VERS LE CHEMIN DU BIO CHEZ LES TUPIGNY

De la culture conventionnelle à la conservation des sols, Amélie et Guillaume Tupigny, agriculteurs dans le Santerre, glissent vers la culture bio en créant l’entreprise de fabrication de pâtes Nos blés purs. L’agriculture de conservation des sols est une troisième voie agricole, entre agriculture conventionnelle et agriculture biologique qui place le sol au cœur du […]

De la culture conventionnelle à la conservation des sols, Amélie et Guillaume Tupigny, agriculteurs dans le Santerre, glissent vers la culture bio en créant l’entreprise de fabrication de pâtes Nos blés purs.

L’agriculture de conservation des sols est une troisième voie agricole, entre agriculture conventionnelle et agriculture biologique qui place le sol au cœur du système de production. Après des études agricoles et de mécanique, Guillaume Tupigny a repris l’exploitation parentale de plus de 300 hectares en 2001, à Matigny, dans l’est de la Somme. « J’ai commencé à cultiver comme le faisait mon père, de façon conventionnelle avec beaucoup de pommes de terre, du blé, des betteraves, des épinards, des haricots, navets, petits pois et colza… » Au fil des années il remarque des problèmes de sols. « Certaines parcelles n’allaient pas bien. J’ai appris qu’au sud de la Loire, les agriculteurs travaillaient sur la conservation des sols, c’est-à-dire qu’ils travaillaient sur des sols couverts avec une diversité de cultures maximales, tout en limitant le travail de la terre. »

UNE CONVERSION VERS LE BIO

Guillaume a donc évolué avec cette technique de travail et a doucement restauré la fertilité de ses parcelles. Il a moins utilisé de produits phytosanitaires et s’est posé la question de passer progressivement vers la culture biologique. « J’ai eu envie de faire de l’agriculture qui touche directement le consommateur, en valorisant les produits de la ferme. » À ce jour, l’agriculteur a obtenu le label Agriculture biologique (AB) et pratique la vente directe. Vingt-quatre hectares sont encore en conversion. Six parcelles de quatre hectares sont donc exploitées. Y sont récoltés le blé dur, le blé tendre et le sarrasin, les haricots, et un mélange triticale-fèveroles pour l’alimentation animale bio.

UNE NOUVELLE ENTREPRISE

Ancienne pharmacienne, Amélie, la compagne de Guillaume, a décidé de quitter son poste pour se lancer dans la production de pâtes alimentaires en créant son entreprise Nos blés purs. « Après le congé parental de mon quatrième enfant en 2016, j’ai fait le choix de travailler à côté de Guillaume », explique l’entrepreneuse. Amélie est allée à la rencontre d’autres producteurs de farine et pâtes dans la région de Lyon et Grenoble afin d’étudier le meilleur choix d’achat de moulin. Elle investit dans un moulin avec deux pierres en granit du Tarn, réalisé par des artisans. Une première salariée a été embauchée pour huit à dix heures par semaine, afin de l’aider pour le conditionnement de la farine. Un distributeur automatique de produits de la ferme a été installé pour la vente en direct des pâtes fabriquées. Amélie distribue également ses produits dans les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), la communauté La ruche qui dit oui, et certains points de vente hors grandes surfaces. « Les Amap du secteur ont accepté nos produits puisque nous sommes en conversion, elles préfèrent valoriser le local », souligne la jeune femme.

UN MODE DE VIE

Depuis quelques années, la famille a modifié sa façon de manger. « C’est une prise de conscience. Moins on mange de substances chimiques, mieux c’est. Maintenant nous savons que certains produits sont dangereux pour la santé, contrairement à nos parents ou grands-parents. » Le couple Tupigny est ravi de pouvoir évoluer dans son nouveau travail de la terre. Son souhait est de réussir à rendre la totalité de leur exploitation biologique. « Pour cela il faut que je dégage du temps. En culture conservation des sols et en bio, nous travaillons en groupe. C’est un levier pour avancer plus vite. Le collectif est important. Cela se voit très peu en culture conventionnelle », note Guillaume. Amélie et lui ont encore plein de projets. Le couple cherche à cultiver d’autres produits tels que les légumes secs, les pois chiches ou les lentilles, toujours dans le but de les conditionner et de les vendre en direct.