L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE AU SERVICE DE LA MÉDECINE

Développée à Amiens par une équipe issue de la profession médicale, l’intelligence artificielle Posos répond aux questions que posent certains traitements. Huit milliards de questions médicales sont posées sur le moteur de recherche Google chaque année. Un chiffre qui inquiète Emmanuel Bilbaut : « Google n’a rien d’une source sûre. Les vraies infos sont noyées […]

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Développée à Amiens par une équipe issue de la profession médicale, l’intelligence artificielle Posos répond aux questions que posent certains traitements.

Huit milliards de questions médicales sont posées sur le moteur de recherche Google chaque année. Un chiffre qui inquiète Emmanuel Bilbaut : « Google n’a rien d’une source sûre. Les vraies infos sont noyées parmi des blogs douteux ou des fichiers sérieux, mais trop conséquents. » Ce pharmacien a travaillé dix ans dans l’information médicale pour le laboratoire Teva Santé. Sa mission : répondre par téléphone ou par mail à des questions de professionnels et particuliers à propos de médicaments. L’année dernière, il a pensé à informatiser les requêtes récurrentes pour obtenir des réponses immédiates.

SIMPLE ET AUTO-APPRENANT

L’intelligence artificielle Posos a vu le jour en décembre 2017. « Notre équipe comptera bientôt dix personnes. On a commencé par créer des algorithmes comme des ados, dans nos chambres… », raconte Emmanuel Bilbaut. Gratuit et auto-apprenant, cet outil médical est capable de répondre à toute question sur la prise de médicaments. « Chaque nouvelle question est enregistrée pour améliorer le contenu des algorithmes. Pour le moment, Posos est capable de répondre à 84% des questions. Ce qui est déjà extraordinaire. » Pas besoin de maîtriser le vocabulaire médical ou d’avoir une orthographe parfaite pour s’adresser à ce cerveau. « Il suffit d’écrire sa demande comme si l’on s’adressait à un proche. » Et si la réponse trouvée n’est pas assez précise, l’ordinateur refuse de donner de mauvaises indications par défaut. « 200 000 morts sont causées par un mauvais usage de médicaments chaque année. Il y a trop de risques », rappelle le pharmacien.

UN OUTIL COMPLÉMENTAIRE

Emmanuel Bilbaut refuse de penser que cette technologie représente la mort de son métier de base. « Il existe quelque 12 000 médicaments. Aucun être humain n’est capable de tous les connaître. Cet outil rend au contraire la profession plus performante. » Il y voit aussi un service indispensable rendu aux patients 24h/ 24 et 7j/ 7, là où les pharmacies sont fermées le soir et le week-end. Posos ne demande qu’à évoluer. Une convention avec le CHU d’Amiens vient d’être signée pour tester la version bêta du site (www.posos.fr), disponible sur ordinateur, smartphone et tablette.