La FNSEA appelle les Français à soutenir la gastronomie de fête

À Noël, ne renoncez pas à votre repas de fête ! La FNSEA lance un appel vibrant aux consommateurs : de très nombreuses filières risquent de souffrir, voir, de sombrer, à l'image des éleveurs de chapons.

De très nombreuses filières risquent de souffrir, voir, de sombrer, à l'image des éleveurs de chapons. (c) AdobeStock
De très nombreuses filières risquent de souffrir, voir, de sombrer, à l'image des éleveurs de chapons. (c) AdobeStock

Passez commande pour votre dinde de Noël à l’avance : son format sera adapté à la tablée réduite de cette année, et vous soutiendrez les producteurs… Tel est, en substance, l’appel lancé par Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, premier syndicat agricole français, et Samuel Vandaele, président des Jeunes Agriculteurs, dédié à la cause de ceux de moins de 35 ans. Lors d’une conférence de presse tenue par Internet, le 19 novembre, ils ont annoncé le lancement d’une campagne de communication. En dépit des circonstances, et même s’ils seront moins nombreux autour de la table, Christiane Lambert invite les consommateurs à conserver les traditions, le « plaisir de se retrouver autour de la table », à Noël, autour de « produits festifs », comme le foie gras, les huîtres, les pains spéciaux… Une tradition partagée par l’ensemble de la société, a-t-elle rappelé, y compris les plus démunis, des associations comme Les Restos du cœur réalisant ce jour là des menus spéciaux.

« Nous avons tout préparé pour que les fêtes se passent comme d’habitude »

En amont, pour certaines filières de production, l’enjeu économique est majeur, rappelle la présidente de la FNSEA qui exhorte les consommateurs à « garder une place dans leur budget pour ces produits festifs (…). Juste après Noël, ces produits n’auront plus de valeur et seront bradés ». À l’extrême, ce sont, par exemple, 100% des chapons qui sont consommés à l’occasion des fêtes de fin d’année ; 80% du foie gras est vendu trois semaines avant les fêtes. Les dindes, également connaissent une forte consommation durant cette période… « Nous avons tout préparé pour que les fêtes se passent comme d’habitude », explique Christiane Lambert. Les producteurs de volailles ont anticipé, et déjà mis les animaux en production, afin qu’ils soient prêts à être vendus dès le 10 décembre. Par ailleurs, « nous avons travaillé avec les industriels et les bouchers pour adapter les produits au format de la famille cette année », poursuit la présidente de la FNSEA. Inutile, en effet, de proposer un chapon entier, qui peut peser jusqu’à 8 kilos, à une tablée de quelques personnes. Les industriels de la volaille réaliseront donc cette année plus de découpe, pour proposer filets, rôtis…

La fermeture de la restauration bouscule le secteur

Le secteur agricole subit lui aussi la crise née de la pandémie, a rappelé la FNSEA. Durant le premier confinement, la vente de certains produits a certes augmenté, comme les steaks hachés (+30%), mais de nombreux autres ont souffert. En effet, la fermeture des restaurants, bars, de la restauration collective, et des salons professionnels a lourdement impacté certaines filières. Pour les boissons, par exemple, la consommation hors domicile représente 65% des débouchés. Autre exemple, celui de la pintade, qui est essentiellement consommée au restaurant, et peu cuisinée à la maison. Globalement, le confinement a donc lourdement déstabilisé le secteur. En effet, les types de produits et les formats auxquels ils sont proposés diffèrent selon le type de consommation, (domicile/hors domicile). « C’est une réalité qui grève l’efficacité de la chaîne alimentaire et engendre des coûts », souligne Christiane Lambert. La FNSEA rappelle que les producteurs ont réalisé de nombreux efforts pour s’adapter, lors du premier confinement. En particulier, « de nombreux agriculteurs ont ouvert des centres de distribution, ou ont développé la vente à la ferme », note Samuel Vandaele. Au printemps, le recours au drive s’est développé de manière spectaculaire, avant de retomber pour partie, une fois le confinement terminé.

Au niveau de la production, les producteurs « ont su s’adapter aux règles sanitaires pour que que toute la profession puisse continuer à alimenter la population en respectant les gestes barrières. Aujourd’hui, nous sommes prêts à répondre aux attentes des citoyens », poursuit Samuel Vandaele. Progrès, par rapport au printemps dernier, cette fois, les marchés demeurent ouverts. D’autres mesures, comme l’autorisation de la vente de sapins de Noël à l’extérieur, vont dans le même sens. Mais de très nombreux sujets d’inquiétude subsistent, à l’image de celui des fleurs coupées, des choux à choucroute, qui risquent fort de rester dans les champs alsaciens, ou encore des 12 000 tonnes de canard actuellement au frigo…