Emmanuel Macron confirme le financement du canal SNE

Après avoir passé deux jours à Amiens, le Président de la République Emmanuel Macron a terminé sa visite dans l’Est de la Somme à Nesle. Il a rejoint le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin et la ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne qui venaient de signer la participation de l’État dans […]

Le Président de la République a confirmé que ce canal sera un levier pour la Région.

Après avoir passé deux jours à Amiens, le Président de la République Emmanuel Macron a terminé sa visite dans l’Est de la Somme à Nesle. Il a rejoint le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin et la ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne qui venaient de signer la participation de l’État dans le financement du projet du canal Seine-Nord-Europe.

Si cette signature de participation au financement de l’État à hauteur de 1,1 milliard d’euros pour ce projet s’est déroulée à Nesle, c’est parce que cette ville doit accueillir une des quatre plates-formes permettant au canal d’irriguer économiquement les territoires traversés. Les 160 élus venus à cette rencontre étaient unanimes pour souligner que ce projet titanesque, devenu l’Arlésienne, est porteur d’espoir pour l’économie. En particulier, le président de la Région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, farouche défenseur du canal : « Ce projet est porté depuis de longues dates par la Région et les départements qui ont accepté de le piloter et ont pris le risque. Cette signature est une étape importante, maintenant le canal doit arriver à bon port avec 5 000 emplois pendant les travaux et plus de 30 000 emplois sur 30 ans, après les travaux. On ne se serait pas battu autant si cela n’avait pas été un projet économique. » Lors de cette réunion du comité stratégique du canal Seine-Nord- Europe qui se réunissait pour la première fois dans le tout récent pôle événementiel, inauguré par la même occasion par le ministre Gérald Darminin, la ministre Élisabeth Borne a affirmé que ce projet était irréversible. « Beaucoup d’élus se battent depuis des années pour le canal Seine-Nord. Cette fois-ci, c’est la bonne. Pour cela, il ne suffisait pas de dire « oui » au canal, il fallait réunir les conditions pour rendre ce projet irréversible. Il fallait une sincérité sur les coûts. Le canal va inscrire la Région au cœur de l’Europe. Aujourd’hui, nous passons aux actes. Ce canal, c’est le symbole de l’identité de la nouvelle région, une bonne nouvelle, à nous d’en faire un projet exemplaire, notamment du point de vue environnemental. »

Un engagement de la nation

Le Président de la République, Emmanuel Macron a confirmé les engagements des ministres et du secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari. Les collectivités territoriales et l’Europe apportent elles chacune 1 milliard d’euros. « Nous sommes en train de vérifier s’il y a possibilité de rattacher les Départements au projet, nous sommes confiants », a indiqué Emmanuel Macron. Le Président a d’ailleurs rappelé que « les départements n’ont jamais mégoté dans ce projet structurant pour l’identité de cette nouvelle région, ainsi que les communautés d’agglomération qui les ont rejoints. Nous passons une étape importante du projet avec la sécurisation du canal. Un montage totalement inédit pour un projet inédit. Il n’y a jamais eu un tel projet ou l’État remet la gestion à une société de projet régionale. Je crois beaucoup en la confiance. C’est une étape historique. »

Un projet économique et écologique

Le Président de la République a affirmé que ce projet entraînera 5 000 emplois directs, 8 000 à 10 000 emplois indirects pour la construction du canal, avec une exigence environnementale – c’est un projet écologique puisqu’il permettra de transporter des marchandises par voie fluviale, trois à quatre fois moins polluante que la voie routière. « Nous allons innover de manière inédite pour que ce projet soit positif pour l’environnement. C’est un formidable projet de développement pour nos ports. Et ce seront autant de camions que l’on sortira des routes, notamment l’A1, délestée de 500 000 camions par an. Cette démarche de grand chantier prend un élan nouveau. Il permettra à la région de développer des leviers d’avenir : la logistique notamment et on en a besoin, l’agricole et l’agroalimentaire pour expliquer l’impact carbone de ce que l’on mange. C’est aussi à nous de développer l’axe Seine avec les régions Normandie et Île-de-France. C’est un moyen de réconcilier trois grandes régions. C‘est une étape importante qu’on vit aujourd’hui mais ce n’est qu’une étape. C’est la finalisation d’une structure de financement qui est irréversible mais il faut continuer à se battre. Un prochain rendez-vous est donné avant le 1er avril pour les transferts de compétence de la société. Il y aura d’autres réunions, je serai à vos côtés », a assuré le chef de l’État.

Les étapes du canal

Ce canal d’une infrastructure de 107 kilomètres de long est le maillon manquant entre la Seine et le réseau fluvial de l’Europe du Nord pour le transport de marchandises entre les pays du Benelux et la région parisienne. Montant total des travaux : 5 milliards d’euros. Après la venue à Nesle en 2011 du président Nicolas Sarkozy pour y lancer le dialogue compétitif (le premier coup de pioche du canal à grand gabarit était prévu en 2017) puis la venue de François Hollande, en avril 2017 à Noyon, venu charger la société de projet de réaliser le chantier (travaux prévus jusqu’en 2025). Aujourd’hui, en novembre 2019, le président Macron est venu à Nesle pour apporter 1,1 milliard d’euros de la part de l’État, avec un début des travaux prévu fin 2020 pour une livraison en 2028.