LE RECRUTEMENT DES CADRES AU PLUS HAUT, EN 2019

Après une année 2018 qui a fait preuve d’une grande vitalité avec 266 400 cadres recrutés, 2019 confirmerait, selon l’Apec, cette tendance favorable observée depuis six ans, mais plus ralentie. Entre 270 700 et 292 000 cadres devraient être recrutés dans le secteur privé. En 2019, pas de grande surprise à prévoir sur le champ […]

Après une année 2018 qui a fait preuve d’une grande vitalité avec 266 400 cadres recrutés, 2019 confirmerait, selon l’Apec, cette tendance favorable observée depuis six ans, mais plus ralentie. Entre 270 700 et 292 000 cadres devraient être recrutés dans le secteur privé.

En 2019, pas de grande surprise à prévoir sur le champ de la croissance économique avec une hausse de PIB qui maintiendrait son niveau de 2018, à hauteur de +1,5%. Le marché de l’emploi cadre ne serait pas impacté de cette faible progression et devrait poursuivre sa tendance haussière, observée depuis quelques années.

Selon les dernières prévisions de l’Apec publiées le 19 février, les entreprises du secteur privé (10 000 ont été interrogées) envisageraient de recruter entre 270 700 et 292 000 cadres, soit une progression qui oscillerait entre +2% et +10%. Il s’agit d’un niveau plus haut avec une sixième année consécutive de croissance. Selon Bertrand Hébert, Directeur général de l’Apec, « la demande en compétences cadres ne cesse de croître dans un contexte de transformation numérique et organisationnelle des entreprises. La confiance des entreprises est solide et si le secteur des services reste moteur, l’industrie et la construction sont aussi très bien orientées.» On observerait tout de même, pour cette année, un ralentissement de la progression des embauches de cadres au regard des niveaux atteints en 2018 (+11%) ou encore en 2017 (+10%). Toutefois, selon une moyenne haute, 281 000 cadres pourraient être recrutés en 2019, soit une progression de +6%, ce qui représenterait une bonne consolidation.

UNE DYNAMIQUE QUI SE POURSUIT…

Sur le plan géographique, la hausse des recrutements de cadres concernerait pratiquement toutes les régions métropolitaines. Dans un contexte où les besoins en compétences de cadres sont très recherchés, cette dynamique reste tout de même inégalement répartie selon les régions. Pour 2019, l’Île-de-France est toujours celle qui montre la plus grande vitalité, avec près de la moitié des embauches attendues au niveau national. Les entreprises franciliennes recruteraient ainsi entre 129 530 et 139 600 cadres (de +3 à +11%). Suit, loin derrière, la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec plus de 30 000 recrutements annoncés. La troisième place concernerait à quasi égalité les régions Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse et l’Occitanie, avec plus de 16 000 embauches chacune. Pour 2019, les progressions les plus importantes en termes d’embauches s’observeraient aussi du côté des régions Nouvelle-Aquitaine (entre +5 % et +14 %) et Pays de la Loire (entre +2 % et +11 %).

Sur le plan sectoriel, les services afficheraient un réel dynamisme pour atteindre jusqu’à 210 000 embauches de cadres au cours de l’année 2019, soit une nette hausse, de 10% par rapport à 2018 (hypothèse haute). En particulier, trois secteurs porteraient le marché : les activités informatiques et télécommunications, l’ingénierie et recherche et développement, ainsi que les activités juridiques, comptables et de conseil, pour représenter plus de quatre embauches de cadres sur dix. Tandis que l’amélioration viendrait de l’Industrie avec une hausse de 3 à 12%. La construction reste aussi sur une tendance favorable, puisque le secteur procéderait à 13 000/ 14 000 recrutements. En revanche, le commerce s’afficherait en retrait, avec un niveau similaire à celui observé en 2018, voire en légère baisse.

En termes de fonctions, numérisation oblige, l’Informatique poursuivrait sa tendance à la hausse pour dépasser les 59 000 embauches, qui succèdent aux 50 000 déjà réalisées l’année dernière. Les cadres de la fonction « études, recherche & développement » et les commerciaux sont également très recherchés. En 2019, ces trois grandes fonctions représenteraient un peu plus de la moitié des recrutements en France, selon l’Apec. Quant à l’expérience professionnelle requise, les cadres ayant un à 10 ans d’expérience seraient toujours les plus demandés par les recruteurs.

À moyen terme, dans ce scénario de croissance économique modérée, Bertrand Hébert se montre confiant : « Les recrutements de cadres continueraient à progresser pour atteindre le niveau record de 300 000 recrutements en 2021 ». Il reste cependant de nombreux aléas, qui pourraient contrarier la donne, prévient l’Apec : en Europe notamment, avec l’éventualité d’un Brexit sans accord, et en France, avec la crise des Gilets jaunes, auxquels s’ajoutent des difficultés de recrutement sur certaines fonctions.