De l’agronomie à la couture

Y sous les Tilleuls est le nom de l’entreprise d’Hélène Chambellan, couturière et modéliste, à Y, petit village de 93 habitants dans l’est de la Somme. Hélène Chambellan est artisan d’art depuis 2015 avec, en amont, un parcours atypique. La jeune femme a toujours été passionnée par la couture. Bonne élève, elle suit un cursus […]

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Hélène Chambellan est passionnée par son métier de couturière.

Y sous les Tilleuls est le nom de l’entreprise d’Hélène Chambellan, couturière et modéliste, à Y, petit village de 93 habitants dans l’est de la Somme.

Hélène Chambellan est artisan d’art depuis 2015 avec, en amont, un parcours atypique. La jeune femme a toujours été passionnée par la couture. Bonne élève, elle suit un cursus scientifique et devient ingénieur agronome. Diplôme en poche, son travail lui prend beaucoup de temps, des responsabilités importantes et une vie stressante. En parallèle de sa vie professionnelle, elle n’oublie pas sa passion pour la couture et s’auto-finance une formation pour apprendre le métier de modéliste-couturière. Ses cours se passent à Paris et Hélène Chambellan obtient son CAP de modéliste. « Je suis aussi fière de mon diplôme d’ingénieur que de mon CAP de couture. Ma vie professionnelle me prenait beaucoup de temps et cela au détriment de ma vie de famille. Ça se compliquait d’autant plus que j’attendais mon deuxième enfant », explique la maman. Hélène se décide et franchit le pas. En 2015 elle s’inscrit à la chambre des métiers et à la chambre de commerce pour créer sa petite entreprise de couture .

La passion prend le dessus

Hélène Chambellan débute doucement son activité en tant qu’auto-entrepreneur. En 2016, elle attend son troisième enfant en continuant de travailler dans son petit atelier installé dans sa maison. « Je voulais garder une activité professionnelle tout en pouvant être à la maison pour garder du temps pour être avec mes enfants. Il n’y a pas de système idéal. Après quatre ans d’activités j’aime toujours autant ce que je fais », explique la couturière qui admet que ses deux premières années ont été particulières. C’est en 2017 qu’elle voit la progression de son activité. Le bouche-à-oreille fonctionne très bien. Son carnet de commandes se remplit. Les robes de mariées, les habits pour les enfants d’honneur, les robes de soirées font partie du travail qu’elle aime faire. Certaines clientes n’hésitent pas à traverser le département pour commander une tenue unique et à leur goût. « Les gens sont ravis d’avoir une tenue à leur morphologie. Je me colle à la personnalité des personnes et je leur dis que si elles se sentent bien dans leur vêtement, ce sera joli. Il faut porter le vêtement naturellement et être fidèle à soi-même », explique la professionnelle. Depuis son installation, Hélène a déjà participé à des salons de mariage comme celui de Compiègne et d’Amiens. « Je suis également sur les réseaux sociaux mais je ne souhaite pas investir dans un site Internet, cela coûte trop cher », précise-t-elle. La couturière est ravie de travailler avec des clients heureux : « Parfois, les clients pensent à m’envoyer des photos en direct de la cérémonie. C’est super gentil et ça me fait plaisir », souligne Hélène Chambellan. Le carnet de commandes 2019 est bien rempli. Les grosses périodes de travail sont de février à la mi-août. Les clientes qui ont un projet de confection savent qu’elles ont un investissement temps de leur part car il faut plusieurs rendez-vous pour les essayages. « Je fais toujours une toile, c’est à dire un brouillon, je ne pourrais pas bâcler mon travail », explique la professionnelle qui aime également transmettre son savoir en prenant des stagiaires du lycée Condorcet de Saint-Quentin.