Tendances

Soixante relocalisations industrielles dans les Hauts-de-France en 2021

La Chambre de commerce et d’industrie des Hauts-de-France a publié une analyse détaillée concernant le tissu industriel du territoire. Celle-ci démontre que la relocalisation des savoir-faire est à l’ordre du jour. Les emplois, eux, restent à la marge.

Soixante relocalisations et 1 700 emplois prévus dans les Hauts-de-France en 2021. ©Pixabay
Soixante relocalisations et 1 700 emplois prévus dans les Hauts-de-France en 2021. ©Pixabay

« Il y a un phénomène accru de relocalisation dans les Hauts-de-France. C’est quelque chose que l’on n’avait pas observé depuis une petite quinzaine d’années au moins », constate Grégory Stanislawski, directeur des études à la CCI. Rien que cette année, 60 entreprises ont relocalisé dans les Hauts-de-France, chacune à leur niveau. « On parle bien sûr de créations, mais aussi d’entreprises qui ont investi dans de nouvelles chaînes de montage pour augmenter leurs capacités de production. Il y a aussi des entreprises qui ont créé des chaînes de montage, mais cette fois pour fabriquer un nouveau produit. »

Trop dépendant

Cette tendance de fond est directement liée à la crise sanitaire qui a été suivie de difficultés d’approvisionnement et de l’effondrement de l’économie mondiale. « La crise liée à la Covid-19 a été un véritable accélérateur de prise de conscience. Les dépendances vis-à-vis de la production sont trop fortes. La production est souvent trop loin des centres de consommation », ajoute le directeur des études à la CCI Hauts-de-France.

Et pour inverser la tendance, l’État a décidé de mettre la main au porte-monnaie au travers du Plan de relance. Une façon d’accompagner la relocalisation de certaines activités industrielles, parmi lesquelles la santé, l’agroalimentaire, l’électronique et le numérique.

Relocalisation ne rime pas avec emplois

« Par rapport à la perte d’emplois qu’a connu le secteur de l’industrie depuis maintenant plus de vingt ans, ce n’est pas avec la relocalisation que nous allons rattraper tous ces postes perdus », confesse Grégory Stanislawski. En effet, les 60 relocalisations régionales ne représentent que 1 700 de créations d’emplois. Un chiffre minime. « La solution pour créer des emplois au-delà de la relocalisation, c’est de créer de nouveaux produits. Dans ce cas, les entreprises devront embaucher. »

Ce chiffre bas a une explication. « Par rapport à il y a 20 ans, les modes de production ont évolué. L’industrie est un secteur qui a besoin de moins de main-d’œuvre qu’auparavant. Les usines sont robotisées, nous sommes donc sur des métiers beaucoup plus techniques », affirme le directeur des études. Ainsi, les entreprises sont confrontées à une autre problématique, celle de la formation. « Je pense notamment au secteur du textile. Ils ont des difficultés à recruter car il n’y a plus de formation dans ce secteur. » Ainsi, au-delà de relocaliser, va-t-il falloir commencer par former.