Les horaires atypiques, des conséquences sur la performance

Le Medef Somme organisait début juin une matinale sur l’aménagement du temps de travail. L’occasion pour Laurence Thery, directrice de l’Aract Hauts-de-France, de faire le point sur les horaires atypiques, lourds en conséquences dans la vie personnelle et professionnelle du salarié. Les horaires dit «atypiques» se développent : ils concernent de plus en plus de […]

La matinale organisée par le Medef a rassemblé chefs d’entreprises et responsables RH.

Le Medef Somme organisait début juin une matinale sur l’aménagement du temps de travail. L’occasion pour Laurence Thery, directrice de l’Aract Hauts-de-France, de faire le point sur les horaires atypiques, lourds en conséquences dans la vie personnelle et professionnelle du salarié.

Les horaires dit «atypiques» se développent : ils concernent de plus en plus de salariés et s’étendent désormais à tous les secteurs d’activités, notamment avec le travail de nuit. « On le constate par exemple avec des parfumeries ouvertes tard le soir sur les Champs-Élysées. Cela touche de plus en plus de monde, y compris dans des secteurs où l’on ne s’y attend pas », affirme Laurence Thery, directrice de l’Aract Hauts-deFrance, structure qui accompagne les PME sur la voie de la performance et du développement de la qualité de vie au travail. En 2010, 50% des salariés travaillaient le samedi, 33% les dimanches et jours fériés, 16% en équipe (2X8 ou 3X8) et 15% la nuit (21h-6h). « Même si ces données datent un peu, elles prouvent bien l’étendue de la situation ». Nombre de jours travaillés par semaine, amplitude horaire (moins de 5h ou plus de 8h par jour), structure de la journée… les horaires atypiques ne concernent pas uniquement le travail de nuit et les jours fériés. L’Aract estime que 60% des salariés en France seraient concernés.

Avec de nombreuses conséquences, sur la santé, la vie sociale et familiale. « Des études ont prouvé que les horaires atypiques avaient des conséquences sur la vigilance, l’efficience et donc sur la sécurité. Les rythmes décalés bousculent les rythmes sociaux, phychologiques et biologiques », poursuit la directrice de l’Aract. Au quotidien, cela se traduit notamment par des troubles du sommeil, de l’humeur, une prise de médicaments pour pouvoir dormir ou rester éveillé, une prise de poids, un risque accru de cancer du sein pour les femmes… « Sur le plan personnel, on note également une altération de la vie conjugale et sexuelle, une fragilisation du lien familial et une dégradation de l’autorité parentale », ajoute Laurence Thery.

Anticiper, prévenir

Pour éviter d’en arriver là, l’Aract préconise de construire un compromis temporel au travail afin d’équilibrer au mieux les temps de vie du salarié. « L’entreprise pourrait ainsi être amenée à se réinterroger sur la pertinence du travail de nuit, à limiter les horaires fragmentés, les coupures longues, à limiter l’imprévisibilité des horaires qui peut être une source de stress », énonce la directrice de l’Aract, qui incite également à prendre des mesures de prévention comme inventorier finement les caractéristiques des salariés au regard de leurs contraintes de vie hors travail et favoriser l’autonomie dans la définition des horaires en impliquant les personnels dans l’élaboration des plannings. « Il faut aussi garder à l’esprit que les horaires atypiques sont mieux tolérés si le salarié effectue un travail qui a un sens pour lui », conclut Laurence Thery.