Handicap et travail, des enjeux pour les salariés comme pour les entreprises

Organisée par l’UFR de médecine d’Amiens, la conférence « Handicap et travail » a permis de mettre en lumière les enjeux primordiaux de la prévention du handicap en entreprise mais également l’impact de celui-ci sur l’activité économique. « Les handicaps physiques, psychiques et sociaux doivent être abordés de façon transversale. Au sein de l’institut Ingénierie de la […]

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Organisée par l’UFR de médecine d’Amiens, la conférence « Handicap et travail » a permis de mettre en lumière les enjeux primordiaux de la prévention du handicap en entreprise mais également l’impact de celui-ci sur l’activité économique.

« Les handicaps physiques, psychiques et sociaux doivent être abordés de façon transversale. Au sein de l’institut Ingénierie de la santé nous évoquons les questions de prévention, de recherche et de prise en charge. Notre objectif est de mettre en lumière les facteurs de risques et de faire pénétrer cette réflexion au sein des entreprises », explique Frédéric Telliez, directeur de l’institut Ingénierie de la santé, initiateur de la conférence « Handicap et travail ». Mais qu’est-ce que le handicap ? Selon la loi, il s’agit d’une limitation d’activité ou de participation à la vie en société subie par une personne en raison d’une altération d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques.

La prévention, un outil clé

Si seules les entreprises de plus 20 salariés ont une obligation légale d’employer au moins 6% de travailleurs en situation de handicap, toutes sont concernées par l’apparition de troubles musculo-squelettiques et/ ou psycho-sociaux chez leurs salariés. « Cela va commencer par de l’inconfort, puis par une gêne et des douleurs. Celles-ci vont nécessiter de plus en plus de courts arrêts de travail. Dès lors, on parle de pathologie et de maladie professionnelle, ce qui peut entraîner des arrêts de longue durée et à terme un licenciement pour inaptitude », détaille Cécile Bisch-Bellegueulle, docteur en ergothérapie et fondatrice d’Ergometro. Outre l’exclusion sociale du salarié, cette situation est une cause de désorganisation dans l’entreprise, une perte de savoir-faire, de compétitivité et d’attractivité. « Il y a un réel besoin d’accompagnement et de prévention, une maladie professionnelle est source de coûts, de problèmes de planning, d’un turn-over important et d’une répercussion sur l’image de l’entreprise », ajoute l’intervenante, qui souligne l’importance pour les acteurs économiques de se saisir de cette épineuse question. Pour accompagner les entreprises et les salariés, CAP Emploi a par exemple mis en place tout un panel d’outils. « Il est possible de mobiliser plusieurs types d’aides comme des périodes de mise en situation avec des stages, un lien renforcé avec la médecine du travail, des formations ou encore l’appui d’un réseau de partenaires », note Sandrine Vasselin qui accompagne les salariés vers et dans l’emploi.

Obligation et rôle de l’entreprise

« Il est important de souligner que le travail n’est pas que nocif pour la santé, il peut au contraire être bénéfique. En plus de son rôle social épanouissant, il peut, dans certaines maladies, contribuer à améliorer la situation et la santé d’un salarié », rassure Frédéric Telliez. Pour encourager justement l’inclusion des travailleurs handicapés, la loi ne cesse de progresser. Celle votée en 2005 a par exemple connu une évolution en septembre dernier et les premiers décrets d’applications sont tombés en octobre 2018. La déclaration sur l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés sera par exemple abandonnée en 2020 pour être remplacée par une information dans la Déclaration sociale nominative. Si le taux de 6% de travailleurs handicapés reste inchangé, celui-ci sera obligatoire dans chaque entreprise et non plus établissement. La liste des emplois exigeant des conditions d’aptitudes particulières est également réduite. À partir de 2020 également, seul l’emploi direct de salariés handicapés sera la norme. Pour ne pas pénaliser les ESAT ou les travailleurs handicapés indépendants, la loi prévoit cependant que les entreprises ne respectant pas l’objectif des 6 % pourront déduire de leur contribution due à l’Agefiph ou au FIPHFP une partie des factures qu’ils règlent à ces fournisseurs et sous-traitants. D’où l’importance pour les employeurs d’accorder une attention particulière à la question du handicap.