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OVERCHEM EST EN PLEIN ESSOR

Depuis 1983, l’entreprise familiale Overchem est installée à Villers-Carbonnel, non loin de Péronne. Sa progression est impressionnante, son chiffre d’affaires a augmenté de 23% en 2017.

Jérôme et Fabrice Rolland, père et fils, dirigent l’entreprise Overchem. Elle fabrique des poudres ignifugeantes entrant dans les matières plastiques. Ce composant est utilisé dans les compteurs et cordons électriques du quotidien. Les deux hommes travaillent avec des donneurs d’ordre du monde de la chimie basés en Allemagne. Jean-Luc Mordaque, directeur du site, explique le processus : « Le donneur d’ordre apporte toutes les matières premières, y compris les emballages. Le produit est fabriqué en faisant une réaction chimique. Une fois réalisé, il est micronisé en fonction de la demande du client. C’est notre premier savoir-faire. Ensuite, il est mis en sacs de 20 kilos qui sont envoyés en Europe et en Amérique du Nord et du Sud. Chaque produit est testé en laboratoire, tout est tracé, et nous stockons les échantillons. » L’usine fabrique 6 000 tonnes de poudre par an, transportées par 437 camions en 2017. Jean-Luc Mordaque poursuit : « Quand il y aura le canal Seine-Nord Europe, ce sera plus simple et plus économique. » Le site est entouré par les étangs de la Somme et parallèle au canal du Nord. Overchem aura en mai prochain la certification 50 001, appelée « Revue énergétique ». Outre la promotion de l’économie circulaire qui oblige à ce que les fournisseurs ne soient pas à plus de 100 kilomètres du site, elle permet de contrôler les impacts sur l’électricité et le chauffage, et donc de faire baisser les factures.

24 HEURES SUR 24, 7 JOURS SUR 7

L’usine est certifiée ISO 9001 et 14001. Vingtsept salariés, appelés opérateurs, doivent avoir un diplôme de conducteur d’appareils de l’industrie chimique afin de surveiller tous les processus de fabrication. Jean-Luc Mordaque précise : « Nous avons beaucoup de difficultés à recruter dans notre secteur. Ce sont des métiers spécifiques. Nous travaillons étroitement avec Pôle emploi Péronne qui nous envoie d’anciens salariés d’usine. Une forte expérience dans l’industrie alimentaire est un plus. Nous les formons sur place pendant deux mois, et ils sont au top au bout de quatre. » L’entreprise a prévu deux embauches en 2018 et a investi 350 000 euros dans la construction d’un nouvel atelier. Elle a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 3 700 000 euros. L’objectif 2018 est de faire de la chimie verte avec d’autres donneurs d’ordre français et européens, pour continuer à se développer et garder l’aspect fabrication propre. Aucun solvant n’est utilisé, uniquement de l’eau recyclée à 100%.

TRANSMISSION RÉUSSIE CHEZ CAUX

L’entreprise Caux couvre nos nids depuis 1980. Jérémy Caux a repris officiellement le flambeau de l’entreprise familiale lors d’une soirée de passation avec son père Dominique, jeudi 5 avril au château de Flesselles, après 45 ans de couverture.

Jérémy Caux perpétue la passion, le savoir-faire et la réussite de son père Dominique. Soigneusement préparée depuis plusieurs années, la transmission de l’entreprise a été officiellement actée le 16 octobre 2017 entre Dominique Caux, fondateur, et Jérémy Caux, repreneur. Même si Dominique restera toujours présent pour apporter ses conseils et son savoir-faire, c’est bien Jérémy qui préside désormais à la destinée de l’entreprise. Histoire familiale où la passion se transmet depuis trois générations, Caux est une marque qui se développe et qui bénéficie d’une notoriété de premier ordre dans le département de la Somme. Fondée en 1980, l’entreprise est renommée dans la filière des travaux de couverture, que ce soit pour la rénovation de toitures, le désamiantage, l’intervention sur fuite ou le remplacement de tout élément de toiture. Elle a ainsi été impliquée dans la rénovation de l’École supérieure de commerce d’Amiens, des clochers des églises de Grattepanche, Silly-Tillard et Saint-Sépulcre, du musée de Picardie, de la gare Saint-Roch d’Amiens ou encore de plusieurs châteaux. Basée au cœur de la zone industrielle nord d’Amiens, l’entreprise compte aujourd’hui 20 salariés, dont une quinzaine de compagnons.

UNE SOIRÉE RICHE EN ÉMOTIONS

L’événement organisé le 5 avril dernier, au Château de Flesselles, était l’occasion de revenir sur les 45 années de métier de Dominique Caux, récemment honoré par ses pairs avec la médaille d’or du rayonnement culturel de la Renaissance française, mais également de marquer la continuité des 37 années d’activité de l’entreprise avec la succession opérée par Jérémy. Parmi les témoignages mettant à l’honneur ce duo d’artisans hors pair, celui du président de la Fédération du bâtiment et des travaux publics de la Somme. « Succéder, reprendre. Je suis moi-même un successeur de mon père et ce n’est pas si facile que cela. Il faut un certain courage. Bravo à vous deux », a confié Nicolas Blangy. Brigitte Fouré, maire d’Amiens tenait de son côté à s’exprimer sur cette entreprise familiale qui a beaucoup à transmettre sur le respect des équipes, la qualité du travail et le savoir-faire. « Vous êtes tous deux les dignes héritiers des Compagnons de la cathédrale d’Amiens dont nous fêterons bientôt les 800 ans. Vous n’êtes pas des artisans, vous êtes des artistes », relevait-elle ce soir-là juste après la projection du film De toi(t) à toi, de la passion à la transmission réalisé par l’Amiénois Olivier Fély-Biolet.

UNE BELLE HISTOIRE DE PASSIONS

Dans son film, on se retrouve en effet en haut de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens. C’est là que Dominique Caux perfectionne son apprentissage de couvreur zingueur en travaillant sur le chantier de restauration de la flèche. Il a alors 17 ans. La passion du métier l’amène à créer sa propre entreprise en 1980, à Amiens. Au fil des années, l’entreprise se construit une solide renommée auprès des particuliers et des collectivités locales. Elle compte 23 salariés et apprentis. En 2001, Jérémy Caux rejoint l’affaire familiale. « Depuis mon plus jeune âge, je me passionne pour ce métier, certes difficile mais ô combien noble et utile. J’aime la matière, le bois, le zinc, l’ardoise. Auprès de mon père et des compagnons, j’ai voulu apprendre les savoir-faire ancestraux avant de prétendre à reprendre l’entreprise en octobre dernier », insiste le nouveau patron de 36 ans, diplômé en gestion. Son ambition : poursuivre dans les spécialités de l’entreprise. « La couverture, la rénovation de toitures et le désamiantage sont le cœur du métier de nos hommes que je veux continuer à faire vibrer sur chaque chantier, confie Jérémy Caux. Je suis fier du parcours de mes aïeux. En ce moment, on rénove un toit posé par mon grand-père. C’est émouvant de toucher le zinc et de découvrir la qualité de son travail. » Enfin pour Dominique qui lâche prise vers une retraite bien méritée, la confiance est au rendez-vous. « Je fais confiance à Jérémy pour faire évoluer l’entreprise dans le bon sens. Et, j’avoue ne pouvoir m’empêcher de penser à la génération d’après. Cela serait incroyable si l’un de mes petits-enfants attrapait, comme nous, la passion pour le métier. »

L’INNOVATION ET LES SECTEURS D’AVENIR EN PLEINE CROISSANCE

En accompagnant les entreprises dans leurs projets d’innovation et de développement, Bpifrance soutient la croissance économique régionale, permettant d’assurer un avenir plus serein aux entrepreneurs.

L’année 2017 aura été marquée par le dynamisme des transmissions d’entreprises, des secteurs innovants et de l’international. Au total, 1,7 milliard d’euros mobilisés par Bpifrance en Hauts-de-France, donnant accès à 3,3 milliards d’euros de financements privés et publics (Région, fonds d’investissements…) auprès de 6 974 entreprises. Une année riche donc, pour la banque publique d’investissement qui lance de nouveaux dispositifs pour coller aux réalités du terrain : « Nous avons lancé le « prêt croissance TPE » dans la région car il y avait une faille de marché », explique Bertrand Fontaine, directeur régional Bpifrance Lille. Ce prêt, de 10 000 à 50 000 euros, destiné aux entreprises de moins de 50 salariés, permet de financer l’immatériel et a déjà séduit une centaine d’entreprises à hauteur d’un montant global d’un million d’euros. La majorité des entreprises financées en Hauts-de-France sont des TPE (70%) et des PME (52%). 2017 aura aussi été marquée par la concrétisation du PIA3 territorialisé (Programme d’investissements d’avenir), pilier de la politique du Gouvernement en faveur de l’innovation, de la productivité et de la compétitivité.

« Il nous faut de l’argent public, avec un double effort de la part de l’État et de la Région. Nous sommes les opérateurs de ces deux instances pour les trois années à venir », poursuit Bertrand Fontaine.

ACCROÎTRE L’INTERNATIONALISATION Miser sur les secteurs d’avenir – numérique, santé, TIC, etc. – reste un des leviers de Bpifrance pour 2018, puisqu’ils mobilisent plus de 30% des financements mis en place en 2016, notamment auprès des entreprises du numérique et des éco-industries. Via sept dispositifs principaux (garantie, crédit d’investissement, crédit court terme…), Bpifrance apporte plusieurs types de réponses, notamment aux entreprises désireuses de se développer à l’international, un nouveau pan de l’activité de Bpifrance. « C’est notre cœur d’activité depuis deux ans. L’internationalisation est un parcours du combattant pour les chefs d’entreprise. Au niveau national, nous avons donc lancé une assurance export », détaille le directeur régional, en mentionnant un nouveau produit dédié à l’assurance prospection, uniquement déployé à Lille et qui sera lancé au niveau national en mai prochain. Depuis janvier 2017, 103 entreprises de toutes tailles ont bénéficié des dispositifs dédiés à l’international, à hauteur de 227 millions d’euros.

NOUVEAU BUREAU À COMPIÈGNE

Les deux antennes de Lille et Amiens viennent d’être renforcées par l’ouverture d’une délégation à Compiègne, mobilisant ainsi 115 salariés sur les Hauts-de-France. « Cette délégation de sept salariés couvre l’Oise et le Sud de l’Aisne, complétant ainsi l’implantation d’Amiens pour le Nord et le Sud de la Picardie. Nous avons de grosses ambitions à Compiègne », explique Jalil Yaker, directeur régional du bureau amiénois. L’Oise et le Pas-de-Calais ont particulièrement évolué en 2017 avec des croissances respectives des montants d’intervention de 14 et 10%. « Nous sommes là pour prendre des risques et accompagner des projets innovants. Nous sommes patients et capables d’investir », assure Bertrand Fontaine. L’appel est donc lancé aux entreprises en quête de développement.

L’ABSENTÉISME, UN MAL À SOIGNER

Christian Legay, consultant en développement de la performance managériale et dirigeant de Managexpert, a rencontré une dizaine de managers lors d’une conférence donnée au Cnam Hauts-de-France (Conservatoire national des arts et métiers) pour discuter d’un mal dont ceux des employés récurrent en entreprise : l’absentéisme.

Selon une étude du cabinet Ayming, le taux moyen d’absentéisme en France a été de 4,55% en 2016, ce qui représente en moyenne 16,6 jours d’absence par employé du privé. L’absentéisme est alors une réelle problématique dans la région, les salariés des Hauts-de-France regroupant 8% des salariés français.

COÛTS DIRECTS ET INDIRECTS

La Caisse primaire d’assurance maladie a indemnisé 29 millions journées d’absence en 2016 dans les Hauts-de-France. « Ces chiffres sont en progression chaque année, car le phénomène d’absentéisme ne cesse de prendre de l’ampleur », déplore Christian Legay, consultant en développement de la performance managériale et dirigeant de Managexpert. Les absences injustifiées à répétition ont un coût pour l’État, mais aussi pour l’employeur. Dans une entreprise de 90 personnes avec une masse salariale estimée à 2 250 000 euros, le coût de l’absentéisme représenterait 150 000 euros. À plus petite échelle, un absent sans justification représenterait jusqu’à trois fois son salaire pour une entreprise. « Les coûts de l’absentéisme pour un employeur sont aussi indirects : lorsqu’un salarié s’absente sans prévenir, l’organisation interne devient difficile. Il faut parfois faire appel à un remplaçant qui doit ensuite être formé. Tout ça coûte cher, en plus de créer une mauvaise ambiance », explique Christian Legay.

PERTE DE MOTIVATION ET CERCLE VICIEUX

Les cas d’absentéisme s’avèrent plus importants dans le secteur des services (5,65%) et de la santé (4,8%). Des chiffres qui peuvent étonner, selon le dirigeant de Managexpert. « On pouvait s’attendre à ce que les métiers à pénibilité physique, comme dans le secteur du BTP, soient plus touchés. Or, les études montrent que les causes de l’absentéisme sont plutôt d’ordre moral. » 56% des cas d’absentéisme sont liés à une baisse de motivation, due à une insatisfaction au travail, une charge de travail trop importante ou à une mauvaise communication interne. « Mais il ne faut pas minimiser une part de salariés simplement insouciants, où se laissant dépasser par des problèmes personnels. » Ainsi, 5% des cas d’absentéisme sont justifiés par des certificats médicaux livrés sans réelle maladie, en représailles de congés non accordés par un employeur. « D’autres s’absentent également pour s’adonner à une seconde activité salariale, car leur rémunération n’est pas assez élevée. » Phénomène non négligeable : l’absentéisme engendre l’absentéisme. « Si un salarié est absent, la charge de travail devient plus importante pour ses collègues. Peu à peu, ces derniers se découragent à leur tour et cèdent, eux aussi, à l’absentéisme », remarque Christian Legay.

« L’EXILLIANCE » COMME SOLUTION

En sus d’une communication quotidienne, les entretiens entre employeurs et employés pour faire le point sur la motivation et l’ambiance au travail, constituent la solution la plus évidente pour pallier l’absentéisme. Christian Legay suggère même d’instaurer ces entretiens à chaque retour d’absence non justifiée. Pour reprendre les mots de son collaborateur Frédéric Vabdewalle, le consultant rappelle que l’idéal est de faire preuve « d’exilliance ». « L’exilliance est un juste équilibre entre l’exigence et la bienveillance. L’exigence sert a dépasser des ambitions communes, la bienveillance sert à rendre durable cette exigence au sein du personnel. » Aux grands maux les grands remèdes, certaines mesures administratives peuvent également être prises. Pour éviter la réception de faux certificats de maladie, une campagne de vaccination en entreprise est fortement recommandée. « Elle supprime la possibilité de donner de fausses excuses. Et en cas de réelle maladie, elle évite la contamination des collègues ainsi que leur possible absence par la suite. » En cas de maladie feinte, le consultant en management rappelle que l’employeur peut désormais avoir recours à une société privée pour rendre visite au salarié absent à la place du personnel de la sécurité sociale. Enfin, l’éventuelle instauration d’une prime de présence a elle aussi été abordée. Bien qu’elle puisse être efficace, cette dernière soulève bien des questions : « Le salaire n’est-il pas déjà une prime de présence par définition ? »

DEVENIR VENTURE CAPITAL COMPATIBLE

Julien Petit, agent de start-up et fondateur de J99fundraising a animé début avril une conférence au Quai de l’innovation à Amiens. Il a donné les clés pour comprendre les enjeux d’une levée de fonds avec un Venture capital (VC) soit capital risque en français.

Julien Petit avait prévenu, les métaphores du jour seraient principalement sportives. L’agent de start-up n’a pas menti. « Se lancer avec un VC c’est entrer dans un super centre de formation qui va vous permettre de jouer dans le top de la ligue, dit-il d’entrée. Il faut donc bien comprendre ce qu’il attend et si c’est bien ce que vous recherchez », ajoute-t-il. Installé dans la région lyonnaise, Julien Petit s’est donné comme mission de faire le lien entre des star-tup régionales et une trentaine de financiers parisiens. « On dit souvent que les projets en province manquent d’ambition et qu’ils rencontrent des problèmes de crédibilité lors des pitch. En 2016, une dizaine de start-up ont trouvé un financement à Lille, c’est un record en région », lance-t-il.

UNE GALAXIE COMPLEXE

Entreprises familiales à la recherche d’un investissement, grands groupes, business angels… les profils cherchant à financer des projets sont nombreux. Julien Petit, lui, ne traite qu’avec des VC, des entités qui investissent l’argent de clients à qui ils ont promis des retours conséquents sur une décennie. « Ils cherchent des projets ambitieux, avec un nouveau modèle qui va être capable de prendre un marché mais aussi avec une structure qui peut servir autant dix que 100 000 clients », prévient-il. Bien au-delà de l’apport de capitaux, le VC vient avec son réseau et son « intelligence du business » permettant de propulser la startup très rapidement. « L’entrepreneur qui veut signer avec un VC doit absolument avoir en tête l’exit [ndlr, la revente de son entreprise]. En moyenne, en France, celles-ci s’établissent autour de 20 millions d’euros. S’il n’y a pas de sortie, il n’y a pas de capital et donc pas d’investissement », poursuit Julien Petit. Sous pression, les VC reçoivent de nombreuses sollicitations et ne misent que sur les meilleurs. « Il faut que l’on ait envie de vous accompagner pour voir les effets de votre potion magique », assure-t-il.

PRÉSENTER DES FAITS D’ARMES

Pour cela, pas besoin forcément de gros moyens, « le manque de financement force à être créatif », lance l’agent de start-up qui a pour l’instant réussi à lever un million d’euros pour deux entreprises. Pour attirer le VC, mieux vaut viser le « fait d’armes », une vidéo virale, un exploit technologique, un soutien inattendu qui va venir créer le buzz. « La Tesla envoyée dans l’espace par Space X, c’est un fait d’armes. Même des gens comme ElonMusk ont recours aux faits d’armes pour attirer des investisseurs, souligne Julien Petit. Il faut se recentrer sur son projet, viser l’excellence et s’obliger à avoir un produit qui va se vendre par lui-même », résume l’entrepreneur.

BAYARD OU L’AMOUR DE LA POMME DE TERRE

À Laucourt dans la Somme, la Maison Bayard se dédie à la découverte de multiples variétés de pommes de terre à travers une production raisonnée et un savoir-faire reconnu. Au cœur du Santerre, région de prédilection de la pomme de terre, notamment grâce à Antoine-Auguste Parmentier, Bayard Distribution est née en 1997.

La famille Bayard perpé- tue un savoir-faire familial préservé depuis des années. Au cœur de son mé- tier, une véritable collection d’orfèvre. L’entreprise Bayard a su se développer de façon à offrir un regard nouveau sur ce produit, en France comme à l’étranger. Tout commence au XVIIIe siècle, plusieurs générations se sont depuis succédé.

VALORISER LA POMME DE TERRE

« En 1910, c’est le début de la Maison Bayard qui élève des ovins et développe la culture de betteraves, de céréales et de pommes de terre. En 1972, la ferme est reprise par Françoise et Bertrand Bayard. C’est en 1997 que le couple décide de se consacrer pleinement à la pomme de terre, sous toutes ses facettes. En 2007, nos parents créent un nouveau centre de conditionnement. Il est plus moderne et technologique », rappelle Adèle Bayard, la fille, diplômée de Droit rural et d’économie agricole, spécialisation marketing, qui rejoint l’aventure en 2008. Tout récemment, c’est l’aîné, Florent, qui intègre à son tour l’entreprise. L’idée de génie de cette famille de caractère, comme ses pommes de terre, est justement d’en valoriser ses qualités. Le tubercule a en effet beaucoup à offrir. Plus d’une trentaine de variétés qui se déclinent sous toutes les envies, toutes les formes, toutes les chairs et toutes les couleurs. Citons la Vitelotte Bleue du Santerre, la Lily Rose, la Corne de Gâte ou encore la Juliette des Sables de la baie de Somme servies dans de belles caisses en bois, barquettes, paniers, cartons ou sacs soignés.

UNE FAMILLE D’ENTREPRENEURS INNOVANTS

C’est ainsi que ces amoureux de la pomme de terre ont décidé de ne plus se contenter de simplement la produire, mais de diffuser leur production et celle d’un groupement d’une vingtaine d’autres producteurs autour de la marque Bayard. Avec une forte implication dans la distribution, ils font de la pomme de terre un produit de terroir innovant. « Nous sommes rigoureux sur la préservation de notre savoir-faire familial. Cultiver notre passion de la pomme de terre tout en développant la signature en France et à l’international est important pour nous. Tout comme le respect du produit et notre réactivité qui nous permettent de répondre aux demandes sur-mesure de nos clients. Parmi nos clients, nous comptons la Présidence de la République, des étoilés tels que Christophe Bacquié, Frédéric Anton ou encore des maisons réputées comme la Maison Bras (qui vient de rendre ses trois étoiles), ou encore l’ancien candidat Top Chef Pierre Sang Boyer », raconte Adèle Bayard.

PARTENARIAT POUR LA MOBILITÉ PROFESSIONNELLE

Le 6 avril dernier, la Région et Volkswagen ont signé sur le site de production du constructeur à Villers-Cotterêts un partenariat renforçant le dispositif En route pour l’emploi. Inédit en France lors de sa création en janvier 2017, cette initiative répond à la volonté de la Région de lever les freins d’accès à l’emploi.

Le principe de En route pour l’emploi est simple : mettre à disposition des demandeurs d’emploi une voiture pour se rendre sur leur lieu de travail durant leur période d’essai, moyennant 2 euros par jour [ndlr, le véhicule est assuré par la Région, à charge au bénéficiaire de payer le carburant, les dépenses de parking et de péage]. Si à ses débuts le dispositif ne s’adressait qu’aux demandeurs d’emploi, il a rapidement été étendu – en novembre 2017 – aux apprentis, et la Région a comme ambition de continuer à l’étendre à d’autres catégories de demandeurs.

SOLUTIONS ADAPTÉES

 « Acteur économique majeur et employeur important dans l’Aisne, Volkswagen Group France est fier de s’associer à cette dynamique en faveur de l’emploi, en accompagnant nos concitoyens dans leurs nouveaux besoins de mobilité », a indiqué lors de la signature du partenariat le président de Volkswagen Group France Thierry Lespiaucq. Le constructeur a ainsi renforcé le parc automobile d’En route pour l’emploi de dix voitures supplémentaires – soit 60 voitures au total. « Avec En route pour l’emploi, notre volonté est d’aider les gens qui travaillent, mais aussi de lever les freins à la reprise d’un emploi : la mobilité en est un. Avec ces dix voitures supplémentaires, nous allons pouvoir élargir les conditions du dispositif », a déclaré le président de Région Xavier Bertrand.

LE RAPPORT NOTATSENARD CHERCHE À DESSINER L’ENTREPRISE RESPONSABLE DE DEMAIN

Jean-Dominique Senard, président du groupe Michelin, et Nicole Notat, présidente de Vigeo-Eiris, ont remis leur rapport sur « L’entreprise, objet d’intérêt collectif ». Très attendues, ces propositions, qui pourraient intégrer la future loi Pacte, sont surtout incitatives.

L’entreprise n’est pas seulement au service de ses actionnaires : elle doit également prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité. Ce principe général guide les propositions du rapport « L’entreprise, objet d’intérêt collectif », remis le 9 mars dernier par Jean-Dominique Senard, président du groupe Michelin, et Nicole Notat, présidente de Vigeo-Eiris, à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Nicole Belloubet, ministre de la Justice. Destinées à alimenter le projet de loi du Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), dont la présentation en Conseil des ministres a été reportée au 2 mai prochain, les propositions du rapport ont été exposées à la presse, à Paris. Symbole fort, Jean-Dominique Senard et Nicole Notat proposent une évolution du Code civil : l’article 1833 pourrait être modifié pour préciser que « la société doit être gérée dans son intérêt propre, en considérant les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ». Et pour encourager la concrétisation de ce principe, les conseils d’administration et de surveillance des entreprises seraient chargés de la formulation et de la surveillance d’une « raison d’être » de l’entreprise. Guidant la stratégie même de l’entreprise, la « raison d’être » intègre des enjeux sociaux et environnementaux. Cette disposition devrait être inscrite dans le Code du commerce. Le Medef a déclaré regretter le « choix contraignant » que représente l’inscription de ces principes dans le Code civil, dans un communiqué. De plus, introduire une notion nouvelle comme celle de « raison d’être », dans le Code de Commerce, « va nécessiter plusieurs années avant que sa portée puisse être appréhendée complètement », estime le syndicat patronal.

RENFORCER LA REPRÉSENTATION DES SALARIÉS

Plusieurs recommandations du rapport concernent les grandes entreprises, lesquelles sont déjà soumises à des obligations légales en matière de Responsabilité socié tale des entreprises (RSE). Proposition phare du rapport, celle qui consiste à renforcer le nombre des administrateurs salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance d’entreprises de plus de 1 000 salariés, à partir de 2019, avec deux salariés à partir de huit administrateurs non salariés, et trois salariés, à partir de 13 non salariés. Le rapport préconise une période d’observation après la mise en œuvre de ce dispositif, avant, éventuellement, de l’étendre aux entreprises qui comptent entre 500 et 1 000 salariés, ou d’augmenter, ultérieurement, la proportion des administrateurs salariés dans les conseils. Lors des auditions menées dans le cadre de la préparation du rapport, « nous avons constaté que l’expérience de participation des représentants de salariés dans les organes de gouvernance de l’entreprise est extrêmement positive (…) Nous avons souhaité renforcer ce concept », a expliqué Jean-Dominique Senard. Parmi les autres recommandations qui concernent les grandes entreprises, figure notamment l’incitation à se doter d’un Comité de parties prenantes, indépendant du conseil d’administration, « aiguillon de progrès en matière de RSE », selon les mots de Dominique Senard.

DES ENCOURAGEMENTS POUR LES PME

Si certaines mesures destinées aux plus grandes entreprises font grincer des dents côté patronal, rien de tel pour les PME ou TPE. Toutefois, ces dernières ne sont pas oubliées du rapport de Jean-Dominique Senard et Nicole Notat. Mais les propositions les concernant se contentent de miser sur le volontariat et l’incitation, « en évitant de créer des contraintes réglementaires pour des structures parfois peu dotées en fonctions supports adaptées », précise le rapport. Toutefois, « rien n’empêche (…) une PME d’enclencher une telle réflexion avec l’ensemble du personnel, sans qu’il soit besoin de disposer d’un conseil d’administration pour ce faire », précise le rapport. Dans ce cadre, la plate-forme nationale d’actions globales pour la responsabilité sociétale des entreprises, créée en juin 2013 au sein de France stratégie, organisme de prospection rattaché à Matignon, pourrait jouer un rôle moteur. Cet espace de dialogue et de construction de propositions, qui regroupe pouvoirs publics, organisations représentatives des employeurs, des salariés et de la société civile, pourrait être chargé de capitaliser les bonnes pratiques en matière de RSE. La plate-forme est déjà engagée dans ce sens : elle a lancé une expérimentation de labels RSE sectoriels adaptés aux TPE, PME et Entreprises de taille intermédiaire (ETI). Une autre proposition était particulièrement attendue : celle de la création d’« entreprises à mission », qui choisissent d’utiliser une partie de leurs profits pour une autre mission que celle d’investir dans leur fonctionnement ou de rémunérer leurs actionnaires. D’après une étude de France Stratégie, « Responsabilité sociale des entreprises et compétitivité. Évaluation et approche stratégique », de janvier 2016, citée par le rapport, les performances économiques s’améliorent avec la mise en place de mesures de RSE, tout particulièrement dans le domaine des Ressources humaines et de la relation client.

UN ENJEU DE TAILLE POUR LES ENTREPRISES

Souvent considérée comme un poste de coûts pour les créateurs comme par les entreprises, la propriété intellectuelle est pourtant une protection incontournable pour de nombreux projets.

Swoosh Nike, marque sonore de la SNCF, Pitch de Pasquier… tous ont en commun d’être protégés par la propriété intellectuelle. Brevets industriels, droits d’auteur, modèles et dessins permettent en effet de sanctuariser une œuvre ou une innovation technique. « Beaucoup d’entrepreneurs voient cette protection comme un poste de coûts. Sans cette démarche un concurrent peut tout à fait utiliser une innovation, sans rien devoir au créateur. S’il y a une protection, celui-ci peut se défendre ou proposer des licences, cela devient alors une ressource pour l’entreprise », explique Xavier Przyborowski, fondateur du cabinet Laetamark, conseil en propriété intellectuelle.

BIEN SE PROTÉGER

L’Institut national de la propriété industrielle (Inpi) permet de déposer en ligne moyennant une quinzaine d’euros une enveloppe e-Soleau. Il est également possible de faire des démarches auprès d’un notaire, d’un huissier ou auprès de l’Agence pour la protection des programmes (APP) dans le cas de création d’œuvre numérique. « Cela permet de prouver que vous êtes le titulaire de l’idée, insiste Xavier Przyborowski avant de poursuivre : Il existe plusieurs lectures de la propriété industrielle. Pour un juriste, c’est un corpus de règles, pour un financier c’est un actif immatériel, pour un commercial c’est un moyen de lutter contre la contrefaçon et pour un ingénieur, une façon d’être reconnu comme un inventeur », énumère-t-il. Pour les porteurs de projet, le brevet vient même rassurer de potentiels investisseurs : c’est une ressource clé de la future entreprise qui va pouvoir être exploitée de façon unique sans craindre la copie ou une utilisation indue. « Dès que vous tenez un concept, un produit, un objet et que les premiers résultats sont encourageants, il est primordial de formaliser ses travaux », prévient Xavier Przyborowski. Avant toute démarche garder une certaine retenue autour d’un projet en construction semble primordial. « Pensez aux accords de confidentialité si vous faites appel à des entreprises. Les conseillers de l’Inpi, de BPI France ou des structures d’accompagnement sont, eux, tenus de garder le secret », note ce spécialiste de la propriété industrielle.

TIRER PROFIT DE SES IDÉES

Les bases de données de l’Inpi ou des acteurs de la propriété industrielle permettent de vérifier que l’idée en passe d’être développée n’a pas été exploitée. Il est possible cependant de faire évoluer un brevet déjà existant en apportant de nouvelles innovations aux produits. Une autre façon de tirer profit d’une invention. « La propriété industrielle est aussi une composante qui peut guider une stratégie de marque. On peut communiquer autour d’un savoir-faire mais aussi valoriser son capital grâce à celui-ci », souligne Xavier Przyborowski qui rappelle qu’un brevet est valable maximum 20 ans au niveau national.

LA FORMATION EN MODE RÉALITÉ VIRTUELLE

AgroVirtuose, née d’une réflexion en avril 2017, est une démarche collaborative pour construire la formation de demain. Agro-Sphères et Opcalim, deux acteurs de la filière agroalimentaire des Hauts-de-France, en ont détaillé les étapes lors d’une conférence de presse le 27 mars dernier chez Saint-Louis Sucre à Roye.

Les Hauts de France sont une terre d’agroalimentaire avec 78 millions de consommateurs dans un rayon de 300 kilomètres, 800 entreprises implantées, 45 000 salariés, une agriculture performante et diversifiée, une logistique multimodale ouverte sur toute l’Europe et des compétences multiples au service de la profession. C’est pourquoi Agro-Sphères, dont la mission est d’animer et valoriser la filière agroalimentaire en accompagnant les entreprises dans leur développement, s’est donnée comme but de la développer encore plus et surtout l’emploi. Claudine Lucien, sa présidente, dont l’entreprise vend de la viande et de la charcuterie, a insisté sur l’attractivité du métier : « Saint-Louis Sucre fait partie du réseau, et le projet AgroVirtuose fait partie de notre démarche, afin d’attirer les jeunes dans notre secteur. Cela fait dix ans que nous créons des emplois, mais aujourd’hui le manque de salariés se fait ressentir. Notre réseau comprend 195 adhérents. Je rappelle que c’est une filière très en avance dans les nouvelles technologies. Nous avons actuellement 100 postes à pourvoir, en ligne sur notre site. »

RÉPONSES SUR MESURE

Opcalim est un réseau territorial de proximité, dont les priorités sont d’assurer qualité et proximité aux acteurs de l’industrie agroalimentaire en développant les compétences de leurs salariés. Le réseau emploie 224 collaborateurs et conseille plus de 40 000 entreprises en France. Il offre des réponses sur mesure aux enjeux RH formation et s’occupe de collecter les fonds qui permettent, chaque année, la formation de près de 568 000 salariés en France. Emmanuel Prouvost, conseiller en formation pour les Hauts-de-France a explicité la création d’AgroVirtuose : « Ce projet est né de facteurs déclencheurs, comme l’identification de problèmes de terrain, l’hygiène et la sécurité et surtout le non intérêt porté par les salariés à la formation qu’ils jugent inefficace. Nous avons pensé à un partenariat avec Agro-Sphères afin d’accompagner les salariés et les entreprises dans le champ d’intervention des formations. Cela a fait ˝tilt˝ quand nous avons pensé à une formation en réalité virtuelle et ce qu’elle peut apporter comme plus pour affiner les besoins de plus en plus importants de sécurité et d’hygiène, et déboucher sur de la qualité. » L’objectif est que cette formation virtuelle puisse s’adresser à toutes les activités des industries alimentaires, viande, charcuterie, boulangerie, pâtisserie, poisson, légumes, fruits, etc. La charte de la filière alimentaire signée en mai 2017 comporte trois axes : sécurisation des parcours professionnels et renforcement des compétences des salariés, amélioration des conditions de travail et de la qualité de vie au travail et bien sûr le développement de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. De nombreux tests de l’application AgroVirtuose ont déjà été effectués et la livraison du logiciel est prévue en septembre 2018. Chaque personne porte un bracelet au bras qui donne au fur et à mesure les résultats des actions demandées – qu’elle voit en direct.

NEUF ENTREPRISES ADHÉRENTES

Bigard a six implantations dans le Nord et en Picardie, Frédéric Savary, son responsable a rappelé : « Nous sommes la première entreprise adhérente à Agro-Sphères, qui a comme principal objectif l’hygiène et la sécurité. J’ai souhaité participer à ce projet pour montrer aux jeunes l’intérêt de ce nouveau type de formation. » Didier Hue, dirigeant des Salaisons du Terroir à Villers-Bretonneux le rejoint : « Dans notre métier, il faut trouver des jeunes pour agrandir l’entreprise, donner un côté moderne à notre activité. Ce projet y contribuera et aura beaucoup d’avenir. » Denis Bourret, directeur du site Saint-Louis Sucre a de son côté déclaré : « La sécurité est la valeur fondamentale de notre entreprise, la formation en mécanique et électricité est essentielle dans notre métier, ce nouveau type de formation va permettre des progrès considérables et va nous permettre d’embaucher des personnes très qualifiées. » « Cet outil innovant va devenir indispensable pour les jeunes et nouveaux salariés. Il est de plus en plus difficile d’embaucher dans le secteur agroalimentaire. C’est un enjeu central », a conclu Dominique Braoudé le président d’Opcalim. Le matériel coûte entre 2 000 et 4 000 euros plus le coût de développement pris en charge par l’entreprise. Une séance de formation a une durée de 25 minutes par salarié.