EMPLOI : TOUJOURS PLUS DE CONTRATS COURTS

Avant la fin des difficiles négociations entre partenaires sociaux sur la réforme de l’assurance-chômage, entamées début janvier, l’Insee révèle qu’en France près d’1,2 million de salariés sont en contrat court, contrat de travail temporaire ou CDD d’une durée de moins de trois mois confondus. Parmi les 1,2 million de salariés occupant un poste en contrat […]

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Avant la fin des difficiles négociations entre partenaires sociaux sur la réforme de l’assurance-chômage, entamées début janvier, l’Insee révèle qu’en France près d’1,2 million de salariés sont en contrat court, contrat de travail temporaire ou CDD d’une durée de moins de trois mois confondus.

Parmi les 1,2 million de salariés occupant un poste en contrat court, 57% sont en contrat à durée déterminée (CDD) de moins de trois mois (hors apprentissage, contrat aidé et stage), et 43% réalisent une mission d’intérim. « Près de la moitié sont en contrat de moins d’un mois », précise l’Insee dans son étude publiée début février. Au total, cela représente 4,5% des personnes âgées de plus de 15 ans dites « en emploi » à un moment donné, selon la définition du Bureau international du travail (BIT). En 1982, cette part ne s’établissait qu’à 1,0% et à 4,4% en 2007. Cette proportion ne reflète pourtant pas le poids des contrats courts en termes d’embauches réalisées sur un an. Près de 75% des embauches (hors intérim) sur une année se font à travers des CDD de moins de trois mois, contre 55%, en 2004, selon les déclarations collectées par l’Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale). Cela concerne 29% des personnes embauchées en 2016, contre 25% en 2004. Un même salarié peut être embauché plusieurs fois dans l’année, à travers des réembauches ou des renouvellements contrats de courte durée. En moyenne, 60% des personnes en contrat court travaillent encore dans la même entreprise trois mois plus tard. Des tendances qui traduisent la forte hausse de la rotation de la main d’œuvre, au cours d’une même période, note l’Insee.

DES PROFILS VARIÉS

L’Insee relève de fortes disparités quant à la part des contrats courts selon les catégories socio-professionnelles concernées. En 2017, 10,6% des ouvriers sont en contrat court contre 1,5% pour les cadres. Ces contrats sont particulièrement répandus parmi les ouvriers non qualifiés (22,4% dans le secteur industriel et 15,6% pour l’agriculture), avec un recours important aux contrats d’intérim ou saisonniers. L’existence de CDD d’usage, pour des besoins ponctuels ou occasionnels, dans les secteurs des arts et du spectacle, de l’hôtellerie ou de la restauration induit une part importante de contrats courts (16,8% environ). Les contrats courts sont le plus souvent proposés à temps partiel : 29%, contre 19% des personnes occupant un emploi. Le temps partiel de moins d’un mi-temps est très répandu et concerne 12% des salariés en contrat court. Et ces contrats ne concernent plus spécifiquement que les jeunes : en 1982, 61% des salariés en contrat court avaient moins de 25 ans ; cette part s’élève à 27%, en 2017. Mais les jeunes restent plus longtemps en contrat court que leurs aînés, soit 15,2% des moins de 25 ans, contre 4,2% pour les 25-49 ans et 2,4% pour les plus de 50 ans. Les femmes représentent 46% des salariés en contrats courts, contre 48% dans l’emploi total. Elles détiennent principalement des CDD de moins de trois mois (58%). Autre constat, une personne sur quatre en contrat court est au chômage ou en inactivité dans les trois mois suivants. Environ 17% des salariés en contrat court fin 2016 vivent dans un ménage en situation de pauvreté monétaire, contre 8% pour l’ensemble des personnes occupant un emploi et 38% pour les chômeurs.