La région lance le débat sur la transition énergétique

Alors que le gouvernement souhaite un nouveau modèle de consommation énergétique, la région lui emboîte le pas et propose des plans d’action par secteur d’activité. Une transition qui nécessite « des changements de comportement profonds de la part de tous les acteurs ».

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Anne Croissandeau est responsable du département prospective, planification, études et développement durable au conseil régional.
Anne Croissandeau est responsable du département prospective, planification, études et développement durable au conseil régional.

 

Anne Croissandeau est responsable du département prospective, planification, études et développement durable au conseil régional.
Anne Croissandeau est responsable du département prospective, planification, études et développement durable au conseil régional.

Le 14 juin, le conseil régional a organisé plusieurs tables rondes autour de la transition énergétique afin de répondre à la volonté du gouvernement qui souhaite faire de la France la nation de l’excellence environnementale. Les objectifs sont les suivants : réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre en 2020 et les diviser par quatre d’ici à 2050. Pour cela, Serge Camine, président du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER), encourage tous les acteurs de la vie locale à modifier leur comportement : « La transition énergétique nécessite des changements profonds dans les habitudes d’achat, de production et de consommation. C’est l’affaire de chacun et cela concerne tous les secteurs économiques. »
Les transports et l’urbanisme représentent à eux seuls 25 % des émissions des gaz à effet de serre en Picardie. « Dans notre région, les espaces entre la maison et le lieu de travail sont particulièrement élevés », explique Anne Croissandeau, responsable du département prospective, planification, études et développement durable au conseil régional. Pour diminuer ces émissions, la région, à travers son schéma régional climat air énergie (SRCAE), souhaite développer et optimiser l’usage des transports en commun et les modes de déplacement doux. Elle préconise également le maintien de certaines activités en zone rurale et le développement de quartiers autour des gares. « Concernant le transport de marchandises, le fret ferroviaire devra être délaissé au profit du fret fluvial. »
Le secteur du bâtiment est responsable de 15 % des émissions de gaz à effet de serre dans la région. « Le parc picard est plus ancien que la moyenne nationale et se compose essentiellement de maisons individuelles », décrit Anne Croissandeau. Pour améliorer la situation, la région compte réhabiliter 13 000 logements d’ici à 2020 afin d’améliorer leurs capacités thermiques.
Dans l’industrie et les services, le SRCAE recommande l’accompagnement des PME et PMI pour une gestion maîtrisée de leur consommation énergétique. Objectif : diminuer l’impact carbone des entreprises, aller vers une production industrielle plus propre et développer les filières de l’économie verte.
L’agriculture, très développée en Picardie, devra elle aussi participer à la transition énergétique. Pour cela, la région propose d’accroître l’offre de produits issus de l’agriculture locale en développant les lieux de vente de proximité. Elle recommande également de diminuer l’utilisation de produits phytosanitaires et d’introduire davantage de légumineuses dans les cultures pour leurs vertus environnementales et agronomiques.
Les énergies renouvelables seront à l’avenir plus exploitées afin de gagner en autonomie. Claude Gewerc, président du conseil régional, souhaite faire de la Picardie la « première région éolienne de France ».