Artisanat

Dans la Somme, les Moulins Riquier tournent bien

Le dernier moulin en activité dans le département se trouve à Cahon-Gouy, près d’Abbeville. Il est géré par la même famille depuis 1818. Les clients sont des particuliers, des revendeurs et des boulangers.

Antoine Riquier est l'héritier de 13 générations.

À Cahon-Gouy, inutile de chercher après la roue qui entraîne le moulin à farine. Il fonctionne à l’électricité depuis 1961. C’est en 1818 que le premier moulin Riquier se serait mis à fonctionner mais la famille serait meunier dans la commune depuis 1640. L’actuel, de 18 m sur trois étages, a été reconstruit en face du premier moulin en 1905. Il a subi plusieurs modernisations. Cet automne, datant de l’origine, tout le circuit du blé de la fosse de réception jusqu’au moulin sera refait. Deux fermetures de quelques jours sont programmées. Les conditions de travail et de sécurité des trois salariés seront améliorées.

S’adapter à la demande
Antoine Riquier est l’héritier de 13 générations. Passionné depuis l’enfance, il a tout naturellement pris la relève. Aujourd’hui, il est à la tête du seul moulin encore en activité dans la Somme : « C’est tout un ensemble, explique-t-il. Il y a eu des regroupements, des faillites… Nous avons misé sur la qualité, sur une gestion sérieuse en restant indépendants, artisanaux… Nous avons aussi une relation proche avec nos clients, car tout est géré en interne. Nous sommes flexibles, réactifs. En cas de rupture, nous livrons dans les 24 heures. Et puis, il y a la consommation de pain qui beaucoup diminué et a mis en péril les grosses structures… »
Il y a eu aussi l’adaptation à la demande du marché. Dès 2004, les Moulins Riquier ont surfé sur la mode du pain fait maison en proposant du conditionnement en 1 et 5 kg. Après cinq ans de grosse activité, les achats se sont stabilisés. Une dizaine de farines (sans sel) et aux autres céréales sont ainsi proposées ainsi qu’une vingtaine de préparations pour pains spéciaux (avec sel) dont le diabemix pour les diabétiques, et des préparations sucrées (brioche au beurre, cake myrtille, pain d’épice, spéculoos… ). Les particuliers peuvent venir en semaine lors des horaires d’ouverture.

« Nous avons misé sur la qualité, sur une gestion sérieuse en restant indépendants, artisanaux »

De nouveaux clients
« Nous avons plus de clients. Nous avons toute la gamme, ce n’est pas le cas pour notre dizaine de revendeurs dans la Somme, dont Locavrac à Abbeville, et le Pas-de-Calais ou de Terroirs des Hauts-de-France qui livre des distributeurs », commente-t-il.
90% du chiffre d’affaires des Moulins Riquier est réalisé avec la vente de farine, en sacs de 25 kg, à plus de 80 boulangers dans les Hauts de France. Ils apprécient que les blés soient 100% de la Somme (les bonnes années 40% de la ferme familiale, complété avec les coopératives et le négoce). Une trentaine de boulangers en profitent pour fabriquer l’avocette, une baguette unique de Picardie Maritime où les blés y sont cultivés.
Chaque année, entre 1 300 et 1 500 tonnes de blés sont nécessaires. Ils sont assemblés entre eux. Le succès est donc toujours au rendez vous pour les Moulins Riquier qui ne cessent de proposer des nouveautés. Une baguette à base notamment de graines de chia et de courge est annoncée pour la rentrée. Une surprise sucrée salée attend « également les gourmets pour les fêtes de fin d’année.

 

90% du chiffre d’affaires des Moulins Riquier est réalisé avec la vente de farine.
L’avocette, une baguette unique de Picardie Maritime.