Les Hauts-De-France peinent à attirer mais… recrutent plus qu’ailleurs

Dans un marché de l’emploi cadre dynamique, les entreprises en dehors d’Île-de-France cherchent à attirer des compétences. C’est le cas des Hauts-de-France qui, même s’ils ne sont pas dans le top 3 des régions préférées des franciliens en termes de mobilité, sont une des régions qui recrutent le plus. Si a priori, la région ne […]

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Dans un marché de l’emploi cadre dynamique, les entreprises en dehors d’Île-de-France cherchent à attirer des compétences. C’est le cas des Hauts-de-France qui, même s’ils ne sont pas dans le top 3 des régions préférées des franciliens en termes de mobilité, sont une des régions qui recrutent le plus.

Si a priori, la région ne fait pas rêver les cadres franciliens (seuls 5% des cadres inscrits sur Apec.fr et domiciliés en Île-de-France seraient prêts à quitter leur région pour les Hauts-de-France), la réalité du marché est toute autre : la région arrive en 3e position des recrutements en 2019 et reçoit 23% de candidatures de cadres franciliens par an1 . Sans grande surprise, les cadres d’Île-de-France choisissent le Sud pour leurs opportunités professionnelles : 38% d’entre eux citent la Nouvelle-Aquitaine parmi leurs trois régions de destination possible, juste avant PACA (31%), Pays de la Loire (26%), Auvergne-Rhône-Alpes (25%) et Occitanie (24%).

Rester en lien avec la réalité du marche

Inspirés par une vie plus verte et un cadre de vie différent, plus de la moitié d’entre eux seraient prêts à envisager une mobilité, davantage chez les moins de 30 ans (74% contre 50% pour les plus de 50 ans), les cadres sans enfants ou ceux ayant déjà expérimenté une mobilité géographique hors Île-de-France. S’ils sont nombreux à vouloir changer d’air, la réalité est néanmoins plus contrastée : 9 cadres sur 10 postulent en Île-de-France, suivent ensuite Auvergne Rhône-Alpes (11% des recrutements cadres en 2019, en 2e position après la région parisienne) puis les Hauts-de-France, ex-aequo avec les régions PACA et Occitanie, qui comptent 23% des candidatures de cadres franciliens. Preuve donc que la région sait séduire, de par son poids économique mais aussi l’importance de ses sièges sociaux.

Un marché régional dynamique en 2019

Depuis cinq ans, le marché régional surfe sur une bonne tendance avec des effectifs salariés stables: les entreprises ont prévu de recruter entre 15 970 et 17 390 cadres en 2019, notamment dans les services, premier recruteur de cadres (61% des embauches prévues). 13% des entreprises envisagent d’accroître leur effectif cadre tandis que 5% pensent à le réduire, des perspectives d’évolution bien orientées dans les départements de l’Oise et de l’Aisne mais en retrait dans le Pas-de-Calais. Avec près de 236 000 cadres en poste, les Hauts-de-France se classent parmi les cinq premières régions pour l’emploi cadre en France, non sans quelques disparités géographiques puisque la zone de Lille concentre 31% des effectifs contre 5% à Valenciennes ou encore les zones d’Abbeville, de Château-Thierry ou de la Thiérarche, plutôt désertées. Particulièrement bas, le taux de chômage estimé des cadres s’affiche à 3,9%. À noter également la dynamique de l’industrie dont les prévisions d’embauches pourraient atteindre 23% de l’ensemble des recrutements (contre 15% à l’échelle nationale) et le maintien du recrutement de cadres dans la construction.