidature Idex Université de Lille dans le cadre de l’appel à projets du programme d’investissements d’avenir IDEX/I- SITE deuxième vague, ainsi que la demande au préfet de Région d’élaboration d’un nouveau Schéma régional de cohérence écologique (SRCE), celui de Picardie n’ayant pas été adopté et celui du Nord-Pasde-Calais faisant l’objet de plusieurs recours.