Restauration

L’Umih 80 et la préfecture de la Somme distribuent 5 000 protèges-verres

Fin septembre, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) 80 et la préfecture de la Somme ont mené une action de prévention auprès de 40 établissements amiénois. L’objectif : apporter une réponse à des exploitants démunis devant la crainte de leurs clients d’être drogués à leur insu.

Bruno Asnar et Aristid Gneba Dossiao, gérante du Baobar. ©Aletheia Press/ DLP
Bruno Asnar et Aristid Gneba Dossiao, gérante du Baobar. ©Aletheia Press/ DLP

« Le projet a été initié par Christophe Duprez [ndlr, ex-président de l’Umih 80] et lorsque j’ai repris la présidence en janvier dernier, nous avons évidemment poursuivi cette action en partenariat avec la préfecture de la Somme », explique Bruno Asnar, gérant du Port Saint-Leu et Président de l’Umih 80.

Alors qu’une dizaine de restaurateurs, adhérents ou non de l’organisme, se retrouvent place du Don à Amiens, tous s’apprêtent à partir à l’assaut d’une quarantaine d’établissements de la ville. Le but ? Distribuer quelque 5 000 protèges-verres et autant d’affiches de prévention. Une réponse à la crainte grandissante des consommateurs d’être drogués à leur insu. Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 1 300 plaintes pour « suspicion de soumission chimique » ont été enregistrées en France cet été.

Répondre à une inquiétude

« Je trouve ça vraiment super comme initiative, ça répond à un vrai besoin. Nous étions d’ailleurs en train de chercher un fournisseur pour pouvoir proposer nous-même des protèges-verres à nos clients », confie Angélique Gode, patronne du Moon, boîte de nuit du quartier Saint-Leu à Amiens. 

« Nous allons les distribuer dès ce soir », se réjouit-elle. Comme Angélique Gode, beaucoup de professionnels cherchaient une réponse à un phénomène qui touche principalement les jeunes adultes et les femmes. À Amiens, même si des témoignages ont circulé et des analyses effectuées sur plusieurs personnes, il reste à ce jour très difficile de chiffrer précisément le nombre de victimes.

Laurence Flamand, gérante de la Brasserie de l’Horloge et trésorière de l’Umih 80. ©Aletheia Press/ DLP

« Nos clients sont inquiets et nous nous devons d’apporter une solution : ils doivent se sentir en sécurité dans tous nos établissements », pointe Bruno Asnar. Pour porter ce projet, l’Umih 80 a pu compter sur la préfecture de la Somme, qui à travers la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) peut cofinancer ce type d’initiative. Dans ce cas précis, l’État a pris en charge 50% des 8 000 euros investis pour la réalisation des 5 000 protèges-verres et des affiches.

Faire confiance aux professionnels

« Les exploitants sont les meilleurs ambassadeurs, ce sont eux qui vont distribuer à leurs clients ces protèges-verres et qui vont faire de la prévention, souligne Bruno Asnar qui poursuit : L’Umih 80 ou même la préfecture ça ne dit pas forcément grand-chose aux jeunes, par contre ils font confiance à la personne qu’ils ont en face d’eux, qui devient un prescripteur. » Une relation directe qui doit faciliter la prise de conscience.

Gaëlle Briand de l’Umih 80 et Angélique Gode du Moon. ©Aletheia Press/ DLP

« Avoir un protège-verre va devenir un réflexe, c’est un objet que l’on glisse dans son sac et que l’on utilise à chaque sortie. Il suffit de l’enfiler sur le haut du verre et d’y glisser une paille. C’est un geste simple pour lutter contre les intrusions de substances », abonde Laurence Flamand, gérante de la Brasserie de l’Horloge et trésorière de l’Umih 80.