Plus de seniors en emploi mais toujours moins qu’ailleurs

Une étude de l’Insee publiée en octobre révèle que la part des seniors en emploi s’est fortement accrue dans la région depuis 2006. Des chiffres qui restent malgré tout inférieurs à ceux des autres régions et en deçà de la moyenne nationale. En 2016, 745 800 personnes âgées de 55 à 64 ans vivent dans […]

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Dans les Hauts-de-France, la part des seniors en emploi a augmenté mais reste inférieure à la moyenne nationale.

Une étude de l’Insee publiée en octobre révèle que la part des seniors en emploi s’est fortement accrue dans la région depuis 2006. Des chiffres qui restent malgré tout inférieurs à ceux des autres régions et en deçà de la moyenne nationale.

En 2016, 745 800 personnes âgées de 55 à 64 ans vivent dans les Hauts-de-France. Ces seniors représentent 12% de la population régionale et 20% de la population en âge de travailler. Parmi ces personnes, seules 41,6% sont actives, soit le taux d’emploi le plus faible de France métropolitaine (48,2%). C’est le constat dressé par une nouvelle étude de l’Insee présentée mi-octobre simultanément à Lille et à Amiens. Une étude qui permet de faire un état des lieux, six ans après la date butoir de la résolution du Conseil européen de Stockholm de 2001 qui fixait un objectif de taux d’emploi de 50% pour les 55-64 ans à horizon 2010. « Qu’en estil aujourd’hui ? », s’interroge Jean-Christophe Fanouillet, directeur régional de l’Insee Hauts-de-France. « Cet éclairage sur une période de dix ans apporte plusieurs éléments de réponse et pourrait également servir de support aux politiques publiques pour décrypter le contexte économique actuel. »

Des inégalités selon l’âge

En 2016, ce sont près de 310 000 seniors qui sont en emploi, soit 110 000 de plus qu’en 2006. « Cette hausse s’explique par l’effet démographique lié au vieillissement de la population mais elle traduit aussi le rallongement de la durée d’activité inscrit dans les différentes réformes de retraites qui se sont succédé depuis le début des années 1990 », explique Géraldine Caron, chargée d’études à l’Insee. Le Pas-de-Calais est le seul département de France où moins de 4 seniors sur 10 sont en emploi (38%). L’Aisne (41%), le Nord et la Somme (43%) font légèrement mieux tandis que l’Oise (46%) s’approche du taux national sans pour autant l’atteindre. Ce décrochage de la région par rapport au reste du territoire est très variable selon l’âge. « Entre 55 et 57 ans, l’évolution du taux d’emploi est plus favorable dans les Hauts-de-France : +14,3 points contre +13,0 point au niveau national », poursuit la chargée d’études. La tendance s’inverse à partir de 59 ans, notamment entre 60 et 62 ans où l’écart se creuse en défaveur de la région. Entre 2006 et 2016, l’augmentation de l’emploi des seniors est, comme au niveau national, davantage portée par les femmes que par les hommes. Leur part a progressé de +10,1 points contre +8,5 points chez les hommes. Malgré cela, le taux d’emploi féminin est toujours inférieur à celui des hommes dans la région.

Une population moins diplômée

Le retard en termes d’emploi pour les seniors dans la région a plusieurs explications. D’abord, car le marché du travail en Hauts-de-France est plus dégradé qu’ailleurs. « Les 55-64 ans sont plus impactés que leurs homologues métropolitains. Par ailleurs, on constate que cette tranche d’âge reste plus longtemps au chômage que les Français du même âge et que leurs cadets. En 2016, deux seniors sur trois sont au chômage depuis plus d’un an, contre un sur deux chez les 25-54 ans », indique Géraldine Caron. Ensuite, les seniors de la région sont également moins diplômés qu’au niveau national, ce qui ne favorise pas leur insertion ou leur maintien dans l’emploi. En 2016 dans les Hauts-de-France, 14% des seniors en activité ont le baccalauréat contre 16% en France métropolitaine. « De façon générale, la probabilité d’être en emploi croît avec le niveau de diplôme : 60% des 5564 ans diplômés du supérieur travaillent contre 31% des non diplômés », affirme la chargée d’études. Enfin, le retard de la région s’explique également par une croissance de l’activité féminine moins marquée qu’ailleurs. « Ceci est à mettre en lien avec les caractéristiques socioculturelles du territoire : les familles avec enfants sont plus fréquentes, l’âge du premier enfant est plus précoce… », conclut Jean-Christophe Fanouillet.

Plus de temps partiel et d’emplois à durée limitée

Toujours selon l’Insee, en dix ans, les conditions de travail des seniors ont évolué. 20,6% des 50-64 ans sont à temps partiel, un taux en progression, contre 16,2% des 25-49 ans. Les 60-64 ans sont eux 30,7% à ne pas travailler à temps plein. Cela s’explique par un cumul de leur emploi avec une pré-retraite et aussi par des raisons de santé. La part d’emploi à durée limitée (CDD, intérim, apprentissage, stages, contrats aidés) a aussi augmenté pour les seniors mais reste moins importante que pour les autres tranches d’âge : 7,6% pour les 50-64 ans contre 13,1% pour les 25-49 ans. Par ailleurs, la part de personnes souhaitant changer d’emploi est moins élevée chez les seniors : 5,1% contre 9,9% pour les actifs occupés de 25-49 ans.