Agriculture

L’économie céréalière, un des fers de lance de la région

Créée en 2006 à l’initiative de l’interprofession céréalière, l’association Passion Céréales a publié une étude révélant des chiffres inédits sur l’économie céréalière des Hauts-de-France. Où l’on apprend notamment que la région est la première de France en termes de production de blé tendre, et cultive des pratiques agronomiques de plus en plus vertueuses.

Près de 9 millions de tonnes de céréales sont produites dans la région.

Terre agricole oblige, les agriculteurs des Hauts-de-France cultivent les principales céréales : blé, orges d’hiver, maïs… avec des marchés de destinations très diversifiés comme la meunerie, l’amidonnerie, la malterie et la biscuiterie. « Tout est aujourd’hui mis en œuvre pour répondre aux exigences des clients industriels comme artisanaux, en termes de qualité, de traçabilité, de taux de protéines, de limitation d’utilisation des produits phytosanitaires, car les céréales n’ont d’autres choix que d’être transformées pour être consommées », développe en préambule de l’étude Jacques de Villeneuve, délégué régional de Passion Céréales. Le défi – de taille – de la profession : être de plus en plus vertueuse tout en baissant les coûts de production, en maintenant de bons rendements et en composant avec un nombre toujours plus important de concurrents mondiaux.

De nombreux atouts
Un des atouts majeurs de notre région en la matière : son ouverture sur la mer avec notamment le port de Dunkerque pouvant être approvisionné par péniches ou trains (un plus en termes de bilan carbone), et qui permet aux céréaliers de « rester dans la course » de l’approvisionnement des clients historiques, situés en partie dans le bassin méditerranéen. « La construction du canal Seine Nord Europe à horizon 10-15 ans devrait sur ce point renforcer notre leadership, et confirmer à l’international notre position stratégique », assure Jacques de Villeneuve. Le canal permettra en effet à la filière d’accroître sa compétitivité pour en développer le positionnement à l’export, la région bénéficiant déjà d’une situation géographique attractive, au centre d’un carrefour logistique européen, entre le Benelux, le bassin parisien et le Royaume-Uni.
Les Hauts-de-France est une région reconnue pour la qualité de ses blés et se hisse à la 3e position au niveau national en termes de production de céréales, avec 8,9 millions de tonnes, et à la 4e place en ce qui concerne les surfaces céréalières exploitées (un million d’hectares). 44% de la production est valorisée localement, dont plus de 3 millions de tonnes pour la transformation de grains. L’emploi de la filière est équitablement réparti entre la production (49%) et la transformation (51%). La boulangerie artisanale et industrielle pèse à elle seul 30 des 50 000 emplois de la filière, avec 7% des emplois régionaux, l’amidonnerie constitue elle une « réelle spécificité régionale » apprend-on dans l’étude [ndlr, la France est l’un des champions du monde de l’amidon, avec plusieurs sites de production de renommée internationale]. Au-delà de ces emplois directs, la filière en génère 16 000 indirects, notamment portés par le machinisme agricole.

Un master plan de la bioéconomie
Prochaine étape pour les Hauts-de-France : devenir leader dans la bioéconomie, pour s’appuyer sur une économie basée sur la biomasse, notamment agricole. Pour y parvenir, la région compte se servir de ses atouts, comme ses fleurons industriels, ses avancées dans les biotechs et son climat. En septembre 2018, la Région a donc adopté une feuille de route de la bioéconomie, avec quatre ambitions définies d’ici à 2025 : devenir le leader européen des protéines végétales (blé, pois, colza, lin) laitières et autres (insectes et micro algues), augmenter la part de biogaz dans le mix énergétique (avec 25% des énergies renouvelables produites en région d’ici 2025), mettre sur pied et structurer une filière de matériaux biosourcés, et faire émerger une bioproduction axée sur les molécules d’intérêt de demain – à partir de procédés utilisant des êtres vivants (levure et bactéries).
Au total, ce sont pas moins de 40 actions qui sont présentées dans ce plan stratégique, fruit des réflexions émises en avril dernier lors des premières Assises de la bioéconomie organisées par la Région et qui ont réuni 200 acteurs. L’ambition de ce plan est de répondre aux enjeux de la transition énergétique, de développer économiquement la filière et de limiter le réchauffement climatique.

Jacques de Villeneuve, délégué régional de Passion Céréales.