Série d'été

Les Volailles de l’Ourcq… à l’air libre dans la vallée

Il y a trois ans, Thomas Vecten a créé Les Volailles de l’Ourcq pour valoriser la production de la ferme familiale. Pari réussi. Ses volailles, qui sont élevées à l’air libre, sont appréciées des restaurateurs et des particuliers.

Édrolles. Un hameau d’une vingtaine d’habitants, commune de Billy-sur-Ourcq qui compte environ 150 habitants. Un village du sud axonais, entre Soissons et Château-Thierry, situé dans la magnifique vallée de l’Ourcq qui constitue la frontière géographique naturelle délimitant le Soissonnais au Nord, de l’Orxois au Sud et dont coule la rivière du même nom. C’est dans cet hameau que Thomas Vecten a grandi, aux côtés de ses parents, agriculteurs-céréaliers. Ce n’est que pour que ses études supérieures qui l’a quitté pour étudier dans une École de commerce à Lille. « Je me souviens que mes parents me disaient que produire, c’est bien, mais il faut aussi savoir vendre ».

C’est en se souvenant de ce conseil que Thomas Vecten est parti faire ses armes dans le secteur privé avant de revenir à ses racines : « J’ai eu un déclic, j’avais envie de revenir aux sources ». En janvier 2017, il décide de se lancer dans un projet d’une nouvelle activité… la sienne. Il lui aura fallu un peu plus de six mois pour que son projet se réalise.

Des volailles appréciées

Les volailles sont élevées à l’air libre.

Et c’est un pari réussi : en septembre 2017, il a crée Les Volailles de l’Ourcq. L’un des objectifs du projet est de valoriser la production de la ferme que sont les céréales et les volailles. « Cela fait 20 ans que j’élève des volailles à la ferme pour des besoins personnels. C’est mon grand-père qui m’a transmis cette passion », se souvient Thomas Vecten pour qui son projet a toujours mûri dans son esprit. Pour lancer son élevage de volailles, Thomas Vecten a pu compter sur ses parents et sa famille qui l’on soutenu, ainsi que sur la Région qui a apporté une aide pour le développement de son activité. Poulets, pintades, chapons et dindes gambadent toute l’année à l’air libre dans une pâture jouxtant la ferme.

Du côté du quotidien, la semaine de l’entrepreneur est bien organisée. Elle débute le lundi,  par la sélection de la volaille qui est ensuite envoyée à l’abattoir. Le lendemain, il récupère ses produits frais qui s’empresse de les apporter à ses clients professionnels parisiens qui sont des épiceries fines ou bien encore des restaurateurs.

C’est grâce à son réseau de connaissances créé et développé au cours de ses précédentes expériences professionnelles, au bouche à oreilles et à l’adhésion au réseau Écotable, que Thomas Vecten vend ses produits à des professionnels parisiens qui apprécient ses volailles élevées en plein air pendant environ 120 jours (bien loin des 80 jours habituellement constatés) et avec de l’alimentation sans OGM, sans soja et sans antibiotique. Ce qui leur donne un goût unique… un produit atypique et extraordinairement gustative. « Ils achètent mes produits au fil des saisons », précise Thomas Vecten qui a installé un petit moulin dans la ferme pour produire, à partir des céréales de la ferme, l’alimentation nécessaire à l’élevage.

Valoriser la production

Les particuliers sont aussi friands des produits de Thomas Vecten. Ils se rendent à sa boutique installée à la ferme et ouverte du jeudi au samedi. Le client y trouve de la volaille de chair traditionnelle (poulets, pintades) et festive (chapons, dindes), des œufs, du poulet à la découpe (suprêmes et cuisses sous vide par lot de deux). L’éleveur est aussi présent sur les marchés de Pierrefonds et de Ermenonville une fois par mois. Ces produits sont aussi vendus dans des épiceries fines de l’Aisne et, depuis peu, dans le magasin d’agriculteurs Les Fermes du coin, nouvellement créé à Soissons.

En transformant le produit de base, en rillettes de volailles ou en confit de gésiers, Thomas Vecten valorise sa production.

Thomas Vecten propose aussi des plats préparés à partir de sa production. Il travaille avec la Conserverie d’Ornelle, située à Luzoir en Thiérache de l’Aisne. Cette dernière fabrique des plats à base de volailles tels que des rillettes de volailles, du confit de gésiers ou encore du pâté de foie. La transformation de ces produits permet ainsi de valoriser sa production.

Avec le confinement de ces derniers mois, Thomas Vecten a vu l’arrivée d’une nouvelle clientèle soucieuse de consommer localement. L’occasion de montrer le savoir-faire des Volailles de l’Ourcq et de nouer de nouveaux liens. Mais avec le déconfinement, certains de ces clients ont repris leurs habitudes d’avant la Covid-19. Mais pour Thomas Vecten, le comportement du consommateur change et cette tendance devrait perdurer dans les mois et les années à venir. Côté projet, Thomas Vecten, qui fêtera ses 30 ans en août, reprendra la ferme familiale et poursuivra l’aventure dans ce bel hameau.

La ferme est au cœur de la Vallée de l’Ourcq.