Plan de relance

Xavier Bertrand sollicite les élus axonais

Le président du Conseil régional poursuit ses réunions de travail sur les territoires pour présenter le plan de relance en Hauts-de-France avec ce seul mot d’ordre : aller vite. A Soissons, Xavier Bertrand a sollicité l’aide des maires et présidents des intercommunalités du département de l’Aisne pour relancer l’investissement public mais aussi faire passer le message aux entrepreneurs locaux.

Exercice de pédagogie pour le président de Région et les intervenants.

Réunis le lundi 31 août dernier dans l’auditorium de la Cité de la danse et de la musique à Soissons, les maires et présidents des intercommunalités du département de l’Aisne ont écouté Xavier Bertrand, décliner le plan de relance régional baptisé « Ensemble, on se bat pour la relance en Hauts-de-France ». Le président de Région leur a demandé de l’aider à mettre en place un plan de relance « concret et efficace » dans un délai rapide, arrêté à 18 mois. Et pour que le dialogue soit ouvert, Xavier Bertrand a commencé « par balayer devant sa porte » : « À la Région, nous avons pris de mauvaises habitudes. Nous allons simplifier les procédures et réduire les délais. Nous devons aller vite. Un dossier complet sera instruit dans un délai d’un mois. »

Autres engagements pris par le président de Région, « régler plus rapidement les entreprises » et « élargir les conditions de la commande publique ». Concernant la commande publique, le président a réaffirmé que toute collectivité qui entamerait des travaux avant le 31 mars 2021 bénéficierait d’un bonus de 10% sur le montant de la subvention, et ce, pour « donner le plus rapidement possible du travail aux entreprises locales et régionales ». « La commande publique est une préoccupation parce que c’est un levier essentiel », a confirmé Jacques Krabal, élu du Sud de l’Aisne avant d’attirer l’attention sur la question du pays d’origine « des fournitures ». « N’est-il pas envisageable de conditionner les 10%  de bonus de subvention au respect du recours au circuit court en matière de main d’œuvre et de fournitures ? », a suggéré ce dernier au président de Région. 

« Il faut être très attentif aux petites structures »

Ne laisser personne sur le bord de la route 

« Les grosses entreprises n’ont pas de souci, elles sont entourées. Les petites entreprises pèsent moins dans l’économie. Une petite entreprise, voire une très petite entreprise est souvent seule. Il faut être très attentif aux petites structures, elles représentent cinq ou six emplois mais des emplois non délocalisables et cinq ou six emplois multipliés par le nombre de structures, ce n’est pas négligeable », a exposé Olivier Engrand, conseiller régional et par ailleurs chef d’entreprise, rappelant ainsi aux élus des intercommunalités qu’ils doivent être des interlocuteurs « présents et attentifs ». Pour sa part, Christophe Petit, artisan boucher à Soissons, nouvellement élu président régional de l’U2P, a présenté le tableau de la situation économique à la sortie de la période de confinement : « Pour 20% des entreprises, ça se passe très bien, pour 20% ça se passe très mal et pour les 60% restants, ce sont les entreprises pour lesquelles nous devons être prêts à agir, à les aider. »


Cinq axes et une enveloppe de 1.3 milliard d’euros

Le plan de relance repose sur cinq axes :

  1. Sauver les emplois et consolider le tissu économique en région : 25 millions d’euros.
  2. Amplifier la dynamique troisième Révolution industrielle pour une économie régionale décarbonée et résiliente : 85 millions d’euros.
  3. Accompagner les personnes le plus touchées par les conséquences de la crise : 482 millions d’euros.
  4. Renforcer la cohésion territoriale régionale par l’investissement public : 470 millions d’euros (hors infrastructures de transport et rénovation urbaine).
  5. Renforcer l’attractivité régionale au service du dynamisme et de la cohésion sociale des territoires : près de 34 millions d’euros.

« Où sont les apprentis ? »

À plusieurs reprises durant le temps d’échange, la question de l’apprentissage est revenue en débat. « Où sont les apprentis ? » La question a été posée par Christian Petit, président régional U2P. « Alors que tous les feux sont au vert, que les mentalités évoluent au niveau des parents et des enseignants, la difficulté viendrait du délai d’enregistrement du contrat d’apprentissage par l’Opco qui peut aller jusqu’à deux mois », a regretté ce dernier. Un constat partagé par un intervenant dans la salle qui a souhaité rappelé que « 30% des apprentis deviennent de futurs chefs d’entreprises » et qu’il faut donc veiller à assurer la relève. Un maire élu d’une commune rurale a soulevé le problème de la mobilité, les jeunes en apprentissage n’ont pas toujours l’âge d’avoir le permis.


Et après ?

À l’issue de la tournée des territoires, pour la mi-septembre, Xavier Bertrand a annoncé « une synthèse des nouvelles idées et nouvelles politiques qui sera diffusée auprès des maires » et la mise en place d’une procédure simplifiée : « Pour nous contacter, un numéro unique, un site Internet unique. Votre dossier sera pris en charge dans les 48 heures et vous serez recontactés. Des permanences seront assurées département par département. Vous pouvez également vous rapprocher des antennes de la Région sur les territoires. »

 

 

Xavier Bertrand aux élus : « Vous nous avez aidés, la Région vous aide. »