Covid-19

CPME Somme : un live Facebook pour répondre aux inquiétudes des entreprises

Dès le lendemain de l’allocution présidentielle annonçant la période de confinement, la CPME Somme a organisé, le 17 mars, un live Facebook, suivi par près de 500 personnes, et toujours visible sur le site Facebook de la CPME Somme.

Pour le président de la CPME Somme Sébastien Horemans, les mesures du Gouvernement ne sont pas suffisantes et pour certaines inadaptées.

Le président de l’instance patronale Sébastien Horemans était entouré de trois experts : Alain Cauchois, adhérent CPME Somme, administrateur de l’Urssaf à la tête de Synchronicité (consultant Ressources humaines) et spécialiste des questions sociales, Carolina Ona La Micela à la tête du cabinet NCLI conseil (pilotage, accompagnement et financement des TPE) et Linda Mouloudiova du cabinet Ducellier Avocats, spécialiste fiscalité pour détailler les mesures et recours possibles pour les entreprises.

Mesures concrètes

« Nous avons organisé ce live pour répondre de façon très pragmatique et concrète à toutes les questions que peuvent se poser les dirigeants de TPE/ PME », a commencé Sébastien Horemans. Alain Cauchois a ouvert le bal, en rappelant les démarches à suivre en cas de chômage partiel des salariés et la procédure à suivre pour reporter, voire annuler les charges sociales. « Concernant le chômage partiel, la demande s’effectue sur le site de la Direccte – https://activitepartielle.emploi.gouv.fr/aparts/ -, avec une réponse 15 jours plus tard. Pour les salariés au Smic, la totalité est prise en charge, pour les autres, il faut compter entre 70 et 84%. Toutes les entreprises vont par ailleurs bénéficier d’un accompagnement Urssaf, pour les travailleurs indépendants, il est possible de bénéficier de délais de paiements sans majorations, en faisant la demande sur le site www.urssaf.fr, avec en parallèle un ajustement de l’échéancier. La commission Action sociale peut prendre en charge partiellement ou totalement leurs charges financières exceptionnelles, la demande s’effectue sur le site https://www.secu-independants.fr/ », a-t-il expliqué. Pour les entreprises, mêmes solutions de report sur les mêmes sites, en privilégiant les échanges par mail, les lignes téléphoniques étant saturées.

Endiguer les problèmes de trésorerie

La plus grosse difficulté des entreprises avec cette crise, ce sont évidemment les problèmes de trésorerie. Carolina Ona La Micela conseille d’établir un tableau, simple, en indiquant les besoins en trésorerie pour les trois prochains mois. « BPIfrance va accompagner les chefs d’entreprises dans leurs démarches, la porte d’entrée, ce sera votre banquier, vous devez lui demander l’étalement de vos prêts en cours, même à titre personnel, faire une demande de besoins de fonds de roulement ou de trésorerie, avec des garanties pouvant aller jusqu’à 90% avec des taux très intéressants, les prêts seront remboursables entre trois à sept ans pour les entreprises ayant déjà leur premier bilan », a rappelé Carolina Ona La Micela qui dès le début de la crise a réussi à étaler des prêts de clients, à faire reculer les leasings des véhicules de société de plusieurs mois pour « donner un souffle financier à l’entreprise, nous essayons de trouves des solutions par tous les moyens, les banques avec lesquelles nous sommes en relation  à Amiens jouent le jeu et s’engagent ».

Une des interrogations des entreprises, « c’est : quelle réactivité de BPIfrance et quels délais ? Aujourd’hui, l’enjeu c’est d’avoir de la trésorerie pour la fin du mois », a soulevé Sébastien Horemans. Carolina Ona La Micela s’est voulue à ce sujet rassurante, en parlant de délais d’une semaine. Le président  de la CPME Somme a trouvé pour sa part regrettable que l’indemnité de perte de salaire soit plafonnée  à 1 500 euros, « ce n’est pas une solution satisfaisante et nous attendons du Gouvernement qu’il en trouve une à la hauteur de nos attentes ».

Avec des mesures inadaptées comme celles-là, on se dirige vers un drame pour les TPE-PME françaises

Fiscalité

Linda Mouloudiova a elle listé les premières mesures prises en matière de fiscalité : « Il existe aujourd’hui deux possibilités, une demande de report portant sur les impôts directs [ndlr, impôt sur les bénéfices, CFE, CVAE, etc.] et/ ou une remise sur les impôts directs si le report ne permet pas de surmonter les difficultés. » L’administration fiscale a mis en ligne un formulaire unique, le report de paiement est accordé sur trois mois à compter de la demande, sans justificatif, seule la demande de remise d’impôts doit être justifiée (avec comparaison sur l’année N-1 pour « prouver » que l’entreprise ne peut faire face à la crise même avec les reports de paiement). « Au-delà de ces demandes, les entreprises ont la possibilité de révoquer les prélèvements et demander le remboursement auprès de leur SIE de la dernière échéance d’impôt sur les sociétés », a complété Linda Mouloudiova.

Les travailleurs indépendants peuvent faire, en ligne toujours, une demande de report des acomptes, jusqu’à trois fois en cas de mensualisation dans les trois prochains mois, et au trimestre prochain pour ceux ayant opté pour le règlement trimestriel. Les demandes de suspension du paiement de la CFE se font elles aussi en ligne. Sébastien Horemans s’est engagé à contacter les ministères et élus si les choses n’avancent pas assez vite, « nous serons là pour apporter des idées et des solutions pour assurer un avenir à chaque entrepreneur, qu’il soit ou non adhérent de la CPME Somme. Ces mesures sont intéressantes mais insuffisantes, notamment sur la rémunération des dirigeants. Durant toute cette période, la CPME continuera à travailler pour vous accompagner », a assuré Sébastien Horemans qui dès le lendemain s’est fendu d’un billet sur le site Facebook de la CPME Somme pour rappeler au Gouvernement ce que les entreprises attendaient, et concluant : « Je rappellerai à toutes fins utiles que les TPE et PME françaises sont en état de faiblesse, avant la crise, du fait de nos prélèvements sociaux et fiscaux qui sont les plus élevés au monde. Il n’y a donc pas de fonds propres et pas de réserve de trésorerie, ce qui ne sera pas le cas des PME allemandes, soutenues depuis des années par des Gouvernements pro-PME. Avec des mesures inadaptées comme celles-là, on se dirige vers un drame pour les TPE-PME françaises. » Le second live était consacré aux – nombreuses – questions et réponses des dirigeants, dont les inquiétudes ont en grande partie porté sur la perte de rémunération et les indemnisations possibles, sachant que sans fiche de paye, pas de chômage possible pour les dirigeants.