Banque de France

Le point sur l’économie régionale

« Comme paralysée par l’épidémie de Covid-19. » C’est ainsi qu’est décrite l’activité économique régionale d’avril dans le numéro de mai des Tendances régionales Hauts-de-France de la Banque de France. Revue de détails.

Baisse conséquente pour les constructeurs automobiles, dont la plupart des sites sont restés fermés. (C)Adobe Stock

Sans surprise, l’activité économique de la région est restée en avril à un très bas niveau. Au niveau national, la Banque de France avait estimé la baisse du PIB à 32% sur une semaine type de confinement en mars, cette baisse se situe en avril autour de -27%.

Forte baisse dans l’industrie

Dans l’industrie régionale, la production a diminué, de façon plus importante qu’au niveau national mais moins qu’au cours de la deuxième quinzaine de mars. La mise en place des règles sanitaires a limité le fonctionnement des industries, parallèlement, la demande des biens en provenance du marché national et de l’étranger s’est une nouvelle fois dégradée. Les prix des matières premières et des produits finis ont diminué (les stocks de ces derniers ont également baissé, mais demeurent légèrement supérieurs aux besoins de la période), les trésoreries restent tendues et les carnets de commandes se sont encore fortement dégradés. Le taux d’utilisation des capacités de production a lui enregistré une nouvelle et forte diminution de quasiment 12 points, pour tomber à 40,5%, « niveau jamais atteint historiquement dans l’enquête ». Les industriels anticipent une amélioration, limitée, pour mai, en lien direct avec la fin du confinement, une reconsolidation des effectifs et des hausses de prix sont envisagées.

La diminution de l’activité dans les industries agroalimentaires est elle restée très limitée, avec une baisse des volumes de production contenue, mais avec une grosse diminution des entrées d’ordre, que ce soit au niveau du marché national ou étranger. Malgré des carnets de commandes jugés globalement très insuffisants, les industriels restent confiants et annoncent un rebond de la production, accompagné d’un renforcement significatif des effectifs, une légère baisse des prix pourrait être initiée, précise l’enquête.

Concernant la production de matériels de transport, la baisse d’activité a été particulièrement conséquente chez les constructeurs automobiles et les équipementiers, dont la plupart des sites sont demeurés fermés, avec une baisse record des volumes produits et des commandes. Si les stocks étaient excédentaires en mars, ils se sont résorbés en avril, et apparaissent désormais en-dessous de la normale. Le retour sur site des personnels de production va permettre de faire redémarrer l’activité, qui sera modérée en mai. La production du secteur des machines et équipements a continué en avril de se dégrader, avec l’accentuation de la baisse de la demande globale sur le marché intérieur (et encore plus sur les marchés étrangers). La hausse du prix des matières premières amorcée depuis début 2020 s’est elle poursuivie, les industriels du secteur espèrent tout de même, malgré des carnets de commandes jugés très insuffisants, une légère reprise de la production, avec des tarifs de produits finis qui pourraient être revus à la hausse et la stabilisation des effectifs. Même baisse importante pour la métallurgie, la plasturgie et le secteur du caoutchouc, avec des entrées d’ordre atones et des carnets de commandes très dégarnis.

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Le point sur les services

Dans les services, la perte d’activité déclarée par les chefs d’entreprise a également été plus forte qu’au niveau national, avec une reprise plus marquée de l’activité attendue en mai. Les services marchands ont vu l’activité et la demande se contracter fortement, notamment les services à destination des ménages, dont la perte d’activité demeure presqu’aussi forte que fin mars, tandis que les services tournés vers les entreprises demeurent moins affectés, à l’exception de l’interim.


Recul dans le bâtiment, stabilité pour les TP

L’enquête trimestrielle portant sur les secteurs du bâtiment et des Travaux publics montre que le premier a enregistré une diminution puis une chute de son activité, tandis que l’activité des TP ressort quasiment stable sur la même période. Les prix des devis ont pu être révisés à la hausse en début de période. Pour le gros œuvre, secteur dans lequel le nombre d’intérimaires s’est réduit, les professionnels du secteur s’attendent à une forte baisse d’activité durant le second trimestre 2020, en raison de la faiblesse des carnets de commande et de l’absence de visibilité sur l’évolution des dispositions liées à la crise sanitaire. Les entrepreneurs du second œuvre annoncent eux aussi un recul d’activité marqué pour le prochain trimestre, avec des réductions d’effectifs. Du côté des Travaux publics, la production globale du secteur au 1er trimestre 2020 est restée la même que celle du 4e trimestre 2019. Les effectifs ont été légèrement renforcés et les carnets de commandes à fin mars restent assez bien garnis. Une sensible réévaluation des prix des devis est intervenue en début de période.