Bâtiment

La Région renforce son engagement auprès de la FFB

Le secteur du bâtiment fait partie des locomotives économiques de la région. Cependant, le BTP souffre de maux parfois antérieurs à la crise de la Covid-19. Pour remettre l'économie sur de bon rails, la Région et la Fédération du bâtiment (FFB) Hauts-de-France ont récemment signé une charte partenariale de bonnes pratiques.

Signature de la charte en présence de Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France, François Delhaye, président de la FFB des Hauts-de-France, et Benoit Loison, président de la FFB 59-62.
Signature de la charte en présence de Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France, François Delhaye, président de la FFB des Hauts-de-France, et Benoit Loison, président de la FFB 59-62.

« Quand le bâtiment va, tout va » : l’expression est devenue courante. Mais le président de la Région Hauts-de-France Xavier Bertrand a décidé de la remanier : « Du moins, on va tout faire pour que ça aille… », a-t-il précisé. Dans ce sens, il a signé fin novembre une charte partenariale de bonnes pratiques avec la Fédération française du bâtiment (FFB) Hauts-de-France. L’initiative est jusqu’alors inédite en France.

Il est vrai que la santé du BTP n’a pas attendu la pandémie pour décliner. Déjà en 2019, on relevait des difficultés de recrutement et une hausse du coût des matériaux, contre une faible progression des prix du bâtiment. Ainsi, malgré une bonne tenue de l’activité, les marges du secteur n’étaient en moyenne que de 2%.

L’annonce du confinement en mars dernier, avec un arrêt brutal de toute activité, n’a fait qu’empirer la situation. Les premières estimations de la FFB conduisent à envisager une baisse d’activité de -15 à -16% en 2020, dans toute la France comme dans les Hauts-de-France. À cela s’ajoute un surcoût global supérieur à 10%, concernant par exemple l’achat de masques et de gel hydroalcoolique, la désinfection des chantiers ou encore les frais de transport démultipliés… Des mesures non négligeables ont été mises en place pour soutenir le métier (indemnisation du chômage partiel, fonds de solidarité, Prêt garanti par l’État…), mais elles ne seront aucunement suffisantes pour relancer rapidement la machine.

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Le bâtiment était déjà impacté avant la crise sanitaire.

Pour maintenir la trésorerie et l’emploi

Raccourcissement des délais de paiement, allégement des pénalités de retard sur les délais d’exécution d’un chantier, versement d’une avance augmentée à 30% minimum du montant initial du marché, ou encore baisse du montant de la retenue de garantie de la commande publique à 5% maximum du montant initial du marché… Pour accélérer la relance dans ce domaine, la charte en question énumère des engagements de taille, avec la trésorerie comme « nerf de la guerre », aime à faire remarquer Benoît Loison, président de la Fédération française du bâtiment 59-62.

« Les entreprises du bâtiments sont des entreprises de moins de dix personnes qu’il faut soutenir »

Xavier Bertrand le concède, ces mesures reprennent des idées soufflées par la FFB depuis bien longtemps. « Mais rares sont les fois où nous avons pu nous poser calmement autour d’une table pour essayer de comprendre », s’excuse-t-il.

Le président de la Région tient d’autant plus au bâtiment qu’il considère le secteur comme vital pour l’économie du territoire. « Il représente 9,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 30 000 entreprises, dont 90% d’artisans, et plus de 150 000 emplois qualifiés non délocalisables, rappelle-t-il. (…) Le maintien de l’emploi est crucial, mais il dépend des carnets de commandes… » « Jusqu’ici les effectifs ont été maintenus dans les Hauts-de-France même si la productivité est en baisse. Mais l’équation commence à être difficile à résoudre », confirme Benoît Loison.

En plus de la Covid-19, l’année 2020 a été une année difficile en raison de la période électorale. Cette période passée, la Région cherche à inciter les collectivités à mettre du leur pour relancer les commandes. Un enveloppe de 0,5 milliard d’euros supplémentaires sera réservée au financement de nouveaux chantiers, hors bâtiments sous la responsabilité de la Région. « Et il ne faudra pas faire appel qu’aux grands noms. Les entreprises du bâtiments sont majoritairement des entreprises de moins de dix personnes qu’il faut soutenir », prévient Benoit Loison.

Xavier Bertrand invite de son côté les professionnels du BTP à saturer leur carnet de commandes si nécessaire, pour augmenter les recrutements et les formations. « Un logement assure 2,1 emplois pendant 15 mois », rappelle-t-il.

Pour maintenir une cohérence dans ses engagements, le président de Région a également précisé que des décisions semblables seront prochainement prises dans le domaine des travaux publics.