Economie

Les experts-comptables lancent un appel à la mobilisation pour la relance

« Tous pour la relance et l’emploi. » C’est le mot d’ordre du mouvement lancé par les experts-comptables, qui se sont beaucoup impliqués dans la gestion de la crise auprès des PME et TPE et restent mobilisés à leurs côtés dans la sortie de crise.

Très investis dans la gestion de la crise, les experts-comptables restent mobilisés auprès du Gouvernement et des entreprises à l'heure de la relance. (c)AdobeStock
Très investis dans la gestion de la crise, les experts-comptables restent mobilisés auprès du Gouvernement et des entreprises à l'heure de la relance. (c)AdobeStock

« Pour nous, experts-comptables, il est important que nous soyons investis à la fois dans les enjeux de relance, mais aussi dans des enjeux sociétaux », a déclaré le président du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables (CSOEC), Lionel Canesi, le 3 juin dernier lors d’une conférence de presse, avant de rappeler les récents engagements pris par la profession avec la signature de la convention "un jeune une solution” avec la ministre du Travail, Élisabeth Borne, et de la convention sur l’inclusion des personnes en situation de handicap, portée par la secrétaire d’État, Sophie Cluzel.

Au cœur du dispositif de sortie de crise

La profession est également très impliquée dans le dispositif de sortie de crise présenté le 1er juin dernier par le ministre de l’Économie, Bruno le Maire, et le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti.1 « Nous avons été dans la co-construction avec les ministres » et « quelques-unes de nos 50 propositions ont été reprises dans ce plan », a souligné Lionel Canesi.

Dans le cadre de ce dispositif, les experts-comptables s’engagent notamment à réaliser des diagnostics « pour pouvoir déclencher un rendez-vous avec les entreprises qui sont potentiellement en difficulté », y compris « des diagnostics gratuits pour les entreprises qui n’ont pas la chance d’avoir un expert-comptable ».

"On voit bien que le "quoi qu’il en coûte" a fonctionné"

Analyser l’évolution du bénéfice et de l’endettement

« Est-ce que le "quoi qu’il en coûte" fonctionne ? Est-ce que toutes les aides déversées dans les entreprises fonctionnent ? » C’est pour répondre à ces questions que l’Ordre des experts-comptables a réalisé une étude basée sur l’analyse de près de un million de bilans 2020 dont a été extrait un échantillon de 265 000 TPE et PME.

Objectif : évaluer l’évolution de l’Excédent brut d’exploitation (EBE) et de l’endettement de ces entreprises, au-delà de leur seul chiffre d’affaires. Il en ressort « un chiffre d’affaires global en baisse de 6,6% sur l’année 2020 » et « un bénéfice en hausse de 2% » alors que « l’endettement a bondi de 9,2% ». « On voit bien que le "quoi qu’il en coûte" a fonctionné, que l’économie et les salariés ont été protégés pendant cette crise », a relevé Lionel Canesi, même si les situations sont très disparates en fonction des secteurs et des régions.

Des situations contrastées

Dans l’hôtellerie, les cafés et la restauration, par exemple, le chiffre d’affaires global a enregistré une baisse de 29,2%, mais le résultat est en hausse de 10% et l’endettement de 16%. Dans le secteur de la construction, où le chiffre d’affaires est en baisse de 3,9%, les bénéfices accusent un repli de 5,1% et le niveau d’endettement est en hausse de 23,2%.

Le commerce affiche pour sa part un recul de 3% du chiffre d’affaires global, mais un bénéfice en hausse de 15,8% et un endettement qui s’est accru de 16%. Très sinistré, le secteur de l’organisation de salons et congrès et d’évènementiels a lui cumulé une chute de près de la moitié de son chiffre d’affaires global (49%) et de 35,7% des bénéfices, alors que son endettement a augmenté de 8,9%.

Après les aides massives, une relance cousue-main

Maintenant que le temps de la relance est arrivé, il faut « préparer la fin des aides » en offrant notamment « la possibilité d’étaler ses dettes sur une durée un peu plus longue » et en faisant « du cousu-main pour accompagner les entreprises qui en ont besoin, et qu’il y ait moins d’effets d’aubaine pour celles qui n’en ont pas besoin », a poursuivi le président du CSOEC. « Il faut aussi un choc de consommation : les Français ont beaucoup épargné et il faut flécher cette épargne vers les commerces de proximité et (...) aussi faire une campagne sur le patriotisme économique – consommer français, consommer européen, c’est aussi sauver les emplois des Français », a-t-il ajouté, avant d’inviter tous les acteurs économiques à se mobiliser pour la relance et l'emploi.

1 Voir notre article Sortie de crise : un nouveau train de mesures, ciblé notamment sur les plus petites entreprises.