Des savons estampillés made in Aisne

Alexandra Saget a lancé en 2011 son activité de savonnier. Un métier peu répandu en France et qui donne à voir une autre facette du savon fait maison.

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La France compte 80 savonniers. Deux d’entre eux sont installés dans l’Aisne, dont Alexandra Saget qui a créé en novembre 2011 l’Écho des savons. « Tout a commencé par une prise de conscience lorsque je suis devenue maman », explique cette ancienne cadre. Un statut auquel se sont ajoutés des problèmes de peau. « J’avais envie d’utiliser des produits naturels. J’ai donc fait évoluer notre alimentation ainsi que l’utilisation des produits ménagers. J’ai engagé des recherches sur Internet, consulté des forums étrangers, blogs etc. Je me suis lancée dans l’aventure du fait maison et j’ai concocté mes premiers produits cosmétiques maison (dentifrice, crèmes, liniment pour bébé, maquillage) d’abord pour moi puis rapidement pour mon entourage (copines, famille, voisines…) », explique la jeune femme dont les problèmes de peau ont depuis disparu. L’idée de créer son entreprise germait dans sa tête et son entourage l’encourageait à se lancer, il lui aura fallu une année pour affiner son projet. Surtout pour connaître les rouages de la législation européenne sur les produits de soins cosmétiques. « Mon activité dépend de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui impose de déclarer mes recettes et d’être accompagnée par un professionnel de la santé pour valider mes produits avant la mise en vente. » Cela peut paraître contraignant mais rassure les consommateurs.

Des savons fabriqués à froid

Aujourd’hui, elle conçoit chez elle des savons naturels, des produits cosmétiques, des shampoings solides et une gamme pour homme. À la différence de certains confrères, Alexandra Saget fabrique ses savons à froid (saponification à froid). Une technique qui permet de conserver les propriétés du produit. Pour formuler les savons et les cosmétiques, la première règle que s’impose Alexandra Saget, c’est que tous les ingrédients qu’elle introduit doivent avoir une utilité. « Lorsque je formule un savon, je vais d’abord me demander quel sera l’usage que j’en ferai (cosmétique, ménager, pour le corps, pour les mains, exfoliant…) et à qui il sera destiné (bébé, enfant, peaux sèches, grasses ou acnéiques etc.). »

C’est à partir de cette première définition qu’elle va travailler sur des ingrédients adaptés depuis les huiles vierges jusqu’aux huiles essentielles en passant par les ajouts, « je préfère privilégier l’utile et l’agréable au superflu », indique-t-elle. Certaines formules sont très simples car les peaux pour lesquelles elles sont destinées sont fragiles et n’ont pas besoin que l’on ajoute une allergie à un composant en plus des problèmes existants. Pour le savon, Alexandra Saget a choisi de ne mettre ni parfum synthétique, ni colorant, les parfums sont formulés à partir de synergies d’huiles essentielles. Les produits de l’Écho des savons sont vendus sur le site Web – 20% du chiffre d’affaires -, sur le site de la Ruche qui dit oui (30% de l’activité) et sur des foires et salons, ces derniers représentant 50% des ventes d’Alexandra Saget, qui souhaiterait développer dans les prochaines années un réseau de vente aves les magasins bio.