La cession doit être un acte de gestion

Passer les rênes de sa société est un processus long qui dure 18 mois en moyenne. Il est recommandé aux cédants d’anticiper, de se faire accompagner et de se former. Pour séduire un repreneur, l’entreprise doit se présenter sous son meilleur jour. 630 000 sociétés seront à céder dans les dix prochaines années selon Bercy, […]

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Passer les rênes de sa société est un processus long qui dure 18 mois en moyenne. Il est recommandé aux cédants d’anticiper, de se faire accompagner et de se former. Pour séduire un repreneur, l’entreprise doit se présenter sous son meilleur jour.

630 000 sociétés seront à céder dans les dix prochaines années selon Bercy, même si toutes ne sont pas en état d’être transmises. Mais beaucoup ont une problématique commune : plus de la moitié d’entre elles risquent de fermer faute de repreneur. L’Observatoire de la transmission de PME créé par la plate-forme Epsilon research et la CNCFA (Compagnie nationale des conseils en fusions et acquisitions, le syndicat national de la profession) souligne dans son rapport de novembre 2017 la mauvaise préparation des cédants (mentionnée par 82% des conseils interrogés) et une surestimation quasi-systématique de la valeur de leur entreprise (pour plus de 85% des conseils). « Les petites PME et les TPE peinent à trouver un repreneur, notamment en raison du manque de formation des chefs d’entreprise à la cession », regrette Fabienne Hanras, administratrice de la CNCFA. Résultat, la France compte l’un des plus faibles taux de transmission familiale d’Europe : selon un rapport d’Olivia Grégoire, députée LREM de Paris, seulement 14% des cessions de PME-ETI se font dans le cadre d’une transmission familiale. Pour séduire les candidats à la reprise, le dirigeant doit avoir une vision claire de ses points forts et de ses points faibles, en un mot soigner son environnement commercial et stratégique. Les locaux et les machines sontils aux normes ? Imaginer que le repreneur se chargera d’acheter de nouvelles machines est une mauvaise idée qui risque d’affaiblir la valorisation de l’entreprise. Le dirigeant doit gérer sa société comme s’il ne la vendait pas, et continuer d’investir pour renouveler et maintenir à niveau son parc machines et ses locaux, et aussi pour se développer car le candidat repreneur regardera ces points pour calculer sa capacité d’endettement. « La transmission n’est pas une fin en soi, elle doit être envisagée comme un acte de gestion de l’entreprise, prévient Philippe Guérand, président de la CCI de la région Auvergne-Rhône-Alpes (AURA). Un outil de travail performant aura plus de chances de séduire un repreneur. À cet égard, il me paraît particulièrement important d’initier le bond en avant de la transformation numérique car il y a urgence : la révolution numérique ne se généralise pas assez vite, dans notre région comme partout en France. »

UN DIAGNOSTIC À 360°

Si le dirigeant, surtout s’il est fondateur, est omniprésent et « irremplaçable », cela nécessitera un long accompagnement du repreneur après la cession, ce qui peut entraîner une décote du bien. Il faudra donc peut-être songer en amont à embaucher un ou plusieurs collaborateurs pour pallier ce point faible. La préparation de la cession nécessite de faire un diagnostic à 360° de l’entreprise avec une analyse des produits, de la stratégie, de l’environnement concurrentiel, des hommes et de l’organisation, des performances financières, des moyens matériels et techniques. Ce diagnostic permet d’identifier les facteurs de fragilité et les mesures correctives à mener pour y remédier ainsi que leur coût, mais il nécessite d’être accompagné par des professionnels.