Garden party du Medef Somme

Ambiance guinguette chic pour cette édition 2019 qui s’est comme l’an passé déroulée au château de Flixecourt. Près de 300 personnes avaient fait le déplacement ce 27 juin, pour échanger en toute convivialité, après avoir écouté Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France et viceprésident délégué du Medef, et Patrick Martin, président délégué de l’instance nationale, […]

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Frédéric Motte et Patrick Martin, respectivement président du Medef Hauts-de-France et président délégué du Medef.

Ambiance guinguette chic pour cette édition 2019 qui s’est comme l’an passé déroulée au château de Flixecourt. Près de 300 personnes avaient fait le déplacement ce 27 juin, pour échanger en toute convivialité, après avoir écouté Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France et viceprésident délégué du Medef, et Patrick Martin, président délégué de l’instance nationale, venus décrypter l’actualité économique et détailler l’action du Medef.

Retenu par des obligations professionnelles sur Paris, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a tout de même tenu à adresser un message vidéo aux chefs d’entreprises de la Somme. « Au sortir de l’épisode des gilets jaunes, l’actualité économique est riche et on peut dire que les entreprises n’ont pas été trop affectées par les mesures gouvernementales, alors que le risque était grand. Et ce même si le rabot sur les niches fiscales et sociales aura un impact, en particulier pour le secteur du BTP », a-t-il analysé. Pour le syndicat patronal, la réforme de l’assurance est « plutôt une bonne nouvelle côté indemnités », a poursuivi le président du Medef, estimant que sur ce sujet le gouvernement avait été attentif aux revendications patronales en réformant profondément le système d’indemnisations, pour permettre à bon nombre de demandeurs d’emploi de retrouver le chemin de l’emploi stable. « En contrepartie, il y a ce système de bonus/ malus, très fortement réduit par rapport à l’ambition initiale du gouvernement, mais qui demeure très complexe et inefficace. C’est malheureusement le prix politique à payer pour cette réforme », a conclu Geoffroy Roux de Bézieux.

Pour des territoires attractifs

Le patron du Medef Hauts-de-France Frédéric Motte a lui tenu à débuter son allocution en faisant un point sur l’Institut Choiseul. Think thank indépendant dédié à l’analyse des questions stratégiques internationales et de la gouvernance économique mondiale, l’Institut a sorti cette année la première édition du Choiseul Hauts-de-France [ndlr, première déclinaison régionale du Choiseul 100, qui recense les jeunes leaders économiques jouant ou étant appelés à jouer un rôle majeur dans le développement économique du pays], classement mettant à l’honneur les principaux décideurs économiques de moins de 40 ans de la région. Parmi les 100 lauréats : Anne-Charlotte Roux, déléguée générale du Medef Somme, et Gauthier Bailleul, adhérent du Medef Somme et à la tête de l’entreprise amiénoise Yes we code.

« Dans nos entreprises, nous sommes en compétition permanente, c’est la même chose dans nos territoires. Comment attirer les grandes entreprises ? Les innovateurs ? Les PME ? Les talents ? Ce sont toutes ses ressources qui créent un écosystème pour que les entreprises puissent se développer. Et pour animer ces territoires, l’Institut Choiseul a identifié des jeunes de moins de 40 ans qui vont faire la région de demain. Je crois sincèrement que nous avons besoin de ces forces vives et que nous nous devons de les accompagner et de les soutenir, pour l’avenir de nos territoires. Ces lauréats régionaux sont une vraie fierté pour la région », s’est félicité Frédéric Motte avant de glisser quelques mots sur le Medef. « Nous avons tous une passion commune, celle de l’entreprise, a-t-il enchaîné. Mais vous avez franchi un degré supplémentaire en étant des adhérents du Medef. Et nous avons besoin de vous, pour que vous deveniez militants de la cause entrepreneuriale. » Pour rappel, le Medef compte en France 102 antennes territoriales, « là pour vous apporter du conseil, du réseau, mais aussi pour faire du lobbying et de la pédagogie d’entreprise. Je suis convaincu que nous pouvons encore faire bouger les lignes, ensemble.». Une pédagogie primordiale pour le président du Medef Hauts-de-France, qui doit s’appuyer des territoires aux gouvernances complémentaires et non concurrentes.

Actualité économique

Frédéric Motte a ensuite cédé la parole à Patrick Martin, président délégué du Medef, qui s’est lui attaché à balayer les grands sujets d’actualité économiques de ces derniers mois. « Chacun en est conscient, nous traversons une période économique et politique un peu compliquée… Le Medef a pu peut-être paraître un peu absent dans ses prises de position en fin d’année dernière et en ce début d’année. Alors même que le mouvement des gilets jaunes nous posait bon nombre de problèmes et suscitait de vives inquiétudes. C’était de notre part un choix délibéré d’adopter un profil bas : il nous est apparu assez rapidement que les entreprises n’étaient pas la cible prioritaire des gilets jaunes », a commencé Patrick Martin.

Avant de rebondir les niches fiscales évoquées par son président : « Quelle confiance peut-on accorder à la parole de l’État ? Les chefs d’entreprise aiment avoir de la visibilité et lorsque les règles du jeu changent en permanence, cela devient beaucoup plus gênant… C’est d’autant plus grave que ces décisions tombent alors même que trois classements internationaux mettent la France à l’honneur : 2e rang mondial en termes de qualité écologique derrière la Suisse, 5e rang mondial en termes de compétitivité et 2e rang européen en termes d’attractivité, devant l’Allemagne pour la première fois depuis 20 ans. Le gouvernement se – et nous – tire une balle dans le pied en cassant la confiance établie avec les entreprises. »

Après ce point d’économie générale, Patrick Martin a resserré son propos sur l’organisation patronale : « La réforme du Medef engagée après l’élection de Geoffroy Roux de Bézieux sur la base de ses promesses de campagne est en marche. » Une réforme qui vise à renforcer la puissance du Medef, à le rendre plus attractif pour les entreprises « pour être plus influents vis à vis des politiques », et à redorer « son image erronée et caricaturale d’institution capitaliste et conservatrice ». « Agir ensemble pour une croissance responsable » : la raison d’être du Medef (actée dans le cadre de cette réforme) en dit long sur les ambitions de l’instance patronale.