LE CHAMPAGNE DE L’AISNE MIS À L’HONNEUR

La seconde édition de la Journée champagne en Hauts-de-France s’est tenue le 19 novembre, au siège de Région. En parallèle du Salon des vins et vignerons indépendants qui avait lieu au Grand Palais de Lille, une vingtaine de vignerons picards ont participé à l’événement. On a tendance à l’oublier, mais l’Appellation d’origine contrôlée (AOC) Champagne […]

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Stand du lycée agro-viticole de Crézancy.

La seconde édition de la Journée champagne en Hauts-de-France s’est tenue le 19 novembre, au siège de Région. En parallèle du Salon des vins et vignerons indépendants qui avait lieu au Grand Palais de Lille, une vingtaine de vignerons picards ont participé à l’événement.

On a tendance à l’oublier, mais l’Appellation d’origine contrôlée (AOC) Champagne existe en Hauts-de-France. Les cépages produits le long de la vallée de la Marne Ouest, dans le sud de l’Aisne, représentent même 10% du champagne français. C’est pour leur donner plus de visibilité que la Région a invité, à Lille, 23 vignerons du département. Postés à leur stand, ils ont présenté leur savoir-faire aux institutions, aux professionnels des métiers de bouche et du tourisme, mais aussi aux habitants du Grand Lille. « Plus que pour faire de la vente, on est ici pour rappeler que la région est tellement riche qu’on y fait même du champagne », souriait Anna Meteyer. Avec son mari, elle produit le champagne Météyer Père et Fils à Trelou-sur-Marne.

L’OPPORTUNITÉ DU RASSEMBLEMENT

« C’est le sud de l’Aisne qui vient à la conquête de la métropole », s’est réjouit Jacques Krabal. Une réaction étonnante, puisque le député était dans un premier temps réfractaire à l’intégration de l’Axonais dans les Hauts-de-France. Mais force est d’avouer que ce regroupement Picardie-Nord-Pas-de-Calais ouvre au final plus de portes qu’espéré dans le domaine de la viticulture. À son comptoir, le vigneron et représentant du Syndicat général des vignerons de la Champagne, Daniel Fallet dit faire 10 à 12% de son chiffre d’affaires à l’export. Avec son exploitation, maintenant répertorié dans les Hauts-de-France, il espère étendre sa renommée en Belgique et en Angleterre.

SUR FOND D’INQUIÉTUDES

Malgré quelques réjouissances à propos du développement de l’œnotourisme et les résultats d’une excellente récolte cet été, l’évocation de la conjoncture économique du pays a tout de même soulevé quelques inquiétudes. « 50% des vignes risquent de disparaître dans les 20 prochaines années, faute de repreneurs, a rappelé Daniel Fallet. Et il n’y a jamais assez de main d’œuvre pendant les vendanges ! » Pour prouver que vigneron est un métier d’avenir, le lycée agro-viticole de Crézancy était représenté par son proviseur Paul Revollo, son directeur d’exploitation Maxime Destombes, et quelques élèves. En travaillant sur 3,23 hectares de vignes, ils produisent et vendent leur propre breuvage nommé Delhomme. Souvent fils et filles de vignerons, ces étudiants sont convaincus que leur formation leur permettra un jour de prendre la relève. Reste la peur d’une baisse des ventes. Avec les perturbations du 17 novembre en toile de fond de la journée, la question du pouvoir d’achat a inévitablement été posée : « Les Français pourront-ils encore s’offrir le petit luxe de déguster nos vins ? », s’est inquiété l’ensemble des vignerons.