Économie sociale et solidaire

Les Ateliers de l’Îlot : une insertion professionnelle proactive

À Amiens, l’Îlot, implantée à la Zac Montières, est une association de l’économie sociale et solidaire, œuvrant dans l’insertion professionnelle des personnes les plus éloignées de l’emploi, notamment celles sorties de prison ou sous main de la justice. C’est aussi un restaurant, un garage et une menuiserie, ouverts à tous.

Cette histoire de plus de 50 ans mise sur un projet individualisé et certifiant pour accompagner les résidents vers le retour à l’emploi et la confiance en soi ainsi que vers le réapprentissage des codes sociaux et des règles de l’entreprise. C’est une mission portée par une équipe de professionnels bienveillante soutenue par de nombreux partenaires locaux, étant bien implantée dans le paysage de l’insertion professionnelle. « S’engager dans l’ESS, c’est un autre modèle sociétal et économique, confie François Schiffrine, responsable adjoint des Ateliers de l’Îlot d’Amiens. Nous travaillons au quotidien pour donner toutes les chances à ces personnes de se réinsérer professionnellement et socialement. Notre ambition, c’est la qualité de ce que nous proposons et la réinsertion positive. Cela passe aussi par un accueil que nous souhaitons inconditionnel. Pour les personnes sans solution d’hébergement, nous leur offrons un toit dans un de nos centres d’hébergement et de réinsertion sociale ou dans notre CHU d’Amiens pour les situations d’urgence. »

Créée par un ancien détenu, l’association les Ateliers de l’Îlot accueille, de par sa vocation première, des personnes sorties de prison ou sous main de la justice mais s’est ouverte au fil du temps aux personnes les plus éloignées de l’emploi, notamment « des personnes qui ont eu un accident de parcours ou qui ont eu des problèmes personnels les éloignant de la société et de la vie professionnelle mais qui veulent reprendre leur vie en main », explique Ludovic Gorez, récent chargé de mission de la structure amiénoise.

Des CDDI

L’association collabore notamment avec Pôle emploi et de nombreux acteurs locaux. « Ce maillage territorial est essentiel, considère François Schiffrine. C’est aussi notre avenir car nous voulons davantage développer cet ancrage local qui est pour moi nécessaire pour notre association et pour le paysage économique local car nous apportons aussi des réponses à une problématique sociétale. »

Au total, 130 personnes sont accueillies par an et 70 personnes y travaillent en permanence. Car la particularité de cette structure est qu’elle embauche les personnes accueillies sous forme de Contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI) pour une durée de deux ans maximum. Ici, le parcours est individualisé et suivi par un travailleur social. Les Ateliers de l’Îlot proposent des formations dans le domaine de la restauration (avec un restaurant et une cuisine centrale), de la menuiserie (avec des ateliers de restauration et réparation), et de la mécanique (avec son propre garage). « Pour l’Îlot, la clé de la réussite de la réinsertion passe par l’accès au marché du travail », fait remarquer Ludovic Gorez.

Les Ateliers de l’Îlot sont un véritable tremplin professionnel et personnel car l’un des freins de la réinsertion des personnes ayant connu la prison ou la grande précarité est les idées reçues et le rejet intrinsèque dont elles souffrent. « C’est pourquoi, nous nous mobilisons dans ces problématiques en poussant nos résidents vers l’extérieur mais également en faisant rentrer l’extérieur à l’intérieur en invitant des associations à proposer des animations dans nos centres, à en faire de véritables lieux de vie », souligne le responsable adjoint. Et aussi en intégrant les résidents au sein des entreprises grâce à des formations qualifiantes et certifiantes qui se font en alternance (12 personnes par an sortent de l’association avec une qualification).


Le restaurant de l’Îlot

Spacieux, le restaurant est ouvert, sous forme de self, tous les midis et embauche une douzaine de salariés : entre le service, l’accueil et la cuisine, les résidents apprennent tous les métiers de la restauration. Du côté cuisine, une cuisine centrale et du matériel professionnel leur sont accessibles pour un réel apprentissage et service. Le restaurant possède 70 places et sert, pour la grande majorité, des plats faits maison, avec des prix attractifs. C’est aussi un lieu engagé : chaque jour, 250 repas sont livrés à différents centres d’hébergement tels que La Passerelle, France Terre d’Asile, etc. C’est aussi un lieu de réflexion sociétale : l’objectif est de faire des repas 100% maison en utilisant le maximum de produits issus des circuits courts.


La menuiserie : la restauration de tous les meubles

Les ateliers de la menuiserie de l’Îlot.

L’Îlot a également ouvert un atelier de menuiserie où des services de réparation et de restauration de meubles en bois ou autre matière sont proposés, là aussi avec du matériel professionnel et ouvert à tous. Un atelier de façonnage, un autre de restauration et un dernier de décapage répondent à toutes les demandes. C’est une façon de faire réparer ses meubles à bas prix et de participer à l’économie sociale et solidaire.


Le garage : pour les réparations mécaniques

Une vingtaine de personnes sont embauchées au garage de l’Îlot. Vidange, problèmes mécaniques… les garagistes en devenir de l’association prennent en charge tous les types de panne, sauf les dégâts de carrosserie. Ce garage travaille en partenariat avec des grands groupes automobiles, notamment pour le nettoyage des véhicules neufs. Il est accessible à tout le monde, géré par une équipe de professionnels.