Sauvegarder l'article
Identifiez vous, pour sauvegarder ce article et le consulter plus tard !

Les copains d'Thiérache développent la vente en circuits courts

Ouverte à Guise en 2016, la boutique associative Les copains de Thiérache a vocation à redynamiser le centre-bourg, notamment en valorisant les produits locaux et bio. Un deuxième site a été inauguré à Hirson en fin d’année 2019 et les projets ne manquent pas pour développer l’activité en réseau.

Depuis quatre ans, touristes et habitants du cru trouvent dans la boutique située au centre-ville des produits locaux ou bio.
Depuis quatre ans, touristes et habitants du cru trouvent dans la boutique située au centre-ville des produits locaux ou bio.

Aujourd’hui présidée par Virginie Lespinasse, l’association Les copains d’Thiérache compte une quarantaine d’adhérents qui partagent tous la même envie de valoriser les atouts de cette région du nord de l’Aisne et qui s’étend jusqu’en Belgique. « Nous proposons en boutique quelques produits belges comme de la bière Chimay, mais il s’agit de petits brassins, des cuvées spéciales », explique Anthony Grossot, gérant de la boutique associative de Guise depuis 2018.

Anthony Grossot assure la gestion de la boutique associative de Guise depuis deux ans.

Des produits belges qui cohabitent dans les rayons avec une gamme de produits locaux ou bio, fromage de chèvre, terrines, sirops, cidres, bières, confitures de fruits, confiture de lait… Des productions locales qu’Anthony Grossot s’efforce de découvrir pour répondre à la demande des clients mais aussi soutenir le monde paysan dont il est lui-même issu. « Nous essayons de faire travailler le maximum d’agriculteurs locaux, de les rémunérer au juste prix pour qu’ils puissent vivre de leur métier. C’est très important et nous sommes tous gagnants dans la démarche. Nous avons ouvert un deuxième point de vente à Hirson car les consommateurs recherchaient ce service, les clients peuvent y trouver les mêmes produits qu’à Guise mais pour certains produits comme le jus de pomme par exemple, ce ne sera pas le même producteur. Nous nous approvisionnons vraiment au plus proche, nous travaillons également avec le CCAS de la ville d’Hirson qui possède un jardin solidaire ».

« Il s’agit de sensibiliser les consommateurs à l’alimentation, à l’agriculture respectueuse de l’environnement et à l’artisanat, aux circuits courts et aussi aux richesses touristiques du territoire »

Durant la période de confinement, Anthony Grossot a constaté que les consommateurs ont pu « redécouvrir les bonnes choses et opter pour une alimentation de meilleure qualité en achetant les produits des petits producteurs. Le problème c’est que, de leur côté, les petits producteurs n’étaient pas forcément prêts à répondre à une demande plus forte. Il est à espérer que les consommateurs continuent de se nourrir en achetant dans les petits commerces ».

Une initiative collective.

Développer le réseau

Depuis sa prise de fonction, Anthony Grossot développe le panel de services proposés et notamment ceux offerts aux adhérents de l’association. Ces derniers peuvent depuis un an bénéficier du service de portage de légumes bio sur commande. « Le mercredi, ils reçoivent un mail leur proposant la liste des légumes de saison disponibles, ils choisissent et passent commande des produits de leur choix qu’ils récupèrent le vendredi, explique-t-il. Ce service connaît un réel succès ». Anthony Grossot valorise également le point “relais colis” mis en place dans la boutique car pour lui cette activité doit également être organisée sur le mode du circuit court. Pour lui, « regrouper en un seul endroit l’ensemble des colis, c’est économiser les kilomètres ». Le jeune gérant multiplie les contacts avec d’autres revendeurs qu’il voudrait « entraîner dans l’aventure » pour travailler en réseau. L’idée de proposer des fromages à la coupe et des produits en vrac fait également son chemin.

 


Des produits à base de lapin du GAEC de la Vieille Grange

Le GAEC de la Vieille Grange, situé à Sains-Richaumont, fournit la boutique Les Copains d’Thiérache en produits à base de lapin : boudins blancs, saucisses, crépinettes, rôti, plats cuisinés… Ce point de vente permet au producteur de faire connaître sa gamme de produits et de vendre la production. « Nous produisons de la viande bovine charolaise et de lapin depuis 28 ans », explique Valentin Mulet, avant de poursuivre : « Nous possédons 120 mères lapines, de race Hycole. C’est une race créée dans la région de Cambrai. Nous connaissons la société depuis longtemps. Avec 6 à 7 000 lapins élevés par an, nous sommes un petit élevage, en moyenne un élevage en France possède 600 mères. Le GAEC est l’un des derniers producteurs de l’Aisne qui possède un abattoir et un laboratoire de transformation. Nous proposons le lapin transformé, ce qui nous permet de toucher une typologie intéressante de clients. Nous ne vendons qu’en vente directe, nous avons été parmi les premiers à le faire sur l’exploitation. Notre point de vente est ouvert en semaine mais nous écoulons la production essentiellement lors des tournées. Une fois par mois, sauf durant l’été parce que nous sommes pris par la moisson, nous livrons entre 70 et 100 clients sur le département de l’Aisne, et sur Reims. Les clients passent commande par téléphone ou en utilisant le formulaire sur le site Internet. Pour compléter l’offre, nous proposons également de la viande de porc et du mouton, produits par des producteurs voisins et des volailles d’un producteur du sud du département ».


Le sirop de fleur de sureau, Fleur sur ô Hollybel

(c)Louise Allavoine

Depuis la ferme familiale du Houx, implantée dans le village d’Housset, Clotilde Brown rêve de donner au sureau ses lettres de noblesse : « Je souhaite prouver aux gens d’ici que le sureau n’est pas qu’une simple fleur de haie, qu’en Thiérache et dans l’Aisne plus généralement, il est possible de confectionner des produits haut de gamme. La fleur de sureau peut être mise en avant dans beaucoup de domaines. J’ai voulu me démarquer en produisant un sirop haut de gamme, versatile qui peut être utilisé dans tout, consommé en sirop avec de l’eau pétillante, en cocktail, dans une salade de fruits… mais également utilisé en pâtisserie ». Clotilde Brown s’est lancée dans la production du sirop de fleurs de sureau il y a quatre ans. « J’ai travaillé durant dix ans en Angleterre et en Europe du centre. Là-bas, dans les magasins, vous trouvez des mètres linéaires de produits à base de sureau. En revenant ici, je me suis aperçue qu’autour de la ferme on trouvait du sureau. L’idée est partie de là. Peu de producteurs existent en France, c’est une niche à exploiter », raconte la mère de famille, ingénieur en agriculture de formation. La boutique Les copains d’Thiérache de Guise sera la première à vendre Fleur sur ô, le sirop de fleurs de sureau Hollybel. « C’est un produit d’appel. Je vends autant aux touristes qu’en consommation locale, les petites bouteilles partent comme des petits pains. À partir du moment où un produit est installé, il se vend bien », raconte Clotilde Brown. Cette dernière commercialise aujourd’hui son sirop via les épiceries mais souhaite également le faire découvrir aux restaurateurs. Certains l’ont déjà inscrit à la carte de leur établissement : cocktail, sorbet, pâtisserie… Celle qui au démarrage de l’activité assurait aussi les livraisons, a recours aujourd’hui aux plates-formes locales ou régionales de producteurs pour approvisionner les commerces.

Un nouveau sirop

« J’ai augmenté les points de vente et profité de la période du confinement pour mettre en place la vente par Internet. Mais je dois faire avec l’annulation des gros salons de printemps », confie Clotilde Brown. La crise sanitaire aura également eu pour conséquence de retarder la livraison de la nouvelle cuve. Installé dans le labo aménagé l’an dernier dans l’ancien manège de la ferme, cet équipement doit permettre de développer la capacité de production de sirop de fleur de sureau mais également du tout nouveau produit, le sirop de cerisiers fleurs. Dans ce laboratoire, 8 000 hectolitres de sirop ont été produits cette année. « La période de récolte a été très courte, trois semaines en mai. Je cueille les fleurs le matin puis je les fais infuser 24 heures dans un sirop blanc, à base de sucre de canne local et de citron bio italien », raconte-t-elle. « J’ai à cœur de remettre en service les bâtiments de l’exploitation non utilisés. C’est un patrimoine et il est important d’y maintenir une activité sinon on les perdra », rajoute Clotilde Brown.

(c)Louise Allavoine