Plan de relance

Un plan de 500 000 euros en Baie de Somme

La Communauté d’agglomération de la Baie de Somme met en place un plan de relance économique de 500 000 euros pour les TPE, commerçants et indépendants, de 0 à 10 salariés, de son territoire sous forme d’une avance remboursable, sous condition. Ce plan est accessible aux entreprises du 1er juin au 31 décembre 2020.

Le tourisme s'est arrêté à Cayeux-sur-Mer.©Adobe.

À l’heure d’une reprise à tâtons et une activité à l’avenir incertain, les maires de la communauté d’agglomération de la Baie de Somme (CABS) ont voté un plan de relance économique de 500 000 euros. « Ce plan a été validé par tous les maires, c’est une décision collégiale, relève Nicolas Dumont, président de la CABS. Ils sont aussi associés aux décisions liées aux aides demandées dans leur commune pour être au plus près des entreprises. »

Ce plan est destiné aux petites entreprises, artisans et commerçants, pour accompagner la reprises économique. « Personne ne peut encore connaître précisément l’étendue des conséquences. Un certain nombre d’acteurs ont un problème à faire repartir leur activité, nous venons en complémentarité des diverses aides gouvernementales et régionales », explique Nicolas Dumont. À ce plan, une enveloppe de 175 000 euros d’Initiative Somme, à l’échelle du département, est rajoutée.

Objectif : reprise

Ce plan de relance est complémentaire aux autres aides déjà mises en place dans les communes, celles du Fonds d’intervention pour la sauvegarde de l’artisanat et du commerce (Fisac) et de l’action Cœur de Ville ainsi que les mesures gouvernementales liées à la crise sanitaire du Covid-19. « Le contexte est incertain, il faut agir », note Nicolas Dumont. Concrètement, pour les entreprises, il s’agit d’une avance remboursable (un prêt d’honneur à taux 0%) versée au dirigeant à titre personnel, avec un remboursement de 36 mois, mensuel ou trimestriel. Trois seuils ont été retenus : 1 500 euros, 3 000 euros et 5 000 euros. Un plan de relance mis en place du 1erjuin au 31 décembre 2020 : « Nous allons à la vitesse de reprise des différentes activités », explique le président de la CABS.

À Abbeville, l’industrie au cœur de la Baie de Somme.©Adobestock

Car le déconfinement et la reprise de l’activité n’ont pas concerné tous les professionnels. La continuité de la fermeture des hôtels, cafés et restaurants ne fait pas l’unanimité, même si la réouverture a été annoncée par le Premier ministre la semaine dernière. Pour Nicolas Dumont, « il faut être cohérent et faire confiance aux cafetiers et restaurateurs. Objectivement, il n’y a pas de difficultés particulières aux réouvertures ».

Même si la reprise économique et le soutien aux petites entreprises est l’objectif principal du moment, l’avenir économique du territoire mais aussi du pays est à prévoir. « On sait que ça va être compliqué et il faut s’assurer que l’argent des différentes aides soit le plus efficace possible, note-t-il. À l’avenir, la priorité est de relancer l’emploi et l’économie ».


Un tissu économique durement touché

Les entreprises du littoral picard sont autant durement touchées par la crise du Covid-19 que les autres entreprises : au 31 mars, la CCI Littoral Hauts-de-France estime que les entreprises ont perdu, en moyenne, 47% de leur chiffre d’affaires et 49% ont un problème de trésorerie. Toujours selon la Chambre, le secteur le plus touché est celui des hôtels/ restaurants/ cafés (85% de ces professionnels connaissent des difficultés), puis le commerce de détail (70%), le service aux particuliers (68%) et enfin le BTP (67%). Du côté des aides de l’État, 82% des dirigeants ont recours au chômage partiel (91% en ont fait la demande). Sans surprise, 98% des hôteliers, cafetiers et restaurateurs ont eu recours au chômage partiel, suivi par la BTP (95%), transport/ logistique (90%) et le commerce de détail (86%). Du côté de l’artisanat, selon la CMA Hauts-de-France, de 88 à 90% des artisans prévoient une baisse du chiffre d’affaires au deuxième trimestre 2020.


Les conditions à respecter

Le plan de relance de la CABS est accordé aux dirigeants sous conditions :

  • TPE de 0 à 10 salariés.
  • Indépendants commerçants, artisans, activités touristiques (à l’exception des gîtes et des chambres d’hôtes) exerçant leur activité à titre principal.
  • Une entreprise ayant subi ou présentant : une fermeture administrative et/ ou une perte de CA (à comparer sur une antériorité de trois ou quatre ans. Pour les entreprises n’existant pas au 1er mars 2019, la comparaison se fait entre le CA de mars 2020 et la moyenne mensuelle du CA sur les mois d’activité depuis la création de l’entreprise) et/ ou un besoin de financement et de trésorerie avéré (à l’appui de justificatifs).
  • Entreprise dont le bénéfice imposable augmenté le cas échéant des sommes versées au dirigeant, au titre de l’activité exercée, n’excède pas 60 000 euros au titre du dernier exercice clos.
  • Entreprise à jour de ses obligations sociales et fiscales au 15 mars 2020.
  • Entreprise ayant son siège social ou un établissement et son activité principale sur le territoire de la CABS.
  • Le demandeur doit avoir une activité effective dans ladite société.