VERS LA RÉHABILITATION ÉNERGÉTIQUE PRÉFABRIQUÉE

Lundi 25 juin, le bailleur social ICF Habitat Nord-Est, filiale immobilière de la SNCF, a présenté son projet de rénovation à énergie zéro de douze pavillons HLM à Longueau, près d’Amiens. Cette innovation est déjà en place aux PaysBas depuis quatre ans. La réhabilitation énergétique préfabriquée arrive dans la Somme : ICF Habitat Nord-Est a […]

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Lundi 25 juin, le bailleur social ICF Habitat Nord-Est, filiale immobilière de la SNCF, a présenté son projet de rénovation à énergie zéro de douze pavillons HLM à Longueau, près d’Amiens.

Cette innovation est déjà en place aux PaysBas depuis quatre ans. La réhabilitation énergétique préfabriquée arrive dans la Somme : ICF Habitat Nord-Est a été sélectionné par le programme européen Interreg NWE pour développer un démonstrateur de la nouvelle approche EnergieSprong E=0. Une rénovation énergétique étudiée en usine avant d’être appliquée en moins de dix jours sur un logement. Coordonné par Bouygues Bâtiment Grand Ouest suite à un appel d’offres, le projet pilote prend donc place à Longueau. Depuis avril, douze logements sociaux sont en pleins travaux pour devenir totalement autonomes en énergie. À terme, ces pavillons des années 60 consommeront uniquement l’énergie qu’ils produiront. « 46% du patrimoine du Nord est composé de vieux pavillons. Nous sommes heureux de commencer par la rénovation de la cité cheminote de Longueau. L’initiative marque l’appartenance d’ICF Habitat à la SNCF », rappelle Christine Richard, Directrice générale d’ICF Habitat Nord-Est.

FABRIQUÉ EN USINE

Le principe d’EnergieSprong est de procéder à la réhabilitation énergétique de logements via la pose de murs préfabriqués. Ces façades renferment des modules techniques de chauffage, de régulation et de production photovoltaïque dans 40 centimètres d’épaisseur. Tous les équipements de chauffage sont installés à l’extérieur de la maison et mutualisés pour l’ensemble des logements. La production annuelle d’électricité par les capteurs photovoltaïques est estimée à 7 000 kWh par habitat. Le but est ainsi de diminuer l’empreinte carbone, mais aussi les factures – aussi bien pour les locataires que les constructeurs. « Il ne faut pas prendre comme fatalité l’équation « rénovation = cher », martèle Sebastien Delpont, directeur associé de GreenFlex et manager du programme EnergieSprong. La pré-industrialisation des éléments permet la production en masse, et donc la réduction des prix de construction. » Pour les douze habitations de Longueau, le montant d’investissement pour les travaux est de 110 000 euros hors taxes par logement. 60% sont financés par des subventions de l’Union européenne et 40% par ICF Habitat Nord-Est. Le surcoût engendré sera financé par la revente d’énergie renouvelable et la réduction des dépenses énergétiques.

SUIVI SUR 30 ANS

Les locataires trouveront quant à eux leur compte grâce à une garantie de performance sur 30 ans. ICF Habitat Nord-Est et ses partenaires s’engagent à suivre chaque habitant pour avoir un retour d’expérience et améliorer leurs services. Ils dispenseront également un coaching personnalisé pour mieux maîtriser sa consommation d’énergie et faire baisser sa facture énergétique en se basant sur les données déjà enregistrées au compteur.

Aux Pays-Bas, six bailleurs sociaux se sont engagés à rénover 11 000 logements avec l’approche EnergieSprong. En France, le projet s’inscrit dans le pan gouvernemental de rénovation énergétique qui vise à réhabiliter 500 000 logements énergivores par an. « Le logement social est un point de départ précieux pour cette innovation, mais ce n’est pas une limite. À l’avenir, il faudra s’étendre aux bâtiments publics comme les écoles », se projette déjà Michelle Pappalardo, directrice du cabinet du ministère de la Transition énergétique et solidaire, présente pour l’occasion.