Toujours à la recherche de perspectives pour sortir de la crise

Fin novembre, une matinée complète a été organisée en distanciel depuis la Cité des échanges de Marcq-en-Baroeul, près de Lille, pour réfléchir aux moyens de se relever le plus efficacement de la crise. Le président de la Région, celui du Comité Grand Lille et d'autres acteurs de l'économie locale ont donné leur point de vue sur une crise économique et sanitaire sans précédent.

Toujours à la recherche de perspectives pour sortir de la crise
Toujours à la recherche de perspectives pour sortir de la crise

 

Un sommet de l’économie en Hauts-de-France s’est déroulé en version digitale fin novembre. Une dizaine d’intervenants du monde économique local ont pu échanger, face caméra, sur un plateau aménagé à la Cité des échanges de Marcq-en-Barœul, près de Lille. L’objectif était de faire un point sur les enjeux économiques dans la région, après le deuxième confinement lié à la pandémie de la Covid-19.

Ces enjeux, Jean-Pierre Letartre, président du Comité Grand Lille, les a résumés en trois mots : “aider”, “relancer”, “transformer”. « Le retour au PNB d’avant Covid n’est pas prévu avant trois ans. Il faut essayer d’accélérer ce retour à la normale. Et ça ne pourra passer que par la transformation des entreprises. […] Cette transformation était déjà amorcée avant la pandémie. Mais au lieu de prendre des années, elle ne prendra que quelques mois. Et, bien sûr, cela aura des conséquences au niveau social », explique-t-il, en rappelant le triste sort des salariés de Bridgestone ou encore de Danone, dont le PDG venait d’annoncer des suppressions de postes le matin même.

« Le retour au PNB d’avant Covid n’est pas prévu avant trois ans »

« On a bien vu que sans la santé, il n’y avait pas d’économie. La sortie de la crise ne se fera que par la sortie de crise sanitaire », a ajouté l’économiste Nicolas Bouzou, en mentionnant l’urgence de trouver un vaccin et de se faire vacciner. « À Lille, l’Institut Pasteur est un centre de vaccination, nous avons un atout sur le territoire et il faut s’en servir », a alors rebondi Jean-Pierre Letartre.

Un soutien des autorités locales

Selon un sondage Ifop présenté en direct par Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Institut, les habitants de la région seraient plus inquiets de la situation sanitaire que de la situation économique : « 41% d’entre eux restent optimistes pour l’avenir de leur région. C’est un taux plus élevé que la moyenne nationale. Et 76% des habitants se disent satisfaits de l’action du conseil régional des Hauts-de-France. Ce qui démontre que la population a davantage confiance en les autorités locales que nationales. »

Il faut dire que la Région est mobilisée depuis le début de la pandémie. A la sortie du premier confinement, elle annonçait un plan de relance économique à hauteur de 1,3 milliard d’euros. Xavier Bertrand, président du conseil régional, a fait à cet égard un point : « 420 millions ont déjà été injectés pour aider 4 500 entreprises. »

Avec le deuxième confinement, c’est tout de même 35 000 commerces qui ont dû fermer dans les Hauts-de-France, ce qui représente 70 000 emplois. Pour les aider et répondre à leurs questions, Xavier Bertrand rappelle qu’un numéro unique a été déployé dans la région : « Il s’agit du 03 59 75 01 00 ; 2 000 entreprises nous ont déjà contactés. »

Investir et pousser à la consommation

Aurélie Vermesse, présidente du Clarance Hôtel Lille et de la commission tourisme au Medef Grand Lille, a bénéficié de ces aides et témoigne : « Sans le soutien de la Région, j’aurais déjà mis les clés sous la porte. Mais il est vrai que le deuxième confinement est encore plus compliqué que le premier car nous sommes déjà fragilisés. On pensait s’être relevés, mais non. » Elle garde cependant le cap. « Il faut avoir confiance en l’avenir. J’ai décidé d’investir et d’agrandir mon établissement, même si ça semble un peu fou puisqu’on ne sait pas ce qu’il en sera du tourisme mondial à l’avenir. » Aurélie Vermesse prend en effet exemple sur ce que beaucoup d’économistes conseillent : renouveler son offre pour mieux rebondir.

« Notre territoire a connu bien des difficultés. La troisième révolution industrielle prouve qu’on sait se serrer les coudes et se relever, confirme Xavier Bertrand. Il faut simplement donner des perspectives aux entrepreneurs. Il n’y a rien de pire pour eux que de ne pas voir le bout du tunnel. »

Cette perspective, selon Jean-Pierre Letartre, consisterait en la relance de la consommation. « Il faut faire un plan sur la demande et inciter à la consommation. Par exemple, baisser la TVA, reverser une aide à la population pour se rendre dans les restaurants ou au théâtre… C’est ce qui va redonner de l’espoir à tout le monde », propose-t-il.

« Ce qu’il faut, c’est également davantage de transparence de la part du Gouvernement. On a besoin de savoir sur quelles études est fondée la fermeture de nos commerces actuellement », martèle Xavier Bertrand. La création ou reconduction d’une nouvelle aide financière n’est pas exclue à l’avenir…