IMMERSION DANS L’USINE DE DEMAIN

Dans le cadre du projet Factory 4.0, Laurent Couvé, responsable Veille technologique et stratégique du Centre technique des industries mécaniques (Cetim), a animé une conférence sur la place du numérique dans les PME manufacturières. L’occasion de se projeter dans la parfaite industrie du futur. Beaucoup de PME se sentent concurrencées, voire menacées par les big […]

Pour mieux satisfaire ces clients, l’usine du futur aura plus largement à faire à l’intelligence artificielle.

Dans le cadre du projet Factory 4.0, Laurent Couvé, responsable Veille technologique et stratégique du Centre technique des industries mécaniques (Cetim), a animé une conférence sur la place du numérique dans les PME manufacturières. L’occasion de se projeter dans la parfaite industrie du futur.

Beaucoup de PME se sentent concurrencées, voire menacées par les big data et ses géants les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple). Mais pour Laurent Couvé, responsable Veille technologique et stratégique du Cetim, la solution est de s’en servir au lieu de les contourner, car l’exploitation des données collectées constitue un levier de performance. À l’aide des nouvelles technologies qu’il présente, une plongée dans l’industrie de demain devient possible.

FORMATIONS ET VENTES GRÂCE À LA RÉALITÉ AUGMENTÉE

Les lunettes de réalité augmentée et/ ou virtuelle seront bientôt un accessoire indispensable en usine. Grâce à elles, l’ouvrier du futur sera formé sur le tas et en un temps record. Laurent Couvé énumère les exemples qui existent déjà : « Chevron investit dans des casques de réalité augmentée pour effectuer de la maintenance. Chez Volkswagen, les salariés peuvent vérifier en temps réel leurs gestes lorsqu’ils posent un pare-brise. » La réalité augmentée consiste en la superposition d’informations numériques dans l’environnement réel. C’est aussi grâce à ces lunettes qu’un client choisira et testera un produit avant même sa conception.

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET JUMEAU NUMÉRIQUE

Pour mieux satisfaire ce client, l’usine du futur aura plus largement à faire à l’intelligence artificielle. Elle l’utilise déjà aujourd’hui sur sa page Internet avec les chatbots qui répondent automatiquement à des questions récurrentes. Mais ce cerveau numérique servira par la suite à traduire automatiquement une discussion avec un interlocuteur étranger via la reconnaissance vocale. Elle reconnaîtra aussi la nature du dysfonctionnement d’une machine grâce à l’analyse d’images. Le numérique ira encore plus loin avec la vulgarisation des « digital twins », ou jumeaux numériques. L’objet vendu – créé sur-mesure pour un futur consommateur, grâce aux données personnelles récoltées – aura forcément une version numérique gardée par le fabricant. Grâce à des capteurs sur l’objet réel, le concepteur aura accès à son fonctionnement en temps réel. En cas de problème, l’origine de la panne est alors connue et la solution adaptée est trouvée plus rapidement. « Les industries navales et ferroviaires sont déjà à fond », s’enthousiasme Laurent Couvé. Mais il estime que ce genre de technologie n’est pas réservé qu’aux grands. Au fil des années, le prix de ces innovations est de moins en moins cher. Le futur évoqué n’est donc pas si lointain.