Série d'été

Ferme du petit bas champ, de la viande de qualité

Dans sa ferme de Quend, Alexandre Loye élève des boeufs et des cochons destinés à la boucherie dans le respect des animaux. On peut acheter ses produits à la ferme ou chez Esprit Fermier à Glisy, près d’Amiens.

À 37 ans, Emmanuel Loye de la ferme du Petit bas champ à Quend est un éleveur pressé mais qui fait tout pour bien faire son travail. Quand nous arrivons, c’est dans une pâture qu’il nous emmène à la rencontre d’une partie de son cheptel de bovins. Il a apporté de quoi les appâter pour les photos mais ces derniers ne sont pas dupes.
Au total, il s’élève à 90 vaches de races Aubrac, Charolaise et Limousine : « Ce sont des espèces rustiques, elles restent la moitié de l’année dehors, explique t-il. Nous disposons de 150 hectares, dont 90 de prairies. Une partie est louée par le Conservatoire du littoral. Nous faisons nos céréales, comme du maïs d’ensilage nous même. Nous récoltons notre foin sec et de l’enrubannage. Nous tenons à avoir le plus d’autonomie possible. »

Agroécologie
Il a rejoint son père, Marc, il y a dix ans. Ensemble, ils ont fait le choix en 2014 de ne plus élever de vaches laitières et de se tourner vers les bêtes à viande afin de vivre mieux de leur travail. L’ambition était aussi de se tourner vers le conventionnel exhaustif. Par exemple, ils ne dispersent plus d’engrais, ni de pesticides. Ils ont reçu en 2017 le deuxième prix national du Concours d’agro écologie au salon de l’agriculture.
Ils possèdent trois taureaux et pratiquent la saillie en monte naturelle. Chaque année, environ 80 veaux naissent. Les mâles élevés au pis sont abattus vers huit mois. Les femelles renouvellent le cheptel. Ils possèdent aussi quelques cochons. Les porcelets  grandissent jusque trois-quatre mois sur paille grâce à du petit lait et des céréales. Éleveurs pour la viande, ils n’en sont pas moins sensibles au bien être animal : « Nous avons acheté un camion pour les emmener à l’abattoir à Fruges dans le Pas-de-Calais, poursuit-il. Si les bêtes sont stressées, en une heure, on peut détruire des années de travail. La viande de bœuf mature à l’abattoir puis chez un boucher. »

« Nous tenons à avoir le plus d’autonomie possible »

Vente directe
Les agriculteurs commercialisent à leur ferme les produits finis les mercredis et vendredis de 16 h 30 à 19 h 30 et le samedi de 9 h 30 à 12 h 30. Il s’agit par exemple d’entrecôtes, de bourguignon, de jambon, de terrines mais aussi de plats préparés comme de la carbonate flamande, du sauté de porc en gelée, de la blanquette de veau. Ils proposent aussi des produits de base d’exploitations voisines comme des œufs, des yaourts, du fromage, de la farine… Durant le confinement, ils ont rencontré un tel succès qu’ils ont proposé un service de livraison de colis. On retrouve aussi leurs produits chez Locavrac à Abbeville. Ils travaillent aussi avec des cantines scolaires.
Alexandre Loye est l’un des douze associés de la boutique Esprit Fermier à Glisy. Un an après, il tire un bilan positif : « Nous sommes contents, assure t-il. Nous avons profité du confinement car les gens avaient le temps de faire leurs courses. C’est vraiment un super projet. Je m’y rend régulièrement. Les gens sont très intéressés. Ils posent beaucoup de questions. »

Le cheptel reste une partie de l’année dehors.
Chaque année, environ 80 veaux naissent.